<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129</id><updated>2011-04-21T15:35:23.311-07:00</updated><category term='Le Sort Tire'/><category term='Cinécure'/><category term='I Mages'/><category term='Hommage'/><category term='Chronique littéraire'/><category term='Mission: Haïti'/><category term='Musikaïlla'/><category term='Journal Thaï'/><category term='Feux croisés'/><title type='text'>Veni, Vidi, Vixi.</title><subtitle type='html'>Veni, Vidi, Vixi. Rien d'une salade César. C’est du potage, de Victor Hugo : 
« Je suis venu, j’ai vu, j’ai VÉCU. » 
La vie, bien avant la victoire. Voici donc, bride au cou, quelques bribes de mes observations. 
Bon voyage, bon courage.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://quebecworld.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>44</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-1624375097515091668</id><published>2008-02-26T20:57:00.000-08:00</published><updated>2008-05-05T21:59:19.885-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le Sort Tire'/><title type='text'>OH! NOIR!</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;« On peut aisément pardonner&lt;br /&gt;À un enfant qui a peur du noir.&lt;br /&gt;La véritable tragédie de la vie,&lt;br /&gt;C’est que les hommes ont peur de la lumière. »&lt;br /&gt;– Platon&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Depuis deux mois déjà, c’est clair, « les jours s’allongent ». À 18h pourtant, il fait déjà sombre. Les cieux se teintent alors de couleurs qui hésitent encore entre le bleu, le blanc et le &lt;em&gt;black&lt;/em&gt;. Heureux moment pour déambuler dans les rues, discrètement entraîné par Catherine ma copine qui nous réserve une nième surprise. Direction? Bonne question. Je la suis à tâtons, pour fin finalement atterrir au 1631 Sainte-Catherine Ouest. Derrière la façade d’un blanc immaculé, les lourds rideaux sont tirés. Étrange? Je pige aussitôt –&lt;em&gt; futé le fumier! &lt;/em&gt;C’est ce resto des plus originaux dont j’ai vaguement entendu parler l’an dernier. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;« C’était plein pour la Saint-Valentin. Cette fois, j’ai réservé d’avance… » &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je souris, yeux clos. J'entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le hall est bondé de visages curieux. Invités au « bar », la dame prend nos manteaux, puis notre commande. Menu alléchant. Pour ma part : Champignons portobello aux lamelles de parmigiano, filet mignon sauce aux cinq poivres et asperges, sans bien sûr oublier une coupe rougeoyante. Catherine? L’entrée surprise, les crevettes marinées aux herbes avec risotto aux tomates séchées et, bien entendu, la mousse au chocolat. Suivent les consignes : pas de cellulaire, et en cas de besoin pressant, surtout, vous restez bien assis; interpellez seulement votre serveuse – Esméralda (?).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tour à tour, une famille, deux couples, trois moineaux, suivent leur hôte, leur « guide » pour la soirée. Arrive le – la – nôtre et hop! Bonsoir. Le noir, oh, noir, total. Rien à voir avec la nuit noire où l’on finit par distinguer les ombres, ni les yeux scellés où finit toujours par filtrer une vague lueur de l’au-delà. C’est un noir nouveau, vaste et profond, enveloppant, envoûtant. On croirait plonger dans le vide – un vide…plein. D’instinct, l’œil, comme le pied du parachutiste néophyte, chercher un écho qui, du reste, ne viendra pas. (Seule ombre au tableau : la lueur rougeâtre des toilettes pour ceux qui doivent s’y rendre, et une autre, blafarde, dans un coin perdu de la salle. Suffit d’ignorer.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, dans cette ambiance feutrée, tamisée – à outrance (!?) aux dires des nerveux et des conservateurs –, l’oreille prend la relève. Chaque son prend dès lors tout son sens. Comme le ferait un mélomane avec les instruments d’un orchestre, on peut bientôt isoler à son gré chaque conversation, chaque parole prononcée. De primes abords, ça peut sembler cacophonique, comme quand on se retrouve seul avec soi-même et ses mille et onze dieux et démons – vous voyez? – qui jasent et jacassent envers et avec vous. Mais très tôt, les sens – y compris le sixième, le septième et tous les autres, méconnus – se concentrent avec un minimum d’efforts, d’abord sur soi, et bientôt, sur celle qui vous accompagne. C’est la pleine et totale intimité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, les pervers y verront-là l’endroit idéal pour tromper sa femme et « troncher sa maîtresse », acheter un ministre, voire achever un gêneur, le tout en toute discrétion. Soit. Pour leur part, voyeurs et exhibitionnistes risquent visiblement de rentrer bredouille : rien à voir, tout à entendre, sentir, goûter... Quand aux cleptomanes, s’ils peuvent se tailler avec la coutellerie sans demander leurs restes, ils seront vite déçus, puisqu’on paie la note à l’entrée sur pré-autorisation du crédit. Non pas que le menu soit exorbitant contrairement à ce que prétendraient les radins de première heure et les fauchés de dernière minute : 30$ pour se régaler d’une entrée et d’un plat plus que principal, le tout dans une atmosphère des plus originales, ce n’est ni la lune ni la mer à boire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car on y mange, bel et bien. Une fois à table, la serveuse nous explique la suite des choses : l’aménagement de la table à ne pas troubler question d’éviter les fâcheux incidents; les procédures d’urgence pour les nerfs fragiles et les vessies hyperactives; et ainsi de suite. Le plus marrant, c’est d’entendre ici et là le nom d’un serveur ou d’une serveuse lancé ponctuellement pour une bouchée de pain ou un plein de vin…Lequel arrive enfin, avec les entrées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Et le chef, il est aveugle lui aussi? Et puis comment on fait pour se repérer? Et les serveurs? Et puis… » Autant de questions dont je tairai ici les réponses, question d’ajouter au piquant de la chose. Le mieux, c’est encore d’y aller, d’y goûter, dans tous les sens du terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dac. Mais "ça vient d'où ce foutoir de noir"?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’idée, originale, s’inspire du Blindekuh – « vache aveugle », en Allemand –, un restaurant socialement responsable établi depuis 1999 par le pasteur aveugle zurichois Jorge Spielmann. Jadis, il bandait les yeux de ses invités intimes afin de leur faire voir un aperçu de la réalité des non-voyants. Désormais, le grand public peut aussi, enfin, y goûter. Le concept fait son chemin. Au Québec, Horizon Travail accompagne le projet en favorisant ainsi la réinsertion professionnelle des mal-voyants – dont le taux de chômage avoisine les 70%. D’une pierre deux coups, O.NOIR remet 5% de ses bénéfices à des associations locales impliquées dans le soutien aux personnes affectée d’une déficience visuelle partielle ou totale. La bonne chaire n’aura jamais eu si bon goût…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En somme, voilà-la – et lalalalalalala (Brassens) – un rendez-vous à ne pas manquer. Comment faire, d’ailleurs? Ouvrez grands les yeux : c’est au 1631 Sainte-Catherine Ouest. Avant-dernier conseil : Réservez! 514-937-9727 info@onoir.com www.onoir.org&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour notre part du gateau mousse qui arrive déjà, suit encore une virée symphonique avec l’OSM, question d'aborder le nouveau monde de Dvorak et la 5e de Beethoven, un bonus signé Denis Gougeon et surtout, Yves Lambert – son chapeau, sa voix et son accordéon, sans parler de sa prestance. Quelle plus belle façon de clore, de poursuivre, que dis-je, la soirée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme disait Gary que je ne cesse de citer, « On ne dira jamais assez le pouvoir des yeux fermés. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’événement a ce don de vous remettre les vôtres – vos dons, les miens du moins – bel et bien en place. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-1624375097515091668?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1624375097515091668'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1624375097515091668'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2008/02/oh-noir.html' title='OH! NOIR!'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-8005947022066299164</id><published>2007-12-14T21:13:00.000-08:00</published><updated>2008-05-05T21:30:13.506-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='I Mages'/><title type='text'>I SEA...THREE...AND MANY MORE</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/SB_bbMDVCWI/AAAAAAAAAEk/l5ieU2JGtrk/s1600-h/cemetery.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197113755146979682" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/SB_bbMDVCWI/AAAAAAAAAEk/l5ieU2JGtrk/s400/cemetery.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; All? Ready? A year?&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Left, but still, there,&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Here&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&amp;amp;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Now.&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;A men&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&amp;amp;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;What an&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Omen,&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&amp;amp;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;What&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;A&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Woman&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Named: Y.V.J.&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Love ya grand ma, &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Still&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;"On the road again"&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Oh! And you'll love what he is, do and...&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;a href="http://www.blindphotography.ca/"&gt;http://www.blindphotography.ca/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-8005947022066299164?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8005947022066299164'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8005947022066299164'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/12/i-seathreeand-many-more.html' title='I SEA...THREE...AND MANY MORE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/SB_bbMDVCWI/AAAAAAAAAEk/l5ieU2JGtrk/s72-c/cemetery.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-8313704417039652306</id><published>2007-12-13T08:12:00.000-08:00</published><updated>2008-04-10T08:31:33.558-07:00</updated><title type='text'>BONNE SEMINE!</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/R_4xqor_0sI/AAAAAAAAAEU/HFVfdhgOXyQ/s1600-h/Voleur.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5187638429323612866" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/R_4xqor_0sI/AAAAAAAAAEU/HFVfdhgOXyQ/s320/Voleur.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;« La richesse, cher ami,&lt;br /&gt;Ce n’est pas encore l’acquittement,&lt;br /&gt;Mais le sursis, &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Toujours bon à prendre… »&lt;br /&gt;– Albert Camus,&lt;/em&gt; La chute&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une bonne semaine, somme toute. Aux bas maux, trois condamnations, coups, sur coups, en autant de jours et pour autant de cons – damnés. Conrad Black, le 10, Vincent Lacroix, le 11, puis Alberto Fujimori, le 12. Avec des nouvelles pareilles crachées au réveil radio, ça commence plutôt bien une, deux, trois journées. Tout pour vous redonner confiance. À ce rythme, qui sait si douze autres apôtres ne gagneront pas leur enfer pénitentiaire avant noël, sans possibilité d’évasion vers autant de paradis. Mais que reproche-t-on à ces trois larrons? Si peu, sinon…&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le premier, dit &lt;em&gt;The Dark Baron of Crossharbour&lt;/em&gt;, magnat de la presse et maniaque de finances, aurait fraudé pour 80 millions de dollars, laissant dans son sillage autant de victimes flouées – partenaires, actionnaires, contribuables…Résultat des courses : 78 mois de prison et…125 000 dollars d’amende. Biographe à ses heures, sans doute aura-t-il désormais amplement de temps libres pour s’attaquer, après ses chef-d’œuvres historiques et littéraires sur Nixon et Duplessis, aux histoires rocambolesques de ses homologues A. Anderson (Worldcom) et Ken Lay (Enron) qui, blancs comme neige tout comme lui, n’y étaient pour rien et, pour un temps du moins, n’y sont d’ailleurs plus. Faut bien faire place à la relève…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;À ce propos, la deuxième étoile de la semaine revient à Vincent Lacroix dit &lt;em&gt;le petit boxeur &lt;/em&gt;– on lui reconnaîtrait certains traits physiques avec Père &amp;amp; Fils Hilton. Fondateur et PDG de la frime de fonds de placements Norbourg, le fraîchement crucifié – à tort, cela va de soi – aurait pour sa part du gâteau fraudé 9200 investisseurs pour la modique somme de 130 millions de dollars. Reconnu coupable à 51 chefs d’accusation – manipulation de fonds, falsification de documents, etc. – déposés contre lui en vertu de la Loi sur les valeurs mobilières, il devrait invraisemblablement purger une peine de 12 ans moins un jour et verser une amende équivalente à…0,0019% du montant floué. Ce qui lui laissera également amplement de temps – et d’argent – pour planifier l’usage des quelques 35 millions de dollars toujours disponibles qui l’attendent impatiemment aux Bahamas et aux Îles Caïman.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Quant au dernier – et non le moindre – illuminé, il n’est pas en restes. D’origine japonaise, Fujimori aura digéré le Pérou du 28 juillet 1990 au 20 novembre 2000, date à laquelle il annonce sa démission, aussitôt refusée par le Congrès qui le destitue dès le lendemain. Pourquoi donc? &lt;em&gt;Le Chinois&lt;/em&gt; tel qu’on surnommait ce typique péruvien de souche (sic) aurait plus d’une mygale – araignée géante – dans son placard. Avec la complicité du Groupe Colima – escadron de la mort –, il aurait présidé à une série de meurtres, disparitions et lésions graves – stérilisations forcées incluses! Dans la foulée, il aurait raflé 2,3 millions de dollars US d’aide japonaise, prévus pour la construction d’écoles. Mercredi 12 décembre dernier, il en prend finalement pour six ans.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C’est peu, vous me direz, pour des calibres moyens de leur trempe; on est encore loin des grosses pointures. Certes, mais c’est déjà ça - la théorie des petits pas. Heureusement, ils n’ont pas cramé avant le dernier coup de marteau, comme Milosevic et Pinochet. La justice humaine, si faillible soit-elle, a pu frapper avant la divine devant laquelle on ne fait pas appel... Le trio peut désormais rentrer dans l’ombre l’esprit tranquille en se comptant plutôt chanceux d’être né en cette époque civilisée que la nôtre. Sous d’autres cieux, on brûlait vif les suspects pour moins que cela.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais « on ne peut pas condamner un homme (en entier) parce qu’il est à moitié une ordure » disait Gary dans &lt;em&gt;La bonne moitié&lt;/em&gt;. Soit. On peut toutefois encore se replier, non pas sur ce qu’Il Est ou semble être, mais bien sur ce qu’Il a fait…ou n’a pas fait. Car ce qui permet au mal de triompher, c’est n’est pas tant l’action débile et délibérée du vilain et du salaud que « l’inaction des êtres de bien » (Burke). Mais on ne juge ni ne condamne guère ces derniers. Si tel était le cas, « ça ferait des têtes en moins et des chapeaux en trop… » Ce Général! Quel sens de la répartie!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Certes, ils sont légions ces petites gens à se lever chaque matin, à reculons mais de bonne fois, pour mettre la main à la pâte et l’épaule à la roue, à l’usine, au chantier, voire au bureau…sans pourtant savoir, ni même se douter qu’ils contribuent ainsi à perpétuer le cercle vicieux de l’exploitation de l’homme par l’homme. Or s’ils savaient, comme en témoigne un récent sondage britannique, 86% des citoyens refuseraient de participer au commerce inéquitable qui prévaut encore aujourd’hui. Ça n’empêcherait guère les fraudes illégales, direz-vous. Mais ça diminuerait de beaucoup les autres, majoritaires, dites légales, belles et biens létales.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pour suivre à la loupe les folles mésaventures des louches lascars, individuels ou corporatifs, consultez :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.trial-ch.org/"&gt;http://www.trial-ch.org/&lt;/a&gt; – &lt;em&gt;track impunity always&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.corpwatch.org/"&gt;http://www.corpwatch.org/&lt;/a&gt; – &lt;em&gt;holding corporations accountable&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que ce qui fait la différence, c’est la vigilance. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-8313704417039652306?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8313704417039652306'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8313704417039652306'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/12/bonne-semine.html' title='BONNE SEMINE!'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/R_4xqor_0sI/AAAAAAAAAEU/HFVfdhgOXyQ/s72-c/Voleur.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-7781078525873723502</id><published>2007-10-05T20:34:00.000-07:00</published><updated>2008-05-05T20:56:42.266-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>DU VRAI, FRAIS</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/SB_T98DVCVI/AAAAAAAAAEc/EiiOa2wc7mg/s1600-h/Ivan_Denissovitch.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197105556054411602" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/SB_T98DVCVI/AAAAAAAAAEc/EiiOa2wc7mg/s320/Ivan_Denissovitch.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Alexandre SOLJENITSYNE&lt;br /&gt;« Une journée d’Ivan Denissovitch ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la préséante littérature sans estomac de Jourde – que je n’ai d’ailleurs guère vomi ni voulu approfondir –, ça fait du bien. Ici, rien de creux – cru, tout au plus, comme le froid qui vous ronge les doigts. La matière y est dure, mais la manière, douce. Ça redonne confiance comme dirait Gary – paix à son âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vrai et frais qu’avec la littérature russe, tant tellement trop méconnue, impossible de se tromper. À la connerie que clamaient les pompeux micros et macros du régime, drastique, monarchique d’abord, soviétique ensuite, certains élevaient la voix, traçaient la voie, non pas d’un trait comme les bourrus de la censure, mais d’un souffle. Ça nous a notamment donné Dostoïevski, Tolstoï, Gorki, Soljenitsyne…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une journée d’Ivan Denissovitch. C’était avant L’archipel du Goulag, monumental, mais on y était déjà – jusqu’au cou. Une journée donc, symptôme d’une, deux, dix années passées – Perdues? Du tout! Du moins, pas toutes… – en tôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un goulag (abréviation du Russe Glavnoïe Oupravlenie Laguereï, la Direction générale des Camps…), c’est un camp de concentration. Et il n’y en n’eût pas qu’un seul, mais des milliers. Instaurés en 1919 sous Lénine, ils furent largement utilisés par Staline, bel et bien inspiré de son homologue, Judas, dit Hitler. On y confinait donc les prétendus « contre-révolutionnaires », à savoir tous ceux – et celles – qui, faute d’être exécutés manu militari, compromettaient soi-disant le pouvoir en place par leurs simples paroles, actes, voire existences. Du coup, comme sous la botte nazie, ça fait de la main d’œuvre bon marché pour édifier, chaîne au cou, pierre par pierre, la belle et grande « Cité du Socialisme ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y retrouve donc, pêle-mêle, des paysans, artistes, intellectuels, des militaires rétrogradés et des révolutionnaires désoeuvrés par l’institutionnalisation de la révolution, bref des légions de héros nationaux, tous déchus, reclus, exilés loin de chez eux aux confins sibériens, glaciaux. Des âmes, des hommes, condamnés « zéro », désormais simples, seuls et sales numéros, derrière lesquels se cachent bien plus qu’une simple histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celle d’Ivan Denissovitch, Choukhov de son surnom, c’est le prisme de toutes les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« D’après son dossier, Choukhov est au camp pour trahison de la Patrie. Il a fait tous les aveux qu’il fallait : il s’est rendu aux Allemands parce qu’il avait envie de trahir l’Union soviétique, et il s’est, soi-disant, évadé parce qu’il avait reçu une mission des services de renseignements de l’ennemi. Quelle mission? Choukhov n’était pas assez futé pour en trouver une. Ni non plus l’officier du contre-espionnage. Alors c’est resté comme ça : ‘une mission.’ »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis, chaque jour se suit et se rassemble. Ici, un seul, sans pause ni chapitre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« À cinq heures du matin, comme tous les matins, on sonna le réveil : à coups de marteau contre le rail devant la baraque de l’administration (…) Personne, comme qui dirait, n’était venu décadenasser la porte (…) Il ne dormait jamais une seconde de trop, Choukhov : toujours debout, sitôt le réveil sonné, ce qui lui donnait une heure et demie de temps devant soi d’ici au rassemblement, du temps à soi, pas à l’administration (…) »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour dort, encore. Dehors, il fait nuit. Les hommes se dressent, déjà. S’enchaîne alors le pénible rituel quotidien : S’éveiller à l’heure même où se marie la froidure de l’air à la chaleur des âmes; Lutter contre l’humidité qui imbibe jusqu’à vos jeunes mais déjà vieux os; S’habiller trois fois plutôt qu’une; Bousculer pour une demie bouchée; Marcher au pas cadencer en direction du chantier...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça, toujours, sous une brise glacée, glaciale. Tout ça pourquoi? Pour « bâtir la Cité du Socialisme. » Fallait y penser, et surtout ne pas l’oublier. Pour ce faire, c’est la routine, avec son lot de tâches, toutes plus absurdes que fâcheuses, dans lesquelles le plus « banal » geste prend pourtant tout son sens. Car au cœur de ce corps de condamnés, c’est dans l’instant, tanné, que réside l’éternité qui vous fixe et vous fige, de son œil, froid, dur, mordant, et qui montre des dents :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ses mitaines étaient si malades qu’il avait l’onglée à ne plus sentir ses doigts, Choukhov. Mais la botte de gauche tenait bon, et les bottes, c’est le principal. Les mains, ça se dégourdit en travaillant. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’empêche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le thermomètre, sûr qu’il dégringole. On a beau travailler de ses mains, l’onglée vous pince au travers des mitaines et, le froid crève la bao gauche, Choukhov fait top top avec, pour se réchauffer le pied. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors on travaille, on trouvaille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et Chouckhov, sûr qu’il travaillait. Dans une autre vie, fuite illogique de la présente, il avait été maçon. Précieux atout, en quelque sorte. À chacun son métier. Il jette un œil furtif aux alentours, pour voir défiler, entre deux congères, ses congénères, ramenés sur un pied d’égalité – qui sait si ce n’est pas ça le socialisme, comme sous Pol Pot ou George Bush : « Ramener tout le monde à l’âge de pierre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Un sourire d’humble gratitude détendit la bouche gercée de ce capitaine de frégate qui avait navigué sur toutes les mers d’Europe et fait si souvent la route de l’Arctique. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Porter un bard, ça ne demande pas d’intelligence. C’est pourquoi le brigadier, il y met ceux qui ont été grands chefs. Fétioukov, qu’on raconte, il était très grand chef. Dans des bureaux. Même qu’il aurait eu une automobile. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finit ce temps-là. Retour au plancher des vaches. On remet les pendules à l’heure – minuit en plein Midi. Bon appétit! À jeun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car il manque de tout, et pas que de la bouffe. Il manque aussi de tous ces outils et matériaux qu’on cache soigneusement, qu’on dérobe subtilement. Bien plus que la seule ingéniosité, c’est l’art de la débrouille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré sa minutie, son ardeur au travail, premier, seul, et meilleur outil contre la connerie routinière, Choukhov passe son temps à « bourricoter », à bricoler. Son quotidien, à tords et à travers lui, c’est celui de toute une nation. Ça en maux, dit long.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Dans cette steppe, plate comme planche, jamais il n’est rien venu. Et, encore moins, entre quatre réseaux de barbelés…échine-toi tant que le cœur t’en dit, et même à t’étouffer : de cette terre-là tu ne tireras jamais nourriture, jamais tu n’auras à manger dans le main des chefs… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car on y reproduit néanmoins la hiérarchie, inspirée des traîtres, les vrais, les maîtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le vrai ennemi du prisonnier (car il en a), c’est le prisonnier son frère. Si les zeks n’étaient pas des chiens entre soi… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, le crépuscule approche à grands pas. Une autre journée, qui non s’achève mais qu’on poursuit, comme un rêve, chaud, presque douillet. La fuite du joug, au bout duquel, un plat qu’on s’arrache, une couette, voire du courrier qu’on n’espérait plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante-trois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trois rallonges, c’était la faute aux années bissextiles. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout, c’est le retour à la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mais est-ce qu’on la lui rendra, la liberté? Est-ce qu’on ne va point, pour diantre sait quoi, lui flanquer dessus encore dix de rallonge?... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs, ça ne dépend pas que de votre attitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Kildigs, lui, a attrapé vingt-cinq ans. Avant, c’était la belle époque : on vous donnait dix ans, à tout le monde, et tous du pareil au même. Seulement, en 49, le tarif a monté : vingt-cinq ans par tête, toujours à vue de nez. Or dix ans, ça peut encore se faire sans crever. Mais vingt-cinq, essayez voir! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On n’arrive pourtant qu’au but et au bout de sa peine à bout portant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’absurdité, non pas des idéaux, mais bien de ses fléaux – socialisme tordu inclus –, est ici mise à nue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ce qui m’intéresse, avouait Boris Vian, vivifiant, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes, mais celui de chacun. » Le premier sacrifie sur son chemin; le second et non le moindre ne nie, néglige, n’oublie personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soljenitsyne fait ici la synthèse, totale : « Monde clos (Sartre), monde de l’absurde (Camus), monde de souffrance de chaque instant (chrétien), c’est aussi l’enfer… » de préfacer Jean Cathale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, Une journée dans la vie d’Ivan Denissovitch, c’est Le Petit Prince de Saint-Exupéry : une synthèse simple et saisissante, d’abords de ce qui allait respectivement devenir L’Archipel du Goulag et Citadelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien plus qu’une seule et simple expérience linéaire, littéraire, on a enfin droit à de la vraie littérature dite d’appétit; un véritable régal, intégral, pour l’œil et l’âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la foulée, on se rappellera combien nous sommes choyés de ce si précieux cadeau de la liberté. À nous d’en user, avant de nous la voir…retirée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car « le plus beau, et le plus dur des métiers, c’est la vigilance. » &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-7781078525873723502?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7781078525873723502'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7781078525873723502'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2008/05/du-vrai-frais.html' title='DU VRAI, FRAIS'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/SB_T98DVCVI/AAAAAAAAAEc/EiiOa2wc7mg/s72-c/Ivan_Denissovitch.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-6302764821608342609</id><published>2007-09-07T19:12:00.000-07:00</published><updated>2007-10-06T15:26:50.783-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>DE FIL EN AIGUILLE</title><content type='html'>&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;?xml:namespace prefix = o /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;Vladimir Nabokov,&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Proust, Kafka, Joyce&lt;/span&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;p class="MsoNormal" align="right"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;« Le roman, c’est la fraternité. »&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;– Romain Gary. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Il est une amie, Anne-Marie – que je n’ai d’ailleurs pas revu depuis belle lurette. Quand on s’est rencontré, elle était en pleine convalescence. Finie les drogues, dures. On sentait les séquelles au ton, au débit de sa voix. Sans parler de son corps, frêle. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;À dix-huit ans, on lui en aurait donné la moitié, avec générosité. Mais elle était belle, drôle, énergique, amusée, amusante, surtout avec son petit rire, son gloussement de pigeonne. Comme quoi tout, rien n’est jamais perdu. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Je terminais &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La vie devant soi&lt;/span&gt;, de Romain Gary, Alias Émile Ajar. Elle qui ne lisait jamais tomba en amour, d’abord avec le titre, puis avec le livre. Elle le dévora. Il lui plût tellement qu’elle en vint à lire Victor Hugo, auquel Gary se référait si souvent. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Où veux-tu en venir? » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;J’y arrive. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Avec un minimum d’ouverture, de curiosité, la lecture, c’est comme la rencontre de l’autre : de fil en aiguille, la toile, le cercle s’élargit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;C’est Henry Miller qui m’a amené à lire James Joyce, Romain Gary qui m’a porté vers Franz Kafka. Et ce libraire excentrique qui ne lisait que du Marcel Proust. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;À la bibliothèque, je tombe sur &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Proust, Kafka, Joyce&lt;/span&gt;, que je désirais découvrir depuis un bon bout de temps – « c’est combien ça? » Pourtant, c’est surtout Vladimir Nabokov, l’auteur du bouquin et, comme j’allais bientôt l’apprendre, de toute une série d’études, de nouvelles, de romans, dont le célèbre &lt;i&gt;Lolita&lt;/i&gt;, que je découvrais. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Né à la veille du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, en 1899, à Saint-Pétersbourg, Vladimir Nabokov quitte la Russie bolchevique à l’âge de vingt ans. Vingt autres années le portent en Europe pour y peaufiner son éducation, notamment linguistique et littéraire. Encore vingt ans à enseigner les deux, aux États-Unis, puis il se consacre pleinement, dès 1958, après l’immense succès de &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Lolita&lt;/span&gt;, à son art, sa passion, jusqu’à sa mort, en 1977. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;Ici, il s’agit de ses notes de cours sur trois auteurs cruciaux – dits « classiques ». À défaut d’y avoir assisté (aux cours), autant les lire (ses notes), et s’en inspirer. Car celui qui insistait sur la psychologie de l’auteur et, surtout, de ses personnages, celui qui reproduisait mentalement et sur papier les plans de la chambre, du quartier, de la ville des protagonistes, leurs portraits, leurs déplacements, question de mieux saisir le sens et les saveurs de l’œuvre, aura été un grand – lecteur, puis – professeur, bien avant de devenir, à son tour, un – tout aussi – grand auteur. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;PROUST&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » (Proust) C’est ainsi que débute &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;À la recherche du temps perdu&lt;/span&gt;, le grand – et le seul, mais quel! – roman de Marcel Proust, entamé dès 1906, achevé dans sa mort en 1922. Sept parties – « comme les sept jours d’une semaine de création initiale, sans le repos du dimanche » – publiées en quinze volumes, entre 1913 et 1927, qui couvrent plus d’un demi-siècle, de 1840 à 1915. Deux cents personnages, dont l’observation, la description, l’analyse – toutes attentives – du narrateur – Marcel – et de l’auteur – Proust – lui permettent en fait – enfin! – de se reconnecter et se reconnaître, lui-même, en l’autre. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« L’ensemble est une sorte de chasse au trésor, où le trésor est le temps, et le passé la cachette; c’est là le sens profond du titre, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;À la recherche du temps perdu&lt;/span&gt;. La transmutation de la sensation en sentiment, le flux et le reflux de la mémoire, les vagues d’émotions telles que le désir, la jalousie et l’euphorie artistique, voilà le matériau de cette œuvre énorme et cependant singulièrement légère et translucide. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Dès le début, les allées et venues se multiplient en autant de va et vient, de personnes à personnages, d’époques en épopées, de retour en arrière – dont deux promenades, marquantes, d’enfance –, de fuite dans le temps. Un exercice, monumental, de la mémoire et, surtout, de l’imaginaire. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Trois éléments caractérisent l’œuvre de Proust : L’alignement de métaphores sur métaphores, toutes poétiques ; L’extension de la phrase jusqu’aux limites de sa longueur et ses largesses – Proust savait « déplier l’image comme un éventail », lequel « peut couvrir des années en quelques lignes » (« un dîner occupe cinquante pages, une soirée, un demi volume ») ; La fusion de la description et de la conversation (avant et après Proust le &lt;em&gt;pionnier&lt;/em&gt;, on distingue trop souvent et clairement les deux passages).&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;«Les richesses insoupçonnées de la frange subliminale de notre esprit, que nous ne pouvons retrouver que par le biais actif de l’intuition, de la mémoire, des rapprochements involontaires; ce à quoi il faut ajouter la subordination de la simple raison au génie de l’inspiration, et le fait de considérer l’art comme la seule réalité au monde (…) Ce que nous appelons la réalité est un certain rapport entre ces sensations et ces souvenirs qui nous entourent simultanément.» (Proust)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;D’ailleurs, « la nature elle-même, à ce point de vue, ne m’avait-elle pas mis sur la voie de l’art, n’était-elle pas commencement d’art, elle qui souvent ne m’avait permis de connaître la beauté d’une chose que longtemps après dans une autre. » (Proust)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Vivre, c’est vibrer. Il s’agit en fait de « tâcher d’interpréter les sensations comme les signes d’autant de lois et d’idées, en essayant de penser, c’est-à-dire de faire sortir de la pénombre ce que j’avais senti, de le convertir en un équivalent spirituel, or ce moyen qui me paraissait le seul, qu’était-ce autre chose que faire un œuvre d’art. » (Proust)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Tu cherches un sens à ta vie quand le sens est d’abord de devenir toi-même » disait Saint-Exupéry. Marcel sent qu’il veut devenir quelqu’un, et le devient effectivement, mais ne sait pas encore qui, quoi, quand, comment… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Il pense à tort qu’il doit consacrer son art à des choses ayant une valeur intellectuelle, alors qu’en réalité c’est ce système de sensations qu’il expérimente qui, à son insu, fait lentement de lui un authentique écrivain. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Si ce &lt;em&gt;sens&lt;/em&gt; échappe au narrateur – « Cet objet, il dépend du hasard que nous le rencontrions avant de mourir, ou que nous ne le rencontrions pas » (Proust) –, sa quête ne s’avère pas pour autant infructueuse. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;C’est « dans le dernier volume, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Temps retrouvé&lt;/span&gt;, que le narrateur prend conscience des changements que le temps a opérés sur tous ses amis et reçoit le choc de l’inspiration – ou plutôt une série de chocs – qui le décide à se mettre sans plus de délai à son œuvre, à la reconstruction du passé. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Le narrateur Marcel songe (alors), dans (ce) dernier volume, au roman idéal qu’il va écrire. L’œuvre de Proust n’est qu’une copie de ce roman idéal – mais quelle copie! » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;D’ailleurs, comme d’ici, les chefs d’œuvres, notamment littéraires, ne sont-ils pas copies, à la fois si fidèles et infidèles, du réel?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;KAFKA &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Lorsque Gregor Samsa s’éveilla au matin d’un rêve agité, il se découvrit transformé dans son lit en une monstrueuse vermine. » (Kafka) &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Jusque-là, Gregor était un fiable représentant de commerce assurant la charge des siens, peu reconnaissants. « Les familiers de Gregor sont ses parasites, qui l’exploitent, le grignotent de l’intérieur. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Transfiguré, il paie deux fois le prix. Soudainement mise en évidence, « la famille Samsa autour de l’insecte fantastique n’est rien d’autre que la médiocrité entourant le génie. » Elle « ne comprend pas que Gregor a gardé un cœur humain, une sensibilité humaine, des sentiments humains, humilité, honte, souci de dignité et pathétique orgueil. » La métamorphose n’est en fait qu’un flagrante métaphore qui révèle ce qui était déjà pourtant flagrant. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Le personnage humain qui tient le rôle central appartient au même univers personnel et fantastique que les personnages inhumains qui l’entourent, mais le personnage central cherche à sortir de ce monde, à arracher le masque, à transcender (…) la carapace. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Cette sombre aventure du sujet de &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La métamorphose&lt;/span&gt; (1915), l’une des rares œuvres, somme toute nombreuses, publiées du vivant de Kafka, s’avère symptomatique, symbolique de la transformation, réelle et bien personnelle, vécue par l’auteur. À l’époque, Kafka, comme bien d’autres avant, avec et après lui, cherche à émerger de la &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;raison &lt;/span&gt;pour mieux plonger dans sa passion : l’art. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« L’absurde personnage central appartient au monde absurde qui l’entoure, mais, pathétiquement et tragiquement, il essaie d’en sortir pour accéder au monde d’humains – et il meurt de désespoir. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Né d’une famille juive allemande de Prague en 1883, le « plus grand écrivain allemand de notre époque » dont « pratiquement aucune de ses œuvres désormais célèbres, comme ses romans &lt;em&gt;Le procès &lt;/em&gt;(1925) et &lt;em&gt;L&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;e château&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; (1926) ne furent publiées de son vivant » étudie le droit, travaille &lt;em&gt;au bourreau&lt;/em&gt; quand il n’écrit pas, avant de s’éteindre en 1924, à l’âge de quarante et un ans. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Pour répondre à des sensations que vous ne pouvez ni définir, ni dénier, il faut que vous ayez en vous quelque cellule, quelque gène, quelque germe susceptible de vibrer en leur présence. » L’auteur de &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La métamorphose&lt;/span&gt; (1915) avait ce gène, cette cellule. Celui qu’on compare parfois à Gogol (XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle) savait peindre et dépeindre le « pathétique caractère d’humanité » comme peu d’autres écrivains, classiques comme contemporains. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;C’est ça « le style de Kafka : sa clarté, son ton net et précis, qui forme un contraste si frappant avec le sujet cauchemardesque de son histoire. » Et c’est là que réside tout son génie: l’équilibre des extrêmes. Celui des contrastes qui se confrontent, claironnants, se confondent, clairvoyants, et se complètent, clairement, tout à la fois. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;JAMES JOYCE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Enflammé en Irlande dès 1882, exilé avec le siècle vers Europe où il vécu la majeure partie de sa vie, Joyce s’éteint en 1941. &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Ulysse&lt;/span&gt;, écrit entre 1914 et 1921, publié l’année suivante, reste sans contredit l’œuvre majeure de celui qui n’était guère mythologue, encore moins mythomane. Encore ici, on relit et reçoit la vérité toute crue, et croustillante d’un acteur et auteur crucial du monde – littéraire, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;humani-terre&lt;/span&gt;… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Deux cent soixante milles mots qui décrivent avec brio le Dublin de l’époque, et en son sein, de ses habitants – résidents, résistants. On s’y croirait. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;« Ulysse décrit une seule journée, le 16 juin 1904, un jeudi, un seul jour dans la vie d’un certain nombre de personnages, dont les chemins se croisent ou divergent, qui vont à pied ou à cheval, qui parlent, qui rêvent, qui boivent, et traversent un certain nombre de péripéties physiologiques et philosophiques, mineures et majeures, au long de cette seule journée et des premières heures du matin suivant. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Comment résumer? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;– Trois personnages, principaux, dont Léopold Bloom, le premier, « type du juif errant, type même de l’exilé » comme Joyce à sa façon, exilé en Europe dès son âge. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;– Trois thèmes, temporels, à savoir ceux du « passé sans espoir », du « ridicule et tragique présent », et du « pathétique futur. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;– Trois styles, trois langages, allègrement alternés : Le premier, «direct, lucide, logique, musard»; le second, « incomplet, rapide, haché »; l’autre enfin, parodiant « différentes formes non romanesques » (journalisme, catéchisme, burlesque, etc.). &lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;Sa force? Celle d’atteindre l’unité dans la diversité – des styles, des tons, des thèmes. Pareil comme chez Proust : la perception du sujet observant nous en apprend presque autant, sinon plus, sur celui-ci que sur le sujet observé. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;SYNTHÈSE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Autant lire &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L’art de la littérature et le bon sens&lt;/span&gt;, sorte de postface de l’auteur qui nous éclaire comme Vian sur la primauté du « bien-être de tous sur le bien-être commun. » Nuance. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Ce qui émane de l’œuvre – et des trois chefs d’œuvres étudiés – c’est le temps, immuable, qui file…Inutile de se défiler. Autant y plonger. Qui sait, à force et foi d’y nager, sans doute saurons-nous gagner, non pas l’immortalité, mais bien l’éternité… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Nabokov sait analyser, décortiquer, rigoureusement, sans compromis, la manière et la matière, autrement dit, la forme et le contenu. Avec lui, on trouve ce guide qui fait tant défaut en littérature : celui qui sait vous faire reconnaître le beau, le bon, le bien – et le médiocre en chacun. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;Mais au-delà des &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;classiques &lt;/span&gt;étudiés, on lira les trésors de Nabokov, tels que : &lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic;color:#003300;" &gt;Chambre obscure (1934), La course du fou (1934), L’Aguet (1935), La Méprise (1939), Lolita (1959), Invitation au supplice (1960), Feu pâle (1965), Le Don (1967), Roi, Dame, Valet (1971), La Transparence des choses (1979), L’exploit (1981)…&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#003300;"&gt;Et, petit trésor, chez Robert Laffont, ses Nouvelles en édition complète et chronologique, dont la savoureuse &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;(L’)Extermination des tyrans&lt;/span&gt; (1977).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#003300;"&gt;"Il me semble qu'un bon critère pour juger de la qualité d'un roman serait, en fin de compte, que l'on y décèle, étroitement mêlées, la précision du poète et l'intuition de l'home de science. S'il entend réellement baigner dans la magine d'un livre de génie, le lecteur avisé le lira, non pas avec son coeur, non pas avec son esprit, mais avec sa moelle épinière: c'est là que se produit le frisson révélateur, même s'il nous faut, en lisant, conserver un rien de recul, un rien de détachement. Alors, avec un plaisir tout à la fois sensuel et intellectuel, nous regardons l'artiste bâtir son château de cartes, et regardons ce château devenir château de verre et d'acier étincelants."&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;em&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color:#006600;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-6302764821608342609?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/6302764821608342609'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/6302764821608342609'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/09/de-fil-en-aiguille.html' title='DE FIL EN AIGUILLE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-7613684458935750765</id><published>2007-08-29T19:07:00.000-07:00</published><updated>2007-10-06T15:25:51.839-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>LE FEU DE VIVRE</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwRHBPWmE0I/AAAAAAAAAEM/y4pZPISEKSM/s1600-h/gary.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5117293163226469186" style="FLOAT: right; MARGIN: 0pt 0pt 10px 10px; CURSOR: pointer" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwRHBPWmE0I/AAAAAAAAAEM/y4pZPISEKSM/s400/gary.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;?xml:namespace prefix = o /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt; &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;AMOUR, HUMOUR, UNITÉ, HUMANITÉ&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;« S’il est une chose que l’on peut faire, c’est justement &lt;i&gt;apprendre&lt;/i&gt;. On peut &lt;i&gt;apprendre&lt;/i&gt; qui était Untel. On peut &lt;i&gt;étudier&lt;/i&gt; sa vie, son milieu social, son environnement. On peut &lt;i&gt;rechercher&lt;/i&gt; les influences subies par lui. On peut finalement tenter de &lt;i&gt;comprendre&lt;/i&gt; pourquoi il a fait telle ou telle œuvre. Car &lt;i&gt;on ne comprend pas une œuvre, on comprend l’homme&lt;/i&gt; qui l’a faite, et il faut d’abord, je le crois, aimer l’œuvre, qui vous donne le goût de comprendre l’homme. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: right" align="right"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Boris Vian&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="EN-US"   style="font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Fin 1995, je croise un barbu hirsute sur TV5. J’écoute. Il parle de l’&lt;em&gt;autre &lt;/em&gt;et de lui-même. Plusieurs proches témoignent en sa ferveur. Le lendemain matin, direction biblio. Le soir même, j’achevais déjà la lecture d’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Éducation européenne&lt;/span&gt; : l’épopée d’une jeunesse passée dans la Résistance polonaise; l’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;école de la guerre&lt;/span&gt;, rien de moins. Rassasié, je n’en redemandais pas moins. Son premier livre publié, Prix des Critiques de 1945, m’inspirait, m’aspirait à en savoir plus sur son auteur.&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’HOMME&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Compagnon de la Libération, linguiste, poète, écrivain, diplomate, reporter, cinéaste, homme de cœur et de culture, homme de tête, têtu et tourmenté, homme d’amour et d’action, Romain Gary aura vécu intensément ses vies, ses œuvres…comme ses morts…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Né – Romain Kacew – aux abords de la Baltique le 8 mai (!) 1914, à l’aube de la Première guerre mondiale, sa vie entière sera marquée par la guerre – sorte de conflit généralisé qui l’habite et l’entoure – et, qui sait (?), par la (con)quête de la paix. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Après une série d’escales d’enfance à Vilnius et Varsovie, Gary se pose mi-1928 à Nice en compagnie de sa mère, avant de faire ses études de droit à Paris. « Pilote de guerre », comme Saint-Exupéry, au sein des Forces aériennes de la France Libre, il se pose enfin, fin 1945, au Quai D’Orsay (Ministère français des Affaires étrangères). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Sa carrière diplomatique emporte dès lors sur trois continents ce « gaulliste intégral », cet « homme d’un seul homme » (De Gaulle.!?) et d’aucun parti pour qui « la liberté est un besoin biologique. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Quand il ne joue pas « la comédie humaine », notamment dans l’enceinte du siège des Nations Unies à New York (1952-54), Gary cherche à déjouer « la connerie humaine » – contre laquelle « il n’existe même pas de chaire de recherche à la Sorbonne » – en la dénonçant. Autrement dit, il vit, vibre; il écrit :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;« C’est justement parce que ma soif de vivre est illimitée que j’écris. Pour recourir à une illustration courante, seule l’écriture peut apaiser en moi une sorte d’angoisse d’exister. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Après avoir délicieusement dépeint « Les Couleurs du jour » (1952), Gary publie en 1956 « Les racines du ciel », primé du prestigieux Prix Goncourt, consécration littéraire qu’on ne reçoit qu’une seule fois…À travers la défense des éléphants, massivement massacrés pour leur précieux ivoire, c’est une certaine vision de l’humanité, encore incertaine, qu’il protège, propose, promeut. Promesse? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Avec – après (!) &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L’homme à la Colombe&lt;/span&gt; (1958, sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi) et &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Lady L&lt;/span&gt;. (1959, en Anglais) – l’émouvante &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Promesse de l’aube&lt;/span&gt; (1961), premier récit résolument autobiographique largement consacré à sa mère, décédée vingt ans plus tôt, il fait le saut. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Blasé des façades, faussetés et faux jetons diplomatiques – trop déconnectés de la réalité vécue sur la terre ferme, ouverte… –, des artifices politiques et des artificiers militaires – qui se déchaînent encore alors, d’Est en Ouest –, il obtient sa propre « libération »…du Ministère des Affaires étrangères, cette fois. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Redevenu civil&lt;i&gt;isé&lt;/i&gt; à temps plein, il peut enfin voyager à son gré et, surtout, se consacrer à son cheval de bataille : « L’art, (est) ennemi naturel de tout &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;ordre des choses&lt;/span&gt;. Il faut que l’art continue à être un scandale, dans un monde où l’on crève de faim, d’ignorance, d’hébétude et d’abandon. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Dès l’art, Gary multiplie, diversifie les écrits : romans – &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les mangeurs d’étoiles&lt;/span&gt; (1961), publié d’abord en Anglais – auxquels s’ajoutent pièce de théâtre – &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Johnnie Cœur&lt;/span&gt; (1961) – et recueil de nouvelles – Gloire à nos illustres pionniers (1962). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Dans sa vie – presque aussi privée que celle de Saint-Exupéry –, s’il divorce de la romancière Lesley Blanch, son épouse depuis dix-sept ans, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;être deux&lt;/span&gt; reste encore pour lui « la seule unité concevable. » Le 16 octobre 1963, il épouse l’actrice américaine Jean Seberg, qu’il connaît et côtoie depuis quatre ans déjà. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’amour, écrivait-il encore, « c’est la disposition à vouloir le bien d’un autre que soi et à se dévouer à lui. » Il aime, donc, il est. Mais on n’aime pas que la femme, sa femme, mais plus encore : sa mère propre, l’humanité entière, intégrale. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’HUMAIN&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Lors d’une visite du ghetto de Varsovie, Gary s’effondre. À son éveil, il renoue, ébranlé, avec ses &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;vagues&lt;/span&gt; origines juives, désormais très claires, présentes, profondes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Homme, âme troublée, tourmentée, il voudrait bien « mourir maintenant (…) parce que je suis très fatigué. Je pourrais ainsi me reposer avant de reprendre ma lutte » fit-il dire un jour à Morel l’activiste dans ‘Les racines du ciel’. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Et pour lutter, il faut faire face – et de plein front – à la réalité, qui frappe, de plein fouet. Éloquent, il fait usage et surtout éloge de la lucidité : Tendre l’oreille, la main. Ouvrir les yeux, les bras. Son cœur. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Ouvrir sa bouche aussi, élever la voix, autrement dit, pour à la fois dénoncer la &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;merde &lt;/span&gt;et dévoiler les merveilles qui se côtoient curieusement dans ce monde en ébullition qui l’enveloppe...&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Mais comment sortir du dilemme, relever le défi d’une vie? Devant le cauchemar, absurde, de l’absurdité, autant rire et rêver. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Avec Gengis Cohn, « terroriste de l’humour », délicieux, délirant mélange du Juif et du Tartare en lui, pied-de-nez aux faux semblants et fuyants, Gary prend son pied – et le lecteur avec.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Il se déchaîne et enchaîne &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Pour Sganarelle&lt;/span&gt; (1965), &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Danse de Gengis Cohn&lt;/span&gt; (1967) et &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Tête coupable&lt;/span&gt; (1968), superbe trilogie satyrique et philosophique judicieusement intitulée &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Frère Océan&lt;/span&gt;… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;« J’aime l’océan, et j’attends tout de lui. Il est tourmenté, tumultueux, et il se fait mal à tous les rivages. C’est un frère. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Rire, donc, et rêver, ensuite. Car rêver, c’est déjà &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;réaliser&lt;/span&gt; – ce qui cloche, ce qui veut, peut, doit changer. Et « si personne ne rêve de l’humanité, l’humanité ne sera jamais créée. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Il à beau rêver le Romain Gary, mais après la parution de son film &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les oiseaux vont mourir au Pérou&lt;/span&gt; (juin 1968), les temps s’annoncent pourtant plus pénibles, notamment avec un deuxième divorce et divers déboires publics qui ajoutent à son « angoisse de vivre. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Il voudrait bien rentrer à la maison, mais à quoi bon? « L’appartement m’accueillit avec un air chaque-chose-à-sa-place qui me donna aussitôt la sensation de ne pas être chez moi: ce petit monde bien rangé correspondait aussi peu que possible à mon désordre intérieur. » (&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valide&lt;/span&gt;, 1975) &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;En 1972, avec &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Europa&lt;/span&gt;, Gary précise le rôle du rêve dans sa, dans la vie : « Il ne s’agit pas de savoir si un rêve est absurde ou irréalisable, mais s’il vous aide à tenir le coup. (Il y a des chimères qui ont bâti des civilisations, vous savez, et des vérités qui ont tout détruit et n’ont rien su mettre en place.) » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;À travers son combat personnel, universel, pour vivre et survivre, il cherche en fait à « aller plus loin que la haine…là où se trouve le rire » comme il le dit si bien dans ‘La nuit sera (vraiment?) calme’ (1974). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Si l’&lt;em&gt;élite &lt;/em&gt;littéraire et le lectorat n’y voient que du feu, Gary s’enflamme, s’envole, peu à peu. D’où la plume, qu’il oppose entre deux, trois et tant de larmes à trop et tellement d’armées en armes. « Le roman c’est la fraternité. On se met dans la peau des autres. » Comme si la sienne ne suffisait guère…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;N’Est-il pas, avant et après tout…« Un homme : je commence à me méfier singulièrement. Dieu, on connaît ses limites, ça ne va jamais très loin, mais avec les hommes, c’est illimité ; ils sont capables de tout » (&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Danse de Gengis Cohn&lt;/span&gt;). En effet…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’AUTRE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Septembre 1974. Mercure de France publie &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Gros Câlin&lt;/span&gt;. L’auteur, un &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;certain &lt;/span&gt;Émile Ajar, semble promu à un bel avenir littéraire. Trop même. Plusieurs critiques croient y voir la plume d’un auteur accompli sous pseudonyme. Le débat anime déjà les tribunes, mais on ne cherche pas plus loin.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’année suivante, le mystérieux prodige Ajar récidive avec &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Vie devant soi&lt;/span&gt;. L’histoire cruciale, critique, croquante, qui pourrait rappeler &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Promesse de l’Aube&lt;/span&gt; de Gary, est celle du petit Mohammed, l’Arabe orphelin de Paris, et de Madame Roza, la vieille juive rescapée qui l’a récupéré sous son aile. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’œuvre est primée du Goncourt, que l’auteur refuse, étrangement. L’Académie persiste et signe, sans vraiment savoir qui est vraiment Émile Ajar. Jusqu’à ce que &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Point&lt;/span&gt;, puis &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Dépêche du Midi&lt;/span&gt;, affirment avoir remonté la piste. L’identité de l’auteur &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;véritable &lt;/span&gt;est dévoilée : il s’agirait de…Paul Pavlowitch.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Neveu de Romain Gary, qui nie pour sa part être l’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;homme dans l’ombre&lt;/span&gt;, Paul précise : Ajar? De l’Anglais, comme dans « une porte est ouverte », ou encore, en fait, du Russe, qui signifie &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;brûler&lt;/span&gt;, à l’impératif. Suivent un &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;troisième&lt;/span&gt;, puis un quatrième roma’i’n aux titres évocateurs : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Pseudo &lt;/span&gt;(1976) et &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L’angoisse du roi Salomon&lt;/span&gt; (1979)… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;Parallèlement, Gary offre &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Clair de Femme&lt;/span&gt; (1977), &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Charge d’â&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;me&lt;/span&gt; (1978) et, surtout, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Cerfs-volants&lt;/span&gt; (1980). Avec son dernier roman, il semble atteindre, rejoindre, retrouver (?) une sérénité certaine, en procédant à une synthèse, rassurante, de tout ce qui a compté pour lui. Ici, l’Amour, de la femme et de la patrie, se confondent…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Patriote, Gary avait horreur des nationalismes, ceux-là même qui s’étaient déchaînés et, du coup, l’avaient précipité, lui ainsi que tous ses compatriotes, dans les tourments de la guerre à outrance. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;À celle-ci, si sale, il appose sa « folle obsession » de la résistance. Contre l’envahisseur, quel qu’il soit, qui s’oppose et s’impose contre tout ce qui fait un homme, un couple, une famille, une nation…humaine. C’est la « possibilité de l’impossible. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;À sa manière, il se fait Che Guevara : « Soyons réalistes : exigeons l’impossible. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Avec &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Cerfs-Volants,&lt;/span&gt; Gary résiste. Comme De Gaulle, le militaire exilé outre-mer, mais surtout Marcellin Duprat, le culinaire. L’aubergiste, qui persiste à offrir sa bonne table gastronomique du terroir à l’envahisseur allemand, donne ainsi « chaque jours à l’ennemi la démonstration de ce qui ne pouvait pas être vaincu. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Mais celui qui incarnait tout à la fois « peur de trahir, désir de séduire, et refus de vieillir » (Jérôme Camilly) s’essouffle. Il a beau « recourir aux mots pour empêcher le silence de parler trop fort », il se tait et s’éteint fin 1980. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’histoire tirerait-elle à sa fin? L’homme cours à sa faim. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Juillet 1981. &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Vie et mort d’Émile Ajar&lt;/span&gt; est publié. Son auteur, feu Romain Gary, y dévoile la supercherie par laquelle il a su publier sous deux noms, sans jamais être démasqué, au point de remporter deux Prix Goncourt. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Si on peut aisément lui pardonner son coup de génie, nous pardonnera-t-il seulement de n’y avoir vu que du feu? Sans doute, car c’était aussi le but du jeu : jeter de la poudre aux yeux. Pardonner, certes, mais oublier, jamais, disait Camus. Ajar, Gary, enfin, lui, qui souffrait d’un « excès de mémoire », s’est certes éteint, mais comment l’oublier?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’HOMMAGE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Pour saluer, vingt-cinq ans plus tard, sa mémoire, toujours vivante, les Éditions de l’Herne publient en 2005 une œuvre collective simplement intitulée « Romain Gary ». Un hommage, une rétrospective, une analyse de l’homme et de son œuvre. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Ce recueil d’articles, d’entretiens, de témoignages et correspondances incite au recueillement et, nécessairement, à la redécouverte de celui pour qui « la grandeur des romanciers consiste à révéler un aspect de l’homme que, sans eux, nous n’aurions pas vu. » Autant de témoignages qui nous révèlent l’homme, devant, derrière et ‘dedans’ le romancier.&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;On y trouve donc…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Ses propres textes, tels : portrait de la Thaïlande, à partir de l’Hôtel Oriental de Bangkok; compte rendu d’une soirée chez les Kennedy, à la &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;veille &lt;/span&gt;du tristement célèbre assassinat; réflexions sur l’exploitation des noirs, y compris dans la littérature ‘blanche’ américaine; et ainsi de fuite. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;En prime, une solution aux risques de l’oubli, dans «La Paz : l’homme qui mangeait le paysage», cadeau d’un compatriote rencontré par hasard…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;« Quand on veut s’y prendre de façon gratifiante et satisfaisante avec un paysage, et avec la beauté en général, ce qu’il faut faire est tout simple : il faut le manger. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Autrement dit, associer la contemplation dudit paysage à la dégustation d’un bon plat, local ou bien de chez soi. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Des entretiens, notamment avec K.A. Jalenski – &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Un Picaro moderne&lt;/span&gt;?. Gary l’« écrivain &lt;em&gt;outsider&lt;/em&gt; comme Conrad en Angleterre », y avoue : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;« Des personnalités, j’en ai vingt et je ne vois pas comment un conflit constant entre elles peut donner une seule forte personnalité. Je crois d’ailleurs que c’est un peu la condition même du romancier : la création artistique naît de ce que l’homme n’est pas, de ce qu’est la réalité. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Obsédé de lucidité et, du coup, d’authenticité, il aura beau chercher, le beau Romain, Gary, ce Pompéi enseveli, vivant. Car « Pour se trouver, il faut d’abord se créer. » Son Gengis Cohn, mais surtout son Émile Ajar, en témoignent. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Des confidences de proches, dont celle de François Bondy sur &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La mort d’un am&lt;/span&gt;i. Selon lui, Gary, observateur, intuitif, doté d’un « sens aigu de l’inanité des choses, de l’irréalité dans laquelle il se voyait flotter et qui a dû finir par l’emporter », faisait « montre de la passion et de l’obstination qui sont celles d’un barde tribal. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Celui qui se décrivait lui-même comme un « clown lyrique », « voulait combiner la farce bouffonne et l’émotion, et mêler aux visions d’horreur du monde les grotesqueries les plus comiques. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Et même un « Questionnaire de Marcel Proust », formule plate, mais révélatrice, comme en témoignent ces extraits : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic;color:#660000;" &gt;Où aimeriez-vous vivre?&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Partout à la fois et dans tous, d’un million de vies.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;(…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="FONT-STYLE: italic; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Vos héroïnes favorites dans la vie réelle? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Toutes les femmes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;(…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="FONT-STYLE: italic; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Votre qualité préférée chez l’homme?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– L’immortalité…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic;color:#660000;" &gt;Votre qualité préférée chez la femme?&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– La sensualité. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;(…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Ce que je voudrais être?&lt;/span&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Romain Gary, mais c’est impossible.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;(…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="FONT-STYLE: italic; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;La fleur que j’aime?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– La femme.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="FONT-STYLE: italic; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;L’oiseau que je préfère?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– La femme.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;(…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="FONT-STYLE: italic; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Le don de la nature que je voudrais avoir?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– La paix.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="FONT-STYLE: italic; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Comment j’aimerais mourir? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;– Vous vous foutez de moi, non? D’aucune façon.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Pourtant, dans la nuit du 2 décembre 1980, Gary s’allonge sur le sofa et se tire une balle, fatale, de face, et de plein fouet.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;« Rien d’important ne meurt – sauf les hommes et les papillons » écrivait-il déjà dans &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Éducation européenne&lt;/span&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#660000;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;Sept jours plus tard, ses cendres sont dispersées au large de Nice. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-7613684458935750765?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7613684458935750765'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7613684458935750765'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/08/le-feu-de-vivre-et-dlivrer.html' title='LE FEU DE VIVRE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwRHBPWmE0I/AAAAAAAAAEM/y4pZPISEKSM/s72-c/gary.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-1488248499712787361</id><published>2007-08-18T18:35:00.000-07:00</published><updated>2007-10-06T15:24:29.468-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>DÉLIRE ET DÉLIVRANCE</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwREL_WmEzI/AAAAAAAAAEE/cZSFaWsyPMw/s1600-h/vian.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5117290049375179570" style="FLOAT: right; MARGIN: 0pt 0pt 10px 10px; CURSOR: pointer" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwREL_WmEzI/AAAAAAAAAEE/cZSFaWsyPMw/s200/vian.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;?xml:namespace prefix = o /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt; &lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;Boris Vian. Quoi de plus vivifiant? Certes, « Les femmes, et le jazz – tout ce qui importe vraiment », comme il le disait si justement lui-même. Mais il est ici question de lui – et de son oeuvre. On connaît surtout Vian par ses romans consistants comme &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L’écume des jours, L’automne à Pékin &lt;/span&gt;ou &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L’arrache-cœur&lt;/span&gt;. Mais &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le loup-garou&lt;/span&gt;, recueil de treize nouvelles écrites en 1945 et 1952, nous offre un bref mais combien révélateur aperçu du fascinant imaginaire de son auteur. Tordant. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Loup-garou.&lt;/span&gt; L’histoire classique, mais inversée : celle de Denis le loup-garou qui, mordu par un vampire dévergondé, découvre progressivement, à son grand désarroi, ce que c’est que de vivre dans la peau de l’homme…&lt;une reste="" la="" de="" diminua="" par="" son="" et="" testicule="" un="" perdit="" mobylette="" chute="" sa="" dans="" qui="" lire="" plat="" pied="" ignoble="" puis="" ses="" une="" avec="" rencontres="" improbables="" les="" multiplie="" homme="" devenu="" garou="" le="" denis="" quatre="" aventure=""&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/une&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;« Denis était à peine redevenu loup qu’il s’interrogea, tout en trottant vers sa demeure, sur l’étrange frénésie qui l’avait saisi sous sa défroque d’homme. Lui si doux, si calme, avait vu s’envoler par-dessus le toit ses bons principes et sa mansuétude (…) Quel grand malheur que cette morsure (…) Heureusement, pensa-t-il, cette pénible transformation va se limiter aux jours de pleine lune. Mais il lui en restait quelque chose – et cette vague colère latente, ce désir de revanche ne laissaient pas que de l’inquiéter. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;Et ce n’est qu’un début. S’il s’agit certes là de la meilleure des treize nouvelles, les douze suivantes ne cessent de nous surprendre par leur originalité. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Un Cœur d’or&lt;/span&gt; : Aulne, qui a volé le trésor du père Mimile, est mortellement interrompu dans sa fuite par la naïve malice d’un gamin, Brise-Bonbon. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Remparts du Sud&lt;/span&gt; : Vian raconte une interminable virée, invraisemblable, détours inclus. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L’Amour est aveugle &lt;/span&gt;: Une ville noyée dans un brouillard aveuglant aphrodisiaque, et la solution des citadins une fois celui-ci dissipé.&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Martin m’a téléphoné&lt;/span&gt; : La banale soirée d’un joueur de trompette et ses deux co-musicaux hollandais en prestation devant le gratin militaro-humanitaire.&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Marseille commençait à s’éveiller&lt;/span&gt; : Le pacte salutaire d’une agente secrète qui demande au boucher de l’égorger plutôt que de remplir son mandat mortel. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Chiens, le désir et la mort&lt;/span&gt; : Un chauffeur de taxi et son étrange cliente nymphomane qui a besoin d’heurter, d’écraser quelque bête animale, sinon humaine, avant de s’envoyer en l’air…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Pas vernis&lt;/span&gt; : Innombrables trouvailles d’un petit escroc qui se fait tour à tour voleur puis revendeur, question d’agrémenter son sursis prolongé.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Une Pénible histoire&lt;/span&gt; : Un passant sauve une fille du suicide…pour mieux prendre sa place…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Penseur&lt;/span&gt; : Les évidentes réflexions d’un petit génie…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Surprise-partie chez Léobille&lt;/span&gt; : L’aventure d’un grand timide qui finit par bien s’en tirer une…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Voyeur&lt;/span&gt; : Pauvre skieur converti en bonhomme de neige par trois skieuses lesbiennes surprises dans leurs ébats. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Danger des classiques&lt;/span&gt; : Comme quoi la lecture des grands classiques peut en allumer plus d’une…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#330033;"&gt;Poétique, érotique, satyrique. Absurdement délirant, absolument délicieux. Un humour, de toutes les couleurs, noir inclus. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;Né en 1920, Boris Vian est surtout connu pour sa personnalité. Fan de femmes et de jazz – Duke Ellington en tête, et de coeur –, il anima longtemps les chaudes soirées de Saint-Germain-des-Prés. L’homme, l’artiste, auteur, compositeur et interprète, notamment de la célèbre chanson &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Déserteur&lt;/span&gt; (mais aussi de poèmes comme J&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;e voudrais pas crever&lt;/span&gt;, de pièces de théâtre comme &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L’équarrissage pour tous&lt;/span&gt;, etc.) meurt à Paris, le 23 juin 1959, en pleine &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Première&lt;/span&gt; de l’adaptation de son roman noir &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;J’irai cracher sur vos tombes&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#330033;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic;color:#330033;" &gt;Pour mieux comprendre l’œuvre, on lira sur l’homme, notamment l’édifiante biographie illustrée « Boris Vian : vérité et légendes », aux Éditions du Chêne.&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-1488248499712787361?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1488248499712787361'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1488248499712787361'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/08/dlire-et-dlivrance.html' title='DÉLIRE ET DÉLIVRANCE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwREL_WmEzI/AAAAAAAAAEE/cZSFaWsyPMw/s72-c/vian.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-1113117272636780710</id><published>2007-08-03T18:14:00.000-07:00</published><updated>2007-10-06T15:23:33.285-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>MOTS À MAUX</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwQ_SvWmEyI/AAAAAAAAAD8/qQgziGelgXQ/s1600-h/41G7WX0MZJL._SS500_.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5117284667781157666" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: pointer; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwQ_SvWmEyI/AAAAAAAAAD8/qQgziGelgXQ/s320/41G7WX0MZJL._SS500_.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;?xml:namespace prefix = o /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;Pierre Jourde, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La littérature sans estomac&lt;/span&gt;,&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;br /&gt;Éditions L’Esprit des péninsules, 2002. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;strong&gt;IN TRO-U&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Le titre, comme l’image en première page, parle de soi. Une littérature qui n’a pas de ventre, avec un bouquin sous une patte de chaise pour la mettre à niveau – et encore. Curieuse coïncidence quand on déguste et digère tout juste l’œuvre de grands hommes, romanciers bien avant le &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;marchié&lt;/span&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Pourtant, il n’y a pas que des grands. Il y a des petits, genre Dupont-Dupond &amp;amp; monsieur-tout-le-monde format chiant et géant, qui se veulent et se vêlent encore plus grands. Ça fait des tout-petits. Des minuscules, qui se vendent et se vantent encore plus couramment, en majuscules. Je le savais et ça me suffisait; comme pour les films de série D – &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;débile&lt;/span&gt; –, je ne m’y intéressais guère. Mieux à faire. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;C’est donc malgré moi que je tombe sur cette fiévreuse analyse – diatribe! – de Pierre Jourde, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La littérature sans estomac&lt;/span&gt;, Éditions L’Esprit des péninsules, 2002. Prix de la Critique de l’Académie française. À la fois, ça craint et redonne confiance. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Ça craint parce que ce type de littérature en vogue – mais sans vigueur – révèle beaucoup sur la nature du lecteur &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;devant &lt;/span&gt;et de l’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;auteur derrière &lt;/span&gt;– dedans! – ces &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;œuvres&lt;/span&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Le pire, c’est que « des textes factices, des phrases sans probité, des romans stupides ne restent pas enfermés dans leur cadre de papier. Ils infectent la réalité. Cela appelle un antidote verbal. » Heureusement, on peut encore se défendre, sinon attaquer.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Car Jourde redonne aussi confiance, surtout. Ce qu’on prenait jadis pour du médiocre – sinon de la merde – n’est, somme toute, pas si mal. « Qui se compare se console? » Toutefois, il nous faudra mieux. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Avec &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La littérature sans estomac&lt;/span&gt;, on trouve déjà, mieux : une analyse critique, croquante, mordante, soigneusement ficelée. Qu’un essai – un pamphlet, en fait – fasse mieux que du roman populo, c’est beau, bon et bien. Alors, allons z’enfants. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;(On excusera l’auteur de ces lignes pour tant de citations, mais les auteurs sont généralement plus éloquents que leurs &lt;em&gt;analystes&lt;/em&gt;…)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;PLAN D’ATTAQUE&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Pierre Jourde divise ces &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;hors d’œuvres &lt;/span&gt;en « deux principales espèces, caractérisées par le style : parataxe voyante, minimalisme syntaxique, lexical et rhétorique (&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;écriture blanche&lt;/span&gt;). Inversement, syntaxe complexe, métaphores flamboyantes, énumérations (&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;écriture rouge&lt;/span&gt;). » S’y greffe une troisième espèces, plus récente, qui remporte un certain succès : l’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;écriture écrue.&lt;/span&gt; Folklorique, elle s’égare entre les deux espèces précédentes, bourrée de « petits objets du quotidien, gens de peu, prose poétique, effets stylistiques discrets mais repérables (…); elle fait accroire que son originalité tient à la modestie de ses objets. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Pourtant, pour ces nains de la littérature, devenus géants par l’artifice des choses et l’archi-farce des &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;choses &lt;/span&gt;(leur sale don de la répétition se fait contagion! Vous verrez : voyez!?), c’est la folie des grandeurs – laquelle révèle nulle (en effet) autre &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;chose&lt;/span&gt; que leur petitesse. Ce qui les distingue? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Leur audience: certains on touché un très large public (Houellebecq, Delerm, Angot, Beigdeber), d’autres demeurent relativement confidentiels (Redonnet, Chevillard); leurs genres: les romances sentimentales d’Emmanuelle Bernheim voisinent avec les crudités autobiographiques de Christine Angot, les proses poétiques de Philippe Delerm, le théâtre déroutant de Valère Novarina, les romans policiers politiques de Gérard Guégan, la poésie d’Alain Veinstein; leurs styles: rien de commun entre le néo-romantisme flamboyant d’Olivier Rolin, la pauvreté franciscaine de Christian Bobin, la loufoquerie inspirée de Navarina, le réalisme sarcastique ou mélancolique de Michel Houellebecq ou de Frédéric Beigbeder. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Autant de textes variés, avariés à souhaits qui « témoignent de notre tendance naturelle au manque d’exigence, à la régression, au recroquevillement, et les exploitent. » Car ils vendent, même si ce ne sont que trop rarement les meilleurs qui vendent effectivement. « Un auteur au plein sens du terme met du temps à se faire admettre, il ne rapporte pas vite. » Vivants, Vian, Kafka, Dostoïevsky, ont tous vécu maigrement de leurs écrits. Ce n’est certes pas une raison, mais ça en dit long. &lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Heureusement pour le lecteur, comme pour l’auditeur musical, « bien souvent, le &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;grand auteur&lt;/span&gt; découvert à l’occasion de ce genre de &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;coup &lt;/span&gt;ne tarde pas à replonger dans l’anonymat, victime d’un manque de talent dramatiquement associé à une surcharge de succès. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Et quand ils s’accrochent, non plus qu’au livre, mais à « tenir des rubriques, parler de tout et de rien dans des magazines féminins, donner leur avis sur la marche du monde, la littérature, n’importe quoi (…) on a un peu honte, non seulement pour ceux qui s’y livrent, mais pour la littérature en général, peu à peu ravalée par ces auteurs au rang de bavardage journalistique. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;PAMPHLET &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Voici donc la dénonciation détaillée d’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;auteurs&lt;/span&gt; français contemporains ayant publié au cours des années quatre-vingt-dix, et qui ont à tout le moins en commun la pauvreté littéraire. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Par calcul ou par bêtise, (leurs) textes indigents sont promus au rang de chefs-d’œuvre. » Si « la littérature, ce sont des mots qui ne se satisfont pas de n’être que des mots », avec ces auteurs, ils (les mots) sont certainement loin de s’en satisfaire; ils s’en dégoûtent. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Aucun règlement de comptes personnels, comme c’est trop souvent le cas dans le milieu artistique, surtout littéraire, d’autant plus français – qui aime à polémiquer pour polémiquer et, du coup, à se prétendre ‘humblement’ philosophe. Ici, « le jugement concerne à chaque fois l’œuvre dans sa particularité. » Il s’agit donc d’une critique, parfois violente, pas tant de l’‘écrivain’ lui-même que de son écriture et de l’écrit qui en découle. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Des ouvrages médiocres, simples produits d’opérations publicitaires, sont présentés par leurs éditeurs, de manière explicite ou implicite, comme de la &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;vraie littérature&lt;/span&gt;. » À la lecture, on a « le sentiment de se perdre un peu dans la fuite des mots, avec l’idée vague que ce sont de jolis mots. Bref, une &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;impression de littérature&lt;/span&gt;. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Pire qu’un coït interrompu, un accouplement plat qui plafonne, ça laisse un arrière-goût, amer. Si on pénètre le cercle, ce n’est certes pas pour boucler la boucle; autant la boucler – pas notre ceinture; leur gueule! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;On reste sur sa faim, sa soif. Rien pour boucher un coin; à peine si on débouche au coin de la rue…pour dégobiller l’indigeste ingéré. Mais comme l’alcool frelaté, « ils rencontrent un certain succès, en raison même de leur vacuité. » Pourtant, à des miles à la ronde, « on y repère les grands traits d’une esthétique du vide. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;On vous épargnera les extraits, mais « qui, sauf cas de perversion mentale, peut s’infliger le supplice de lire deux cent cinquante page de cette dégoulinade verbale ininterrompue? (…) Bien entendu, personne n’a pu lire ça. En revanche, ça s’est vendu. Le phénomène n’est pas si mystérieux qu’il en a l’air : en littérature, on vend aussi de l’image. Un roman qui a pour sujet un musicien rock devenu épave, roman intitulé &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Cancer&lt;/span&gt;, écrit à dix-sept ans, par un individu (Mehdi Belhaj Kacem) qui fait regard mauvais sur une photo floue en quatrième de couverture, genre attention je ne rigole pas, un tel roman a tout pour plaire aux &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Inrockuptibles&lt;/span&gt;, engendrer de la copie, créer une légende. Peu importe, après tant de valeur ajoutée symbolique, qu’on le lise ou pas. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;D’ailleurs, on ne lira pas. Savoir que ça existe rebute déjà. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Certes, « rien n’est bon ni mauvais en soi. Mais, dans la plupart des cas, on exploite un genre pour laisser croire à un contenu. » Ce &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;genre&lt;/span&gt;, c’est nul autre que celui de « l’autofiction » : témoignage je-me-moi narcissique, tape-à-l’œil sensationnaliste, « réservoirs (bourrés) de clichés » et de ce qui se vend le mieux – sexe et violence, dans un décor exotique. C’est « le bon vieux schéma de la littérature à l’épate. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Tout pour séduire, avec poudre aux yeux, aux nez, à pieds…« L’effacement des personnages, l’éclatement de la narration au profit de la solitude de la voix narrative, servent souvent aujourd’hui d’alibis à la simple absence d’exigence et de talent. (Le second degré, le détournement, l’absence de récit véritable deviennent des signes d’intelligence et de littérarité qui se substituent à l’invention. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;L’élan créateur peine précisément à prendre…son élan. Alors on se pend à son ego. « Ayant l’air de parler des choses, on ne parle que de soi, de sa fine et admirable capacité à accueillir le monde (…) L’écriture devient une petite fête à laquelle il s’invite tranquillement lui-même (…) Le lecteur est en droit de se dire que sa présence n’est pas nécessaire à un repas si le couvert n’est pas mis pour lui. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Alors on peint, on dépeint, on repeint son &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;jardin&lt;/span&gt;, sans vraiment le cultiver. « Voici la littérature microcosmopolite, qui nous envoie des cartes postales touristiques du potager du coin. Ce n’est pas tellement le potager qui est en cause, mais la carte postale. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Il importe dès lors de distinguer les &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;auteurs &lt;/span&gt;qui font semblant de parler des autres pour mieux parler d’eux-mêmes, de l’autre, l’auteur, perle rare, qui parle de lui pour mieux parler des autres. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« La plupart du temps, dans tous ces genres, le résultat est accablant, et sert pour l’essentiel à se rencogner dans le confort de la médiocrité, dans un narcissisme à petit feu, qui n’a même pas l’excuse de la démesure. Pour engendrer autre chose, la confession exige une stature humaine dont ceux qui la pratiquent sont fréquemment privés. Reste cette excuse de la médiocrité : la sincérité. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Mais ne sont-il pas tous lucides, sincères, authentiques, ces &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;auteurs &lt;/span&gt;qui disent tout, et tout cru?&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Le sexe, le vomi, le caca, c’est pour montrer qu’on ne triche pas, qu’on baigne dans le réel. » Dans ce contexte, on en vient (presque?) à regretter qu’il (l’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;auteur&lt;/span&gt;) ne s’y soit pas noyer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Autant « de romancules, donc, qui ne s’engagent pas et qui n’engagent à rien. On les aborde et on les quitte sans émotion. On a parfois rien détesté, mais on n’a rien aimé… »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Certes, « tout écrivain vise un objectif semblable : réconcilier, dans le livre, le dire et l’être. On ne peut pas reprocher (à Éric Holder ou à quiconque) de tenter, à sa manière, la synthèse. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Et quelle synthèse! « Une synthèse qu’ils exhibent plus qu’ils ne la réalisent (…) Au moyen de quelques artifices assez rudimentaires, il ne s’agit pas de faire de la poésie, mais bien de ‘faire poétique’. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Dans un monde où les trois quarts de ses enfants crèvent de faim et de soif, où les autres dépensent 33 milliards de dollars en produits cosmétiques, faussement esthétiques, pas étonnant qu’on se trouve, s’égare et se retrouve dans le factice et, du coup, le ‘front page’. &lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Quand on croise une aberration, il importe de la reconnaître et, dès lors, de la dénoncer. Pourtant, dans le monde littéraire, on évite. « Le fait qu’on ne puisse pas toucher à un livre illustre la pensée gélatineuse (d’aujourd’hui) : tout est sympathique. Le consentement mou se substitue à la passion (…) L’éloge unanime sent le cimetière. La critique contemporaine est une anthologie d’oraisons funèbres. On ne protège que les espèces en voie de disparition. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Jourde ne dénonce pas que la médiocrité littéraire, mais aussi, surtout, la complicité de tout ceux et ce qui s’imposent comment autorités, autoritaires, du monde de la plume. « L’écriture produit, (l’édition publie, et) la critique défend, sous le masque de l’exigence, de la littérature bas de gamme. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;LA TEMPÊTE « SOLLERS »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Dès le premier chapitre après introduction de rigueur, Jourde se lance à l’assaut de « L’organe officiel du Combattant Majeur : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Le Monde des livres&lt;/span&gt; et Philippe Sollers. » &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Monument &lt;/span&gt;littéraire français, Sollers, le &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;dictateur&lt;/span&gt;, le &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Monstre des livres&lt;/span&gt; s’est de longue date autoproclamé « spécialiste de la défense des libertés. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Comme « il n’est guère de dictatures qui ne se réclament de la démocratie et de la liberté », Sollers pourfend la tyrannie de l’autre pour faire oublier la sienne…Le &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Grand Libérateur&lt;/span&gt;, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;l’homme de génie&lt;/span&gt;, distribue, du haut de sa stature, les lauriers littéraires à qui bon lui semble. Pour les autres, les irritants, Sollers, irritable, intraitable, ne saurait les tolérer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Mais Sollers ne fait pas que vendre des livres. Il écrit aussi. Son dernier-né : « Éloge de l’infini. » Mille cent pages qui regroupent ses réflexions sur tout et sur rien…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Viviane Sauvageau, « la talentueuse thuriféraire capable d’écrire, dans un style d’enfant de chœur freudien étourdi au vin de messe », fière, fiévreuse et fidèle collabo d’entre les nains et niais fidèles de Sollers, souligne dans son « ébriété stylistique » l’infaillibilité de son maître, infatigable, et ce, dans « un style inventif et subtil d’un garde rouge : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;quelle luminosité, fête de l’intelligence (…) combattant majeur &lt;/span&gt;(combattant majeur au même titre que Baudelaire, Artaud, Mallarmé, Rimbaud). » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Insatiable, elle en rajoute et insiste sur « l’altitude inouïe de sa pensée, habile à livrer l’essentiel de la pensée des autres combattants de la liberté, tous précurseurs de Sollers » (Pascal, Saint Augustin, Proust, etc.) &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Citant le &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Grand Combattant&lt;/span&gt; lui-même discourir &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;humblement &lt;/span&gt;à propos de son œuvre &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;propre&lt;/span&gt;, elle précise avec Lui : « Il ne s’agit pas ici d’un recueil mais d’un véritable inédit, chaque texte ayant toujours été prévu pour jouer avec d’autres dans un ensemble ouvert ultérieur. Dans un tel projet, encyclopédique et stratégique, les circonstances doivent se plier aux principes. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Pour mieux nous situer, Jourde nous éclaire encore : « C’est impressionnant. Si l’on traduit, cela veut dire que Philippe Sollers aurait pu écrire un grand ouvrage &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;encyclopédique&lt;/span&gt;, qu’il ne l’a pas écrit, mais qu’une certaine cohérence se retrouve dans l’ensemble des articles recueillis. Bref, il s’agit d’un recueil d’articles. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Telle est l’impression générale qui se dégage d’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Éloge de l’infini&lt;/span&gt; : Philippe Sollers a toujours tout compris avant tout le monde, chacun vit dans l’erreur, la pauvreté mentale, le ressentiment, la misère sexuelle… » Mais pas Philippe Sollers. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Mais oui&lt;/span&gt; ou &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;comment donc&lt;/span&gt; reviennent à tous les détours de phrase (avec l’idée, sans doute, que &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;comment donc&lt;/span&gt; fait très XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, marquis insolent, etc.), ponctuation peu radoteuse qui manifeste superbement que ce qui vient d’être dit n’a pas besoin d’être mieux étayé, puisque c’est l’auteur qui le dit. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Après avoir cité Sollers qui, fin connaisseur, énumère les artistes de génie et vrais penseurs du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle « qu’il utilise pour les édulcorer », Jourde conclut : « C’est passionnant. Ça a bien un petit côté conférence de musée pour université du troisième âge, ou toast pompeux de banquet III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; République, mais quelle culture. Quelle sûreté, en outre, quelle audace dans le jugement. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Ici encore, on reste sur son appétit. Une sucrerie pour finir? Mieux : une devinette. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Soit un écrivain fin de siècle qui a traversé de multiples allégeances esthétiques, appartenu à bien des écoles, de l’avant-garde au racoleur, publié dans tous les genres; qui a exercé un grand pouvoir dans le monde littéraire par sa mainmise sur des périodiques importants; qui a fini comme une sorte d’écrivain officiel auquel les ministères font des commandes. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Philippe Sollers…Lassant…Laissons. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;EN TRÈS GROS-SIER &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Après le &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;gros canon&lt;/span&gt;, les petits calibres. Jourde les passe tous au crible : « Pierre Autin-Grenier ou la philosophie de comptoir »; « Philippe Delerm ou la littérature de confort »; le &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Cinéma &lt;/span&gt;de Tanguy Viel, « ennuyeux » et « mal écrit »; « La rédemption par l’idiotie » de Valère Novarina, « illisible »; la « platitude de Houellebecq » et sa tendance à « universaliser la bassesse »; « Le zéro absolu : Pascale Roze »; ou, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;mieux&lt;/span&gt; encore, l’&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;art&lt;/span&gt;de la répétition chez Christine Angot. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Avec &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;L’inceste&lt;/span&gt; de cette dernière (espérons!), on fracasse les records. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« J’accouchais de Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore Léonore Marie-Christ… » J’abrège. Ça continue sur dix lignes! Plus loin, toujours dans le même bouquin : « Excitation et excitation, joie et joie, et puis déception et déception et déception… » Sur quatre lignes. Chute : « Déception. » Plutôt décevant, en effet. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Ou dans &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Quitter la ville&lt;/span&gt; – Non, ce n’est pas de Nelly Arcand… –, Angot ne trouve rien de mieux à faire que de parler de ses ventes. Sans doute, ça vend, même si on n’en a rien à foutre. Ça débute comme ça s’essuie.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Je suis cinquième sur la liste de l’Express, aujourd’hui 16 septembre. Et cinquième aussi sur la liste de Paris Match dans les librairies du seizième. Je suis la meilleure vente de tout le groupe Hachette… » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Et ça continue…Fine mathématicienne (meilleure que romancière, sans doute), elle enchaîne, calcule, déchaîne son génie. &lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;« Sur une base de 50 000 exemplaires vendus, Jean-Marc et Philippe Rey ont calculé qu’ils me doivent, avant déduit l’avance, environ 700 000 francs. Les droits d’auteurs, les droits poche, 200 000… » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="EN-US"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Et ça continue. Ça c’est de la littérature! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Jourde conclut avec un appel solennel à la générosité du public pour amasser les 140 000 francs que le Ministère de la Culture a refusé à la pauvre Christine Angot pour son année sabbatique…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Celle-ci, sale, passée à tabac, Jourde retrace des vedettes littéraires connues ou moins connues, comme Camille Laurens, qui &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;acceptent de la prostituer leur personne privée à leur notoriété, mais qui ne voudraient surtout pas qu’on leur manque de respect&lt;/span&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« On tombera sur un morne alignement de figures obligées qui ne ferait plus rougir que des chaisières de Saint-Flour, mais qui pourrait à la rigueur susciter les prémices d’un raidissement chez un notaire tourangeau gavé au Viagra. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Les chutes, « en forme de phrase nominale, brève et sèche…purement syntaxique, formelle, vide », comme chez François de Cornière et &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Surface de réparation&lt;/span&gt; : « Et ils couraient. Oubliaient tout…On aurait dit un ange. Qui connaît son rôle. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Philippe Delerm a parfaitement raison : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;La Première Gorgée de bière&lt;/span&gt;, au début, c’est bon, mais très vite, on boit &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;avec de moins en moins de joie&lt;/span&gt;, on n’éprouve plus qu’un &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;empâtement tiédasse&lt;/span&gt;. » Quand ce n’est tout simplement pas la nausée qui vous prend pour cause d’abus de ce breuvage frelaté. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Jourde n’oublie certes pas Beigbeder, sans doute le plus connu de la troupe. Celui qui transpire d’une « fraîcheur de vivre » aussi contagieuse que son « humour juvénile (…) vous bricole un roman comme certains préadolescents bricolent des programmes informatiques (…) Stylistiquement, on reconnaît souvent un mauvais écrivain aux efforts qu’il fait pour paraître avoir du style, à ses affectations de trouvailles qui le font fatalement écrire comme tout le monde. Frédéric Beigbeder est un bon écrivain. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« L’auteur a compris deux principes essentiels de l’art du roman : A – ne jamais faire apparaître un personnage sans le caractériser rapidement et concrètement. B – comme ce personnage est secondaire, le caractériser toujours de manière négative, ridicule, afin que le lecteur éprouve une agréable sensation de supériorité. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Avec &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Dernier inventaire avant liquidation&lt;/span&gt;, Beigbeder « pond sur les écrivains du XXe siècle un étron de deux cents pages. Le geste va loin dans le symbolique. Il signifie : voyez, ce n’est pas si difficile, tout cela est à vous comme à moi, tout cela est notre image, ces grands livres c’est vous, c’est moi, c’est de la bonne, de la suave, de l’intime, de la puissante, de la sublime merde. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Et dans ses œuvres qu’il voudrait bien voir surgir au sommet du palmarès littéraire, &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Bègue Pédé&lt;/span&gt; se met plus qu’en branle; il décharge sa purée génie, mi-cosmique, mi-génitale – rien de comique ni comestible; à peine combustible.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;« Grandiose scène finale de la mort du héro (violons, flou, surexposition) : ‘sombrer; travers le miroir; enfin se reposer; faire partie des éléments; des ocres propres aux rayons pourpres (…); boire des larmes de rosée; le sel de tes yeux; leur bleu rigoureux; tomber; faire partie de la mer (…) crawler entre les anges et les sirènes; nager dans le ciel; voler dans la mer; tout est consommé.’ » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Ah! Bon (?). « Du moment que l’écrivain s’exprime comme le premier venu (!), c’est sûr, il resserre le ‘lien collectif’ autour de quelques vérités premières. » &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Tout est consommé&lt;/span&gt;. En attendant que ce soit bel et bien le cas, nous pourrons toujours nous bercer, nous berner des illusions, bornées, de Beigbeder le mort-né, qui « passeront (assurément) à la postérité » : « Cabrioles en cabriolet », « un caméléon camé », « hauts de hurlements », « végètent au milieu des végétaux »… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;Trêve de &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;phonobranlette&lt;/span&gt;! comme disait si bien Boris Vian. D’ailleurs, une fringale me ramène à lui. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"  style="color:#663333;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;span style="color:#663333;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Post Mortem : Contrairement aux précédentes chroniques littéraires, je ne suggérrerai guère de références additionnelles aux lecteurs désireux d’en savoir plus sur les sujets étudiés par Jourde. La seule lecture des extraits nous gardera bien d’en redemander. Pour les pervers, vous avez les noms...&lt;/span&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-1113117272636780710?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1113117272636780710'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1113117272636780710'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/08/mots-maux.html' title='MOTS À MAUX'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RwQ_SvWmEyI/AAAAAAAAAD8/qQgziGelgXQ/s72-c/41G7WX0MZJL._SS500_.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-3484177925145076695</id><published>2007-07-22T15:37:00.000-07:00</published><updated>2007-09-10T20:25:13.707-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>SIMPLEMENT (sic) SARKO!</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqPe6xWgNaI/AAAAAAAAADU/6pTRzkIYhbM/s1600-h/Sarko.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5090157105120294306" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqPe6xWgNaI/AAAAAAAAADU/6pTRzkIYhbM/s320/Sarko.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;"Nicolas Sarkozy, de Neuilly à l'Élysée",&lt;br /&gt;Bruno Jeudy, Ludovic Vigogne,&lt;br /&gt;L'Archipel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une référence, comme ça, en passant.&lt;br /&gt;J'ai pas encore lu, mais ça viendra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au banquet de vendredi dernier, mon joyeux voisin de table, toujours aussi marrant, me glisse la suivante:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Jacques Chirac, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy arrivent au Paradis. Saint-Pierre interroge: 'Quelle est, selon vous, votre place ici-haut?' Chirac: 'À votre droite.' Royal: 'À votre gauche.' Sarko: 'Vous êtes assis à ma place!'"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Belle intro pour celui qui affirmait (ironiquement?) en campagne électorale : "Je serai un Président comme Louis de Funès dans &lt;em&gt;Le grand restaurant&lt;/em&gt;: servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J'adore!"&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Éloquent. Ça ne dit pas tout, certes, mais ça en dit long. Comme son nez - et ceux de ses prédécesseurs, d'ailleurs. À ce propos, de nez donc, et plus généralement de physionomie, on bénéficiera d'une consultation de l'ouvrage original de &lt;strong&gt;Charles Le Brun&lt;/strong&gt;, intitulé &lt;em&gt;&lt;strong&gt;De la physionomie humaine et animale&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, qui établit un lien entre physique et caractère humains et animaux. Voir surtout les fascinantes gravures des dessins illutrant cette thèse à &lt;a href="http://www.maitres-des-arts-graphiques.com/-EXBfa.html"&gt;http://www.maitres-des-arts-graphiques.com/-EXBfa.html&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-3484177925145076695?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/3484177925145076695'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/3484177925145076695'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/07/simplement-sic-sarko.html' title='SIMPLEMENT (sic) SARKO!'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqPe6xWgNaI/AAAAAAAAADU/6pTRzkIYhbM/s72-c/Sarko.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-458520262159848998</id><published>2007-07-18T15:55:00.000-07:00</published><updated>2007-07-24T16:08:51.011-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>ÉLOGE DE L’AVENTURE</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqaGRRWgNeI/AAAAAAAAAD0/oo4kNtbOFYM/s1600-h/corto2.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5090904060062610914" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqaGRRWgNeI/AAAAAAAAAD0/oo4kNtbOFYM/s400/corto2.bmp" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;L’album Géo, « Le monde extraordinaire de Corto Maltese », d’Hugo Pratt, Casterman, 2002.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu connais Corto Maltese? »&lt;br /&gt;Jamais entendu parlé. Pépé a de ces idées, sans doute à force de voyager. Par une belle soirée d’été, sur la terrasse du café, Véro notre amie commune me l’a présenté. Un Suisse, superbe, allumé, comme Hugo Pratt, le père du « héro ». À entendre Pépé, volubile, parler « de tout et de rien », du Che (Amériques), de Massoud (Afghanistan) ou de Sankara (Afrique), aucun doute que son Corto me plaira. D’ailleurs, il me plaît déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né à Malte en 1887 d’une mère gitane de Séville et d’un marin britannique des Cornouailles, Corto Maltese est de toutes les aventures. Privilégiant la voie des eaux, ce jeune et fougueux loup de mer parcours la terre entière sur tous les « vaisseaux » : une jonque chinoise ou un catamaran fidjien, voire une canonnière ou un sous-marin quand la guerre se déchaîne – comme c’est trop souvent, toujours le cas. Des îles pacifiques – Pâques incluse – aux sommets andins, en passant par la route de la soie, la jungle amazonienne et la Corne d’Afrique, le héro nous emmène avec lui au fil de ses péripéties. Autant de voyages, de « navigations lentes, au gré des vents, vers d’improbables trésors ou des rendez-vous mystérieux, qui laissent à Corto le temps de rêver à son aise » (Jean-Yves Durand) – tout comme nous, avec lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ami de tous les hommes (ou presque…) et de tous les peuples (surtout), le célèbre marin nous fait découvrir tour à tour la vie, la magie des Danakils d’Afrique ou des Maoris du Pacifique, ponctuant ses aventures d’autant de rencontres fortuites avec les « notables » de ce monde : Ezra Pound le poète, Hemingway l’aventurier, sinon Raspoutine, le mystérieux moine russe qui deviendra son ami fidèle – l’antithèse et le complément, le côté obscur du héro. Cynique et romantique animé d’un humanisme désarmant, Corto appelle surtout à la curiosité et au respect de l’autre. D’aventures en aventures, celui qui aurait bien pu apostropher Alexandre Le Grand – « Comment se fait-il qu’avec mon seul navire, vous m’accusiez de piraterie, alors que vous, avec votre flottille, vous vous couronniez empereur? » – dénonce en fait l’absurdité de l’impérialisme et des nationalismes qui déchiraient déjà le monde de l’époque : 1904…1914…1924…Son épopée, c’est l’éloge de l’ouverture à l’autre, de la tolérance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute parce que son « père », le Suisse Hugo Pratt, a très tôt tâté l’opposé : le fascisme. Né le 15 juin 1927, il devient en 1941 « le plus jeune soldat de Mussolini », son père l’ayant enrôlé dans la police coloniale d’Abyssinie. Passé du côté allié en 1944, il débute sa carrière d’illustre dessinateur à la fin de la guerre, avant de bourlinguer comme son futur « bébé », notamment en Amérique du Sud – Brésil, Buenos Aires… Autant d’expériences qui feront germer en lui le personnage de Corto Maltese, qui apparaît pour la première fois dans le paysage de la BD en 1967, avec la « Ballade de la mer salée. » Début décennie 70, Pratt récidive avec Corto, chez Casterman, quatre fois plutôt qu’une : « Sous le signe du Capricorne », « Corto toujours un peu plus loin », « Les Celtiques », et « Les Éthiopiques ». Le plus célèbre marin de la BD a le vent dans les voiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le souligne si justemen Jean-Yves Durand, « le sens du détail révèle la documentation de l’auteur et les connaissances qu’il a acquises au cours de ses nombreux voyages. » En quelques traits, tous précis, Pratt sait en effet « rendre l’âme » à l’histoire – la Première Guerre mondiale… –, donner vie aux mythes – l’Atlantide… –, immortaliser son héro papier parmi tous les autres ayant foulé de plein pied le sol de la réalité – Enver Pacha, Joseph Staline, Butch Cassidy…Tout ça dans un souci continu de fidélité historique, de rigueur scientifique qui, sans exclure les innombrables références mythiques aux rituels mystiques, confond le lecteur plus souvent qu’à son tour : « Corto a-t-il jamais existé? » Qui sait? En fait, « Hugo Pratt, c’est Corto Maltese » (Jean-Claude Guilbert).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui « ne (s)’interroge pas sur dieu, mais sur les hommes » adorait jouer sur les deux plans, à la frontière même où se rejoignent et se confondent science et fiction. Car si les aventures de Corto, « contemporain des dernières heures de gloire de la marine à voile » (Jean-Yves Durand), se terminent officiellement en 1925, quand les trois mâts sont remplacés par les paquebots, on ne peut s’empêcher d’imaginer, avec Michel Pierre, la suite du récit : « En vieillissant, Corto Maltese s’isole de plus en plus sur des plages désertes. En 1955, une ultime aventure le conduit dans le Golfe du Saint-Laurent où il aurait disparu lors d’un naufrage. Pourtant, certains affirment l’avoir aperçu plus tard dans le Pacifique. De toute façon, ce marin romantique a encore un bel avenir devant lui » – et ce, malgré le décès de son père, Hugo Pratt, le 20 août 1995.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette œuvre collective colorée, sorte d’encyclopédie richement illustré, nous invite à découvrir « Le monde extraordinaire de Corto Maltese », y compris – outre les titres d’ores et déjà mentionnés ci-dessus – « Fable de Venise », « La jeunesse de Corto », « Corto Maltese en Sibérie », « La maison dorée de Samarkand », « Tango », « Mû »…&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;em&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le site officiel: &lt;a href="http://www.cortomaltese.com/"&gt;http://www.cortomaltese.com/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-458520262159848998?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/458520262159848998'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/458520262159848998'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/07/loge-de-laventure.html' title='ÉLOGE DE L’AVENTURE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqaGRRWgNeI/AAAAAAAAAD0/oo4kNtbOFYM/s72-c/corto2.bmp' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-7899892022673588097</id><published>2007-07-13T12:40:00.000-07:00</published><updated>2007-07-24T16:16:26.999-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le Sort Tire'/><title type='text'>À LA (B)LILIOTHÈQUE</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;« La littérature est à la fois solitude et communion, descente au fond de soi et ouverture au monde des humains infiniment variés, infiniment semblables. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« T’as beaucoup voyagé! » de s’exclamer mon interlocuteur, visiblement impressionné.&lt;br /&gt;« Si peu » mime-je, franchement perplexe.&lt;br /&gt;« Trêve de fausse modestie! » de trancher l’interloqué.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pourtant…Si je retiens bien une leçon des quelques aventures et nombreuses rencontres de mes trois dernières décennies de vie sur terre, c’est que plus j’en apprends – sur moi, l’autre, la vie... –, plus je comprends que je ne sais rien. Ou si peu. Pareil à l’astronaute ou l’alpiniste qui, au sommet de son art, prend toute la mesure de sa petitesse.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Petit bonhomme de chemin faisant, une pause – repoussée depuis longtemps déjà – s’impose, question de digérer les dernières allées et venues avant de mieux rédiger à leurs propos. Mais où aller? Il y a certes le plein air québécois, sur lequel nous reviendrons à coup sûr. Entre-temps, direction le temple des recueils et du recueillement : la bibliothèque.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Située au pied de la « haute » ville de Québec, à la frontière du « vieux » et du « nouveau » quartier St-Roch, la Bibliothèque Gabrielle-Roy s’avère un choix qui va de soi. Inaugurée au printemps 1983, l’institution culturelle la plus visitée de la Capitale Nationale offre un environnement riche et accueillant qui se distingue notamment des bibliothèques universitaires – dont le nombre et la diversité des collections compensent à peine la froideur des lieux. Ici : le tapis des planchers, les grandes baies vitrées, le chant de la chute même, qui monte du rez-de-chaussée; autant d’atouts qui assurent une ambiance tamisée propice à la détente, la recherche, la lecture, le recueillement, voire l’écriture des jeunes et moins jeunes.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La porte d’entrée franchie, un petit rouquin fait le tour du monde en quatre-vingt pages d’un atlas illustré 3D. Sur ma gauche, au-delà des nouveautés, le clodo de la rue Xi’an (!) passe quelques-uns des quatre cent quatre-vingt-dix-neuf périodiques en revue; sur son divan flanqué de plantes maison, on le croirait passé au salon. Dans l’escalier qui mène au deuxième étage, une lunatique trébuche, le nez dans son dernier…Harry Potter. Sur ses talons, une grande aux yeux en amande l’évite de justesse en protégeant soigneusement les douze briques qu’elle porte précieusement contre son sein.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;À l’étage, une dame aux cheveux de neige fouille minutieusement les archives « génialogiques ». Entre deux rangées, une jeune femme repose ses jambes molles dans sa chaise roulante, immobilisée pour l’occasion devant les prouesses de Terry Fox, le Canadien. Plus loin, un grand timide contemple une à une les mille trois cent trente-quatre œuvres d’arts disponibles – des reproductions de « Grands Maîtres », pour la plupart. Sinon, les références, SVP? En arrivant « au troisième » tel qu’indiqué par la précieuse aide aux lecteurs, un aveugle sort à tâtons de l’ascenseur. Direction? La section multimédia, sans doute, riche de plus de trente mille documents -- vinyles, CD, VHS, DVD, etc. --, films inclus, du citron "Les voisins 2" au classique "Citizen Kane".&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Voilà enfin ce que je cherchais : « Dictionnaire des symboles », de Chevalier et Gheerbrant. Un des deux cent vingt quelques milles livres que compte la bibliothèque. Des contes de Grimm ou d’Andersen aux Traités de Hume ou De Vinci, en passant par les récits de Monticone ou les mémoires de Chateaubriand, on trouve ici de tout, sur tout. Les « Esclaves de l’amour », nouvelles du Norvégien Knut Hamsun, ou encore « La kulture en abrégé », essai du poète Ezra Pound; des guides de voyage sur l’Arctique, l’Asie, la Patagonie; des romans exotiques portugais, maltais, antillais; des contes érotiques africains, guadeloupéens; des analyses géopolitiques amères, acerbes; des ouvrages scientifiques de musicologie, numérologie, orfèvrerie…; des BD européennes, québécoises même; et que sais-je encore? Si peu, trop, y compris les chef-d’œuvres québécois, de VLB à Gérald Tremblay, qu’il me reste encore à découvrir.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Bref, tout ce qu’il faut pour instruire et divertir les quarante et quelques milles abonnés et tous les autres qui ne font que passer. Comme les soixante-treize mille cinq cent huit participants aux huit cent quatre-vingt-trois activités d’animation de 2006 : spectacles, conférences, soirées de contes...plus vingt-huit expositions visuelles, dont la dernière qui exposait noir sur blanc la richesse de l’entraide en milieu défavorisé.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L’auteure de &lt;em&gt;Bonheur d’occasion&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;La détresse et l’enchantement&lt;/em&gt; aurait de quoi être fière.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je le suis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Visite virtuelle:&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.bibliothequesdequebec.qc.ca/"&gt;http://www.bibliothequesdequebec.qc.ca/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-7899892022673588097?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7899892022673588097'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7899892022673588097'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/07/la-bliliothque.html' title='À LA (B)LILIOTHÈQUE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-8457624872611916314</id><published>2007-07-05T16:09:00.000-07:00</published><updated>2007-07-24T16:14:11.082-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le Sort Tire'/><title type='text'>"Au musée, la Civilisation!"</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;L’expression est, je crois, d’Henry Miller. Alors j’y suis allé, au Musée de la Civilisation (&lt;a href="http://www.mcq.org/"&gt;http://www.mcq.org&lt;/a&gt;). À Québec. Une aubaine! Dix dollars la journée, pour contempler huit expositions. J’en aurai fait quatre, faute de temps quand on le prend vraiment.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DRAGONS : ENTRE SCIENCE ET FICTION&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatre expositions donc, à commencer par celle des dragons – de loin, mais surtout de près, la plus savoureuse. Fruit hybride du Muséum national d’histoire naturelle de France et du Département de la Moselle (France), l’exposition présente brillamment les milles et une facettes du dragon et ce, d’autant de manières différentes. Car ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est la grande diversité de la collection. C’est ainsi qu’on découvre la bête légendaire à travers, outre les jeux vidéo interactifs, une série d’œuvres littérales, picturales, sculpturales, architecturales…Monumental!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Au cœur de la première salle, un globe terrestre tournoie lentement sur son axe, avec en relief les diverses représentations du dragon, selon époques et continents. Naga, par exemple, dragon féminin et indonésien du IVe siècle de notre ère : avec son corps de serpent et son visage souriant, elle assumait surtout un rôle protecteur. Comme quoi le dragon n’est pas que symbole du Mal tel que perçu et dépeint par le Christianisme. Pour les férus de Jésus, le dragon serait en fait un ange déchu, un serpent ancien, l’incarnation du diable, vedette du Livre de l’Apocalypse « qui égare ses victimes pour mieux les engloutir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant se ressaisir. Sur la gauche, à côté de l’écran techno-tactile qui dévoile la constellation du Dragon, une sombre peinture qu’on jurerait – au premier coup d’œil – de Goya. En y regardant de plus près, ça se précise : c’est un Salvator Rosa (1615-1673), splendide, intitulé « Jason charmant le dragon. » Pour récupérer son trône, le premier ramène au roi la toison d’or gardée par ce dernier, archétype du pouvoir et de la richesse. Au sortir de cette fascinante aventure mythologique, on s’y croirait pourtant toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas étonnant! Plus loin devant, repose paisiblement un impressionnant (moulage de) crâne de Tyrannosaure, les vestiges du Jurassique ayant longtemps alimenté le mythe des dragons. Car le dragon, c’est un peu cela, en fait : un grand reptile, genre crocodile, à gueule et queue puissantes, certaines variétés étant même dotées d’ailes. Pour sa part, le naturaliste suisse Conrad Guessner (1516-1565) répartissait les dragons en trois catégories : les serpents géants de l’antiquité, les serpents ailés (du Moyen Âge?), et les « véritables dragons, dont certains spécimens auraient survécus dans les montagnes. » De quoi faire rêver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme cette suite de toiles lumineuses, reproductions numériques des œuvres de Jacques Lamontagne, ou, mieux encore, les tableaux modernes et combien colorés de Christian Duguay (1957-    ), dont son « Baptême de l’air » (2006?), acrylique sur toile révélant une délicieuse femelle dragon volant en direction de son homme et son enfant – tous deux dragons! – juchés au sommet d’une falaise…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’exposition se poursuit, et donne aussi des ailes, avec tout ce qu’il faut pour à la fois maintenir et démystifier le mythe : mobiliers et décorations – table et chaises en bois massif, lustre et chandeliers en fer forgé, tous ornés de dragons finement ciselés –, surtout d’Asie, mais aussi d’Europe, chaque pièce rivalisant d’extravagance dans ses formes, ses couleurs, ses dimensions…démesurées. Au détour d’une autre salle, un dragon de soie, chinois, symbole de renaissance en Asie; j’apprends d’ailleurs que le nouvel an chinois arrive avec le printemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De là, direction l’Italie. Sous verre, deux splendides pièces de guerre, ayant probablement appartenues à de hauts gradés militaires: une bourguignotte (casque, 19e siècle) et une rapière (arme, 17e siècle), toutes deux ornées d’un superbe dragon élancé protégeant celui qui en porte l’effigie. Et quoi encore? Des étoffes, broderies, tapisseries, pour le conquérant de retour au palais, et les sculptures architecturales d’Henry Beaumont pour en garder l’accès : notamment, son « Griffon » de 1888 en grès rouge, « ce lion ailé à tête d’aigle qui symbolise la double nature de l’humain où s’affrontent les forces du bien et du mal. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dragon, donc : mythe ou réalité? Si les preuves scientifiques ne peuvent confirmer l’existence de ces brûlantes légendes, on préférera toujours continuer de rêver. Rêver qu’ils ont déjà foulé l’air, le sol et les mers de notre planète ou, mieux encore, qu’ils survivent bel et bien, ici et aujourd’hui, quelque part à l’abri des regards indiscrets. Heureusement d’ailleurs. Car à voir comment l’homme « moderne et civilisé » (mal) traite les siens, autant se tenir peinard, sans quoi, c’est l’extinction à coup sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NOUS, LES PREMIÈRES NATIONS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après les dragons, direction Premières Nations. Rien d’une fiction. Une réalité, magique, tragique, historique, bourrée de frictions. Ce qui s’explique : « L’inconnu effraie autant qu’il intrigue. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On en aura mis du temps pour reconnaître qu’ils Sont. Encore plus pour connaître Qui ils Sont. Car les autochtones, d’ici et d’ailleurs, ont bien faillis y passer, y rester…Mais ils ont su vivre, ont survécu, comme en témoigne l’exposition permanente qui leur est consacrée, intitulée « Nous, les Premières Nations. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce qu’il n’y en n’a pas qu’une, « première nation », mais bien onze! Et on les connaît si peu, trop peu. Cris, Hurons, Innus (Montagnais), Inuits, Micmacs, Mohawks, Malécites, Naskapis, Abenakis, Algonquins, Atikamekw; Onze Nations autochtones qui ont encore tant à nous apprendre, à commencer par une philosophie de vie connectée à la nature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Origines historiques, organisation sociale, techniques de survie, réalisations artistiques, relations à l’autre et à la nature, contribution au développement économique du Québec comme du Canada…Autant des particularités originales occultées par les « brèves médiatiques » qui se résument trop souvent aux « troubles sociaux » et autres accords commerciaux, tous bien réels mais combien réducteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors vite, avant que ne s’éteignent, non pas ces Premières Nations, mais bien leurs traditions dont le plus grand défi reste encore aujourd’hui leurs mariages à ce qu’on appelle le « Progrès. » Car avec elles se perpétue un des plus beaux héritages, toujours vivant, de cette fascinante « Conquête » des Amériques et, surtout, de tout ce qui la précédait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AU PÉROU AVEC TINTIN&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une « Conquête » qui aura fait bien des ravages, comme en témoigne la disparition d’un empire millénaire : celui des Incas. Un empire dont Pizarro son Conquistador s’émerveilla sincèrement…avant de l’achever pour mieux l’anéantir. Cinq siècles plus tard, Tintin en découvre pourtant les vestiges bien vivants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À travers une riche collection de plus de deux cents objets péruviens, dont la célèbre momie qui inspira le personnage de Rascar Capac, l’exposition « Au Pérou avec Tintin » tente donc le coup. Cadeau des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Belgique et de la Fondation Hergé, elle célèbre non seulement les merveilles historiques et culturelles du petit pays andin, mais également le centenaire de la naissance du père du célèbre reporter belge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né le 22 mai 1907 à Bruxelles, Georges Rémi signe ses premiers dessins dès l’âge de dix-sept sous le pseudonyme d’Hergé – ses initiales inversées. À travers vingt-quatre albums, dont « Les sept boules de cristal » et « Le temple du soleil », traduits dans soixante-douze langues, il nous fera voyager de rencontres en aventures sur cinq continents – et la lune… Comme quoi le livre, qui s’inspire et transpire du réel, peu bel et bien nous transporter là où auteur et lecteur ne sont jamais allés…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;TOUS CES LIVRES SONT À TOI&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ces livres…Encore faut-il vouloir et pouvoir les lire…Notre quatrième et dernière exposition de la journée souligne d’entrée de jeu le rôle de l’Église catholique, certes dans la diffusion littéraire avec les premières bibliothèques publiques, mais aussi dans la répression de nombreux écrits jugés « diffamatoires. » En témoignent la dizaine d’œuvres – à défaut de leur auteur : Diderot, Voltaire, Rousseau, Flaubert, Balzac, Hugo – écrouées derrière les barreaux, comme les « Essais » de Montaigne et le « Tartuffe » de Molière. Sans doute parce que les pieux religieux se sentaient visés jusque dans leur monopole et leur doctrine de la foi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le temps, et les gens avec, avancent. Au milieu du siècle dernier, « Le refus global » sonne le glas, prélude de la Révolution tranquille qui suivra bientôt. La deuxième section de l’exposition nous emmène donc sur les ailes d’auteurs récents, contemporains, tel Réjean Ducharme, qui résumait si bien en 1966, dans « L’avalée des avalés », ce qu’est le livre : « Un livre est un monde, un monde fait, un monde avec un commencement et une fin. Chaque page est une ville. Chaque ligne est une rue. Chaque mot est une demeure. Mes yeux parcourent la rue, ouvrant chaque porte, pénétrant dans chaque demeure. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La visite tire à sa fin. Ça donne soif, et faim. À défaut d’une virée au pays des Dragons, des Incas ou des « Indiens » (sic), autant conclure à la Bibliothèque Gabrielle-Roy. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-8457624872611916314?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8457624872611916314'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8457624872611916314'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/07/au-muse-la-civilisation.html' title='&quot;Au musée, la Civilisation!&quot;'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-479100483509000342</id><published>2007-06-28T12:47:00.000-07:00</published><updated>2007-07-21T15:19:36.968-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>LE SALUT DU FEU</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqKCxRWgNZI/AAAAAAAAADM/KzVirJ_2KvA/s1600-h/Fire.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5089774311865070994" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqKCxRWgNZI/AAAAAAAAADM/KzVirJ_2KvA/s400/Fire.bmp" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; « Construire un feu »,&lt;br /&gt;Jack London, Actes Sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trente petites pages, comme autant de branchettes soigneusement posées, une à une, sur le brasier salvateur. « Il savait qu’il ne pouvait risquer un échec. Quand il fait soixante-quinze degrés sous zéro, on ne peut pas échouer dans sa première tentative de construire un feu. » L’auteur, Jack London, y parvient à merveille. Le ton, le rythme de l’écriture est précieusement calqué sur celui de l’aventure, au point qu’on frissonne, angoisse et espère, comme le protagoniste, avec qui l’on se ressaisit d’abords, avant de se résigner à notre tour…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Quelque part dans le Yukon du Klondike, un homme téméraire s’aventure seul avec son « gros chien de traîneau indigène à la robe grise que rien, dans son aspect ni dans son caractère, ne différenciait de son frère le loup sauvage », faisant fi des précieux conseils du vieux sage de Sulphur Creek. L’homme sent – la morsure du froid sur son visage découvert, par exemple – mais la bête, elle, sait. « Son instinct lui parlait plus juste qu’à l’homme son jugement d’homme. » Mais l’homme s’entête.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il s’enfonce dans le jour blanc et froid de l’hiver arctique, question de repérer pour le printemps suivant les possibilités de s’approvisionner en rondins. Une journée, écourtée. Une journée, pour rejoindre les siens, trente miles plus loin, en longeant le ruisseau gelé et, surtout, en prenant grand soin d’éviter les sources qui, elles, ne dorment jamais. Ces pièges vivants qui peuvent vous engloutir, à tout le moins un pied, sinon une jambe, avant de vous engourdir le corps entier. « Il regarda sa montre. Il était dix heures. » Il devrait être rentré pour dix-huit heures.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais « ce qui lui faisait défaut, c’était l’imagination. Il avait l’esprit vif et avisé quant aux choses de la vie, mais seulement aux choses, pas à leur signification. » L’expérience, grand maître par excellence, le lui apprendra.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ce récit qui fut, dit-on, le livre de chevet de Lénine, constitue une envoûtante, invitante introduction à l’œuvre de Jack London (1876-1916), écrivain et journaliste qui figure parmi les plus lus et illustres auteurs de la littérature américaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Bonus : Dans le même désordre d’idées, on profitera du délicieux petit traité de Pascal Richet intitulé « Le feu : aux sources de la civilisation », aux Éditions Gallimard. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-479100483509000342?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/479100483509000342'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/479100483509000342'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/06/le-salut-du-feu.html' title='LE SALUT DU FEU'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RqKCxRWgNZI/AAAAAAAAADM/KzVirJ_2KvA/s72-c/Fire.bmp' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-7808521287290163726</id><published>2007-06-05T11:03:00.000-07:00</published><updated>2007-07-21T15:26:44.324-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>LE PRINTANIER</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RnltZFodH1I/AAAAAAAAADE/gzCbMDd1eeQ/s1600-h/Henry5.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5078210332612960082" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RnltZFodH1I/AAAAAAAAADE/gzCbMDd1eeQ/s400/Henry5.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Henry MILLER, « La crucifixion en rose », Éditions Buchet/Chastel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ma vie n’aura été qu’une longue crucifixion en rose » disait Henry Miller. Le livre du même titre, c’est un riche extrait de son imposante œuvre autobiographique. Quinze cents pages, réparties en trois tomes. « Sexus », « Plexus » et « Nexus » racontent ainsi une parcelle de la vie mouvementée et combien colorée du génie américain – longtemps frappé d’interdit chez lui, la bourgeoisie puritaine qu’il dénonçait jugeant ses propos indécents, voire incendiaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le récit débute avec la rencontre de sa première muse qu’il surnomme Mona – la seule, l’unique : « J’avais demandé une femme, c’était une reine qu’on me donnait » – pour déboucher sur leur départ, sept ans plus tard, vers l’Europe, terreau fertile pour un homme de la trempe de Miller. Entre ces deux points de repère, il chatouille amplement du félin, jongle avec l’humour et les mots. Il fait sans relâche sortir de son chapeau autant d’amis incongrus que d’auteurs connus, tous à découvrir, à dévorer : Joyce, Hansum, Conrad, Cendrars, Dostoïevski…Il pique notre curiosité, nous invite à plonger dans l’arène. Rêveur aux deux pieds sur terre, il donne le goût des hauteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Il n’y a pas d’équilibre, affirme le proverbe; que des équilibristes. » &lt;em&gt;Hen&lt;/em&gt;, comme ses amis le surnomme, est de ceux-là. Selon ses propres termes, il « navigue, bercé entre deux musiques, l’une douce, l’autre amère, sur un fleuve qui s’appelle nostalgie. » Tanguant entre exaltation et dépression, il plonge et s’envole tout à la fois vers ce qu’il croit, sent, sait, est, devient, bref, vers son destin d’écrivain, dont il doute de moins en moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je veux écrire, précise-t-il dans Plexus. Je veux écrire sur la vie, la vie toute crue. Les êtres humains, n’importe quelle espèce d’êtres humains, sont le boire et le manger pour moi. (…) Je serai heureux si jamais j’apprends à raconter une bonne histoire. J’aime l’idée de n’arriver nulle part. J’aime l’idée du jeu pour le jeu. Et par-dessus tout, si misérable, mal fichu et horrible qu’il puisse être, j’aime ce monde d’être humains. Je ne veux pas couper l’amarre. Peut-être ce qui me fascine dans le fait d’être un écrivain est que cela nécessite une communion avec tous et chacun. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le Brooklyn des années vingt – ce « quartier plein de types qui se heurtent, tels des protons et des électrons, toujours dans un monde à cinq dimensions dont le fondement est chaos » –, Henry nous entraîne par mille et un détours dans une longue ballade au cœur de sa vie et de ses envies, toutes plus folles les unes que les autres. Avec son regard lucide et sa plume lyrique, critique, presque cynique, il brosse un portrait épique de son époque, de ses états d’âmes, ses amis, ses âneries. Alternant descriptions loufoques et réflexions ludiques sur les sujets les plus variés – sexe, art, amour, travail, culture, religion, architecture, gastronomie et ainsi de fuite –, Miller touche à tout, et pas que du bout de la langue ou des doigts! Non! À pleine bouche, et à deux mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mais n’est-ce pas ainsi que les artistes de la Renaissance acquéraient connaissances et matériaux pour leurs stupéfiantes créations ? Ne tendaient-ils pas dans toutes les voies de la vie à la fois ? N’étaient-ils pas insatiables et dévorants ? N’étaient-ils pas tout à la fois ouvriers, chemineaux, criminels, guerriers, aventuriers, savants, explorateurs, poètes, peintres, musiciens, sculpteurs, architectes, fanatiques et dévots ? » C’est ainsi qu’il entonne, page après page, son hymne à la vie : en ami, en amant, amuseur de fous…Amateur et amoureux de tout ce qui se lit, se dit, se vit. « Adaptez-vous à la vie! Devenez un adepte! Il n’existe pas de plus haut ajustement – faire de soi un adepte. » Y goûter, c’est l’adopter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, l’œuvre, imagée à souhaits, moultes métaphores à l'appui, s’imprègne de l’imagination fertile de l’auteur, mais elle s’inspire surtout de son vécu propre. « Si l’humanité prenait le temps de se rendre compte des choses, qui saurait se contenter sans contrefaçon, quand il n’est que de tendre la main pour saisir le réel? » Et pas besoin d’avoir le bras long. Entre sa tête et la terre entière, il n’y a qu’un pas. Fin psychologue foncièrement épicurien, jamais il ne cesse de détonner, de nous étonner. « La seule surprise doit être que l’on puisse encore se laisser surprendre. » C’est chaque fois le cas, lorsque nous apprenons coup sur coup comment et combien de fois il a su, par exemple, faire « la manche » et, surtout, l’amour. Autant d’instants cruciaux, critiques, croustillants, consignés par écrit sur ces pages mémorables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« De même que les navires, l’homme sombre maintes et maintes fois. Seule, la mémoire le sauve de la disparition complète. » Sans doute pour cette raison que ce chef-d’œuvre, comme l’ensemble de son œuvre d’ailleurs, s’avère essentiellement autobiographique. Et aussi, qu’il ait su vivre pleinement (de 1891 à 1980) jusqu’à l’âge de quatre-vingt-neuf ans. Dommage qu’il n’ait survécu au-delà car, comme il le disait si bien : « L’hiver de la vie (…) commence à la naissance. Les années les plus dures sont de un à quatre-vingt-dix ans. Après, ça va tout seul. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec lui, avec Henry, on n’est jamais seul. Même « plus seul que jamais, on est néanmoins soudé au monde comme jamais encore auparavant. Incorporé au monde. Soudain, on voit clairement que lorsque Dieu créa le monde, il ne l’abandonna pas pour s’asseoir dans la contemplation – quelque part dans les limbes. Dieu créa le monde et y entra : voilà le sens de la création. » Miller en aurait-il fait autant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« L’être supérieur n’est pas, comme je le supposais jusque-là, plus lointain, plus détaché, plus abstrait. Bien au contraire. Seul l’être supérieur peut susciter en nous la soif qui se justifie, la soif de nous surpasser nous-mêmes en devenant ce que nous sommes véritablement. En présence de l’être supérieur, nous reconnaissons nos propres pouvoirs majestueux, nous n’aspirons pas à être cette personne, nous avons seulement soif de nous démontrer à nous-mêmes que nous sommes faits en vérité de cette même essence et cette même substance. Nous nous élançons en avant pour accueillir nos frères et sœurs, sachant sans nul doute possible que nous sommes tous de la même famille. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;À consulter: &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;The Henry Miller Memorial Library&lt;/em&gt;, Big Sur, Californie, &lt;a href="http://www.henrymiller.org/"&gt;http://www.henrymiller.org/&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;À lire notamment: &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://aubry.free.fr/tropique.htm"&gt;Tropique du Cancer&lt;/a&gt; (1934)&lt;br /&gt;&lt;a href="http://aubry.free.fr/tropique2.htm"&gt;Tropique du Capricorne&lt;/a&gt; (1939)&lt;br /&gt;Colosse de Maroussi (1941)&lt;br /&gt;La Sagesse du Coeur (1941)&lt;br /&gt;La Grande Misère de l'Artiste aux USA (1944)&lt;br /&gt;Reflets d'un Passé Fervent (1944)&lt;br /&gt;&lt;a href="http://aubry.free.fr/cauchemar.htm"&gt;Le Cauchemard Climatisé&lt;/a&gt; (1945)&lt;br /&gt;Blaise Cendrars (1951)&lt;br /&gt;Un Diable au Paradis (1956)&lt;br /&gt;Peindre c'est Aimer à Nouveau (1960)&lt;br /&gt;Virage à 80 (1973)&lt;br /&gt;J'suis pas plus con qu'un autre (1977) &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-7808521287290163726?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7808521287290163726'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7808521287290163726'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/06/le-printanier.html' title='LE PRINTANIER'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RnltZFodH1I/AAAAAAAAADE/gzCbMDd1eeQ/s72-c/Henry5.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-5961778535790087320</id><published>2007-05-11T19:28:00.000-07:00</published><updated>2007-09-07T20:37:09.721-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Musikaïlla'/><title type='text'>LES HUMAINS</title><content type='html'>Une pierre, deux, trois, quatre, cinq coups.&lt;br /&gt;Loin d'un Colt, c'est du Falardeau.&lt;br /&gt;Vous ne le retrouverez pas sur le marché.&lt;br /&gt;Il n'est pas à vendre,&lt;br /&gt;Mais à voir.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.pierrefalardeau.com/content/view/12/44/"&gt;http://www.pierrefalardeau.com/content/view/12/44/&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-5961778535790087320?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5961778535790087320'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5961778535790087320'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/05/les-humains.html' title='LES HUMAINS'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-9050529951126041365</id><published>2007-04-18T06:25:00.000-07:00</published><updated>2007-07-21T15:35:31.208-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinécure'/><title type='text'>CHAPLIN: LE CIRQUE</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RitjjeavJKI/AAAAAAAAAC8/CPMJgdInUvY/s1600-h/charlot.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5056244467765290146" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RitjjeavJKI/AAAAAAAAAC8/CPMJgdInUvY/s400/charlot.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Il y a longtemps que je n’avais pas tant ri. Au cinéma, s’entend. Parce que la vie de tous les jours offre son lot de lieux, de gens et de rencontres cocasses, comiques. Suffit d’y être attentif. Sans doute les cinéastes d’ici et surtout d’ailleurs n’ont-ils pas, dans leur écrasante majorité, cette faculté bien développée. Mais ce n’est pas grave. Au Québec, nous avons nos humoristes, en direct, sur scène. Ça compense largement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette semaine toutefois, je n’avais ni le temps ni le goût du stand up comique. Ni les moyens, d’ailleurs. Faut avouer qu’à vingt, trente, voire quarante dollars le spectacle, aussi savoureux soit-il, on est loin des sorties cinéma, deux, trois, quatre fois moins chères et, trop souvent, moins drôles. Solution? La bibliothèque municipale de Charlesbourg, fraîchement rénovée. Et dans les tiroirs de sa vidéothèque : Chaplin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour un dollar cinquante, « Le Cirque » m’a fait rire. Chaudement, et aux larmes. Mieux : pour la première fois de ma vie, j’ai pu voir – et revoir coup sur coup – mon premier Chaplin en entier. Et, surtout, j’ai redécouvert le septième art. Un cinéma noir et blanc mais tellement coloré, muet mais combien éloquent, d’autant plus avec le génie de Charlot qu’on découvre et devine devant et derrière la caméra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fuyant la police pour un crime qu’il n’a pas commis, un vagabond se réfugie dans un cirque dont il deviendra malgré lui la vedette. À travers une avalanche de péripéties dont lui seul connaît le secret, le héro s’amourache d’une acrobate, fille du directeur dictateur, folle d’un équilibriste égocentrique. Le rideau tombe enfin sur le cirque qui reprend sa route et, surtout, sur un Chaplin qui reprend aussi la sienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les scènes se suivent et ne se ressemblent pas. Coincé dans la cage aux lions ou cerné dans la salle aux miroirs, Charlot incarne à merveille la maladresse d’un homme qui cherche précisément à la cacher pour préserver sa dignité. Il pousse la farce encore plus loin lors d’un numéro à la Guillaume Tell : croquant à pleines dents la pomme infestée de vers qui sert de cible, il suggère une…banane à son archer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la scène cruciale reste celle où Charlot, faux équilibriste, est assailli par un trio de singes. Cette scène, reprise sept cents fois (!), est d’ailleurs à l’origine du film. L’idée consiste à plonger le personnage dans une situation d’où il voudrait sortir sans toutefois y parvenir. Nous sommes ainsi amenés à chevaucher le drôle et le dramatique, technique favorite de Chaplin qui rappelle sa vie : sur la corde raide…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étrangement, « Le Cirque », primé du premier Academy Award (1929), reste le plus sous-évalué des films de Chaplin. Y compris par l’auteur–réalisateur lui-même, qui ne le mentionne guère dans son autobiographie. Sans doute les innombrables fléaux qui s’abattirent sur le tournage expliquent-ils, en partie du moins, ce silence : divorce tumultueux de Charlot, problèmes techniques, vol des décors, incendie des studios.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré ces déboires, le film sera présenté en grande première, à New–York, dès 1928, après deux années de tournage. La critique frileuse ne découragera pas les spectateurs d’alors, comme d’aujourd’hui, de se régaler devant pareille satire. D’autant qu’un cirque s’avérait tout indiqué pour un acrobate tel que Chaplin. Signe des temps et, peut-être, du mûrissement, les films engagés (Temps Modernes, Le Dictateur), suivront bientôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né dans les quartiers défavorisés de Londres, fils d’un chanteur et d’une actrice tous deux anglais, Charles Spencer Chaplin, dit Charlie ou Charlot, deviendra rapidement, dès la Première Guerre mondiale, une vedette internationale. Plus que sa démarche distinctive style pingouin, son chapeau trop étroit et ses vêtements trop amples, sa canne de bambou et, surtout, ses mimiques tragi-comiques, c’est son génie d’auteur-réalisateur qui fera de lui un monument vivant, une inspiration pour les générations suivantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, le pantomime, « moyen universel de communication », exprimait plus et mieux que les mots, mais c’est sa méthode de travail souple et créative qui porta le plus de fruits. À partir d’une simple idée de départ, inspirée de la réalité, il improvisait la suite en y ajoutant gags sur gags, en bonifiant l’histoire en cours de route, en multipliant les prises de vues, le tout avec une obsession de la perfection qui ne se dément pas dans le produit fini. Selon ses propres mots, il écrivait avec une caméra. Et comme disait Gilles Vigneault à propos de Marc Favreau, le Père de Sol le clown clochard : « Il a fait un cirque de lui-même. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Voir aussi, surtout: &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;Les courts de Chaplin, chez Mutual (1916-17)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Charlot Soldat (1918) &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;L'opinion publique (1923)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;La ruée vers l'or (1925)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Le cirque (1928)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Les lumières de la ville (1931) &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Les temps modernes (1936)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Le dictateur (1940)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;...&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-9050529951126041365?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/9050529951126041365'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/9050529951126041365'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/04/chaplin-le-cirque.html' title='CHAPLIN: LE CIRQUE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RitjjeavJKI/AAAAAAAAAC8/CPMJgdInUvY/s72-c/charlot.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-5742598641023737239</id><published>2007-04-12T05:48:00.000-07:00</published><updated>2007-04-22T06:45:43.455-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RitcRuavJJI/AAAAAAAAAC0/-BZONj7E2j0/s1600-h/CARLE.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5056236466241217682" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RitcRuavJJI/AAAAAAAAAC0/-BZONj7E2j0/s320/CARLE.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;Crédits Photographiques: Toronto International Film Festival Group.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Gilles CARLE&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;« LA NATURE D’UN CINÉASTE »&lt;br /&gt;Éditions Liber, 1999.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;« T’arrives d’où? » Question en apparence banale, comme le « Comment ça va? » commun. Réponse : « De l’Île Verte. » Réaction : surprise. Je précise : « C’est une petite île, comme son nom l’indique. Dans le Bas du Fleuve. » Le pilote s’illumine : « C’est pas l’île du cinéaste...comment déjà? Gil… » Carle, Gilles Carle. On me fait le coup à chaque fois.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;À l’été 2005, en découvrant ce coin de paradis que je ne devais plus quitter quinze mois durant hormis quelques sorties ponctuelles, je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait : sur un rocher verdoyant de vingt-cinq kilomètres carrés, une petite communauté, soudée à froid, entourée d’eau, d’air salin, de colonies d’Eder et de sapins, de troupeaux d’agneaux…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mais je ne suis pas là pour vous ressasser tout ça. Non. C’est juste une mise en contexte.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;À l’époque donc, je n’avais jamais entendu prononcer le nom de Gilles Carle. Primo : non, ce n’est pas son île. Deuxio : oui, il y a longtemps habité, avec sa muse Chloé Ste-Marie. Troisio : ils ont a dû vendre et quitter les lieux pour des raisons de santé. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il m’a fallut encore deux ans avant d’entrouvrir la porte sur le monde fascinant de ce cinéaste prolifique pourtant méconnu. Avec « La nature d’un cinéaste » parue en 1999 chez Liber, je le découvrais enfin. Un peu. Comme pour l’île, j’ai tout de suite aimé.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Sorte de recueil autobiographique, ce trésor de petit bouquin brosse un portrait éclectique d’un homme, d’un artiste, un artisan dis-je, tout aussi éclaté. On y trouve bien plus qu’un (trop bref!) exposé coloré de ses premiers pas en terres d’Abitibi, de ses premières armes derrière la caméra, de ses derniers pas sur la petite île verte. Carle inclut ainsi des articles de 1959 (&lt;em&gt;Nouveau Journal&lt;/em&gt;) comme de 1991 (&lt;em&gt;L’actualité&lt;/em&gt;) traitant de sujets les plus divers et combien divertissants : le cinéma et la télévision, certes, mais aussi l’histoire, la culture, les artistes. On y décèle le sens de l’observation, l’esprit critique, l’humour même, du cinéaste.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Suivent tout aussi généreusement plusieurs de ses poèmes qui transpirent de sa passion de vivre, aimer, créer…et de tous les tiraillements que cela implique. « C’est l’amour total Amour canni cannibale. » Faut dire qu’une vie bien remplie creuse l’appétit. « Je ne sais même pas très bien ce dont j’ai eu besoin : c’était une fringale légère… » Ça, c’est de Saint-Exupéry. Ça correspond bien, je crois, au personnage de Gilles Carle qui, comme le père du Petit Prince, agrémente ses textes d’autant de croquis, tous croquants, où le porc-épic est à l’honneur : « Hérissons-nous! »&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le recueil se termine avec une pièce théâtrale de son cru intitulée « Le Gland. Huis clos en deux parties » qui aborde simplement les grands problèmes de notre civilisation : vie, mort, sexe, santé, saturation. Et pour conclure : « Mon épitaphe. Je vous l’avais dit que j’étais MALADE! » Vrai. Serait-ce l’homme qui tremble devant l’artiste? Les deux sont pourtant atteints du Parkinson, comme le grand Mohamed Ali. Sans doute pour s’être battu toute leur vie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Malade? Vrai. Mais je préfère encore conclure avec un extrait de poème – le tien :&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;« oui je me sens plus calme&lt;br /&gt;plus tranquille&lt;br /&gt;il y a toujours du bon&lt;br /&gt;même dans l’homme le plus vil&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;je le crois&lt;br /&gt;je le crois&lt;br /&gt;je le crois »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Paix à ton âme, bien avant ton départ. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-5742598641023737239?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5742598641023737239'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5742598641023737239'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/04/carle.html' title=''/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RitcRuavJJI/AAAAAAAAAC0/-BZONj7E2j0/s72-c/CARLE.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-6854812064795602838</id><published>2007-02-09T05:43:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.407-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>HOMMAGE À LA RÉSISTANCE PACIFIQUE</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Un à un, les membres du groupe s’installent devant et comme nous : à même le sol. Prend alors la parole, non pas le vieil hagard ou le grand gaillard, mais une jeune femme, radieuse. Veuve de l’environnementaliste Charoen Wataksorn, Korn-uma Pongnoi nous expliquera deux heures durant comment et pourquoi la petite communauté de Bo Nok est devenue mondialement célèbre. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le couple, qui s’installe dans ce petit village côtier en 1983, vit paisiblement des fruits de la terre, notamment des ananas. Dix ans plus tard, leur vie est bouleversée quand ils apprennent que des terres publiques voisines sont vendues en douce. Elles devront servir à la construction d’une centrale au charbon. Aux dires des promoteurs, publics et privés, ce projet de huit cents millions de dollars US (trente-quatre milliards de bath) est « essentiel à la sécurité énergétique du pays. » &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Après une série de démarches infructueuses pour faire annuler le projet qui menace « la santé et l’intégrité des lieux et des habitants », la communauté s’organise. En 1997, les premières manifestations publiques massives voient le jour. En décembre 1998, vingt milles villageois bloquent l’autoroute nationale, artère vitale reliant le nord au sud du pays. L’événement, majeur, projettera Charoen Wataksorn sous les feux de la rampe. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;S’en suivront une série de manœuvres de la part des promoteurs destinées à diviser la communauté, à faire dérailler le mouvement d’opposition et, surtout, à discréditer son jeune et charismatique leader. Harcèlement, persécution, menaces verbales et physiques, poursuites judiciaires seront alors le lot des plus activistes d’entre eux. Survivant à l’incendie de sa maison et à trois « tentatives d’assassinat », Charoen poursuivra sans relâche son combat en faveur d’une réelle justice communautaire et environnementale. Aux promoteurs qui lui offriront trois cent milles dollars US (douze milliards de bath) en échange de son désistement, il avouera préférer humblement manger, tête haute, trois repas par jour en compagnie des siens. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L’acharnement du mouvement aura finalement raison du projet, abandonné par le gouvernement Taksin en 2002. Aux risques potentiels d’une centrale au charbon sont bientôt substitués ceux, bien réels, du pillage des terres désormais disponibles. Après avoir témoigné devant comité parlementaire sur l’implication d’officiels de haut rang du gouvernement dans le transfert des terres publiques aux caciques locaux, Charoen est froidement assassiné le 21 juin 2004. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Tragique conclusion? Certes, la femme, la famille, la communauté et bien d’autres encore qu’il a su inspirer, à l’intérieur comme à l’extérieur du Royaume de Thaïlande, pleurent le départ brutal de leur époux, le fils, leur frère. Mais à travers le deuil, douloureux, plusieurs puisent dans la vie et la mort de Charoen un exemple de courage et de persévérance devant l’adversité. Comme la communauté Pulupandan, à Negros, aux Philippines, qui a su empêcher l’implantation chez elle d’un projet similaire à celui de Bo Nok. Combien d’autres mériteraient à tirer les leçons d’une telle résistance pacifique? Des légions. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La rencontre se termine au son d’une chorale de moines qui récite discrètement en chœur et canon une série de mantras envoûtants. Nos hôtes se lèvent; nous aussi. Notre interlocutrice, Korn-uma, nous invite à nous joindre à elle afin de poursuivre notre « visite » dix kilomètres plus loin, dans son restaurant au bord de mer. Après un repas des plus délicieux confectionnés par ses bons soins, dégusté les deux pieds dans le sable, une ballade sur la plage pratiquement déserte nous confirme les raisons, les passions de la résistance des siens. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Combien de pays, de paysages, de coins de paradis doivent encore être saccagés? Aucun. Combien doivent être sauvés? Des milliers. En fait, tous, et chacun. Le développement d’un pays, d’une nation, ne doit jamais se faire au détriment de ses communautés et, nécessairement, des écosystèmes où ils vivent. Ça, ça n’a pas de prix. Aucune statistique n’en tient réellement compte. Comment le pourraient-elles, d’ailleurs? Le bien commun, le bien être humain ne se mesure pas. « Small is beautiful. »&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-6854812064795602838?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/6854812064795602838'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/6854812064795602838'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/02/hommage-la-rsistance-pacifique.html' title='HOMMAGE À LA RÉSISTANCE PACIFIQUE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-4071844485317680639</id><published>2007-02-07T11:06:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.410-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>UN BAUME SUR LA PLAIE, BÉANTE</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RiUOND5CAHI/AAAAAAAAACc/hiNNtT4Gv7A/s1600-h/Primate.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5054461774338850930" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RiUOND5CAHI/AAAAAAAAACc/hiNNtT4Gv7A/s400/Primate.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;NOTE: Inspiré de la Conférence annuelle CUSO-Thailande 2007. Pour plus de détails, consulter: &lt;a href="http://cuso.wordpress.com"&gt;http://cuso.wordpress.com&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;Le chimpanzé s’en est tiré. Son boucher avait bien commencé par les pieds, mais ça ne l’a pas arrêté. Deux pattes en moins, la victime a su s’esquiver sans douceur; en vitesse, et en douleur. Repéré deux cents mètres plus loin par un passant, le miraculé reprend, depuis deux mois et deux cents kilomètres plus loin, du poil de la bête.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Chaque jour, des milliers d’animaux sauvages sont brutalement arrachés à leur habitat naturel et familial. Question de garnir la table des bien-pansus, certes, mais aussi pour répondre aux caprices les plus extravagants de ces derniers…Certains préfèrent ainsi cuire, voire dévorer côtes de bœuf ou cervelle de singes…vivants. « Ça préserve les propriétés », de préciser un mordu qui préfère garder l’anonymat. La nouvelle bourgeoisie asiatique – chinoise, surtout, mais aussi japonaise, sud-coréenne… – raffole particulièrement de ces proies exotiques chassées non seulement dans le Royaume de Thaïlande, mais importées d’aussi loin que la région des Grands Lacs africains ou du Bassin amazonien. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C’est pour palier à de telles aberrations que le Wildlife Rescue Center &lt;a href="http://www.wfft.org/"&gt;http://www.wfft.org/&lt;/a&gt;a vu le jour avec le présent millénaire. Situé sur les terres du temple bouddhiste Kao Look Chang, à Amphoe Thayang, province de Petchaburi, au sud-ouest de Bangkok, le Centre accueille ainsi les victimes animales de la barbarie inhumaine. Il éduque aussi le grand public sur les causes et conséquences multiples de cette barbarie : en tête de liste, la dégradation des écosystèmes et, incidemment, des égocentrismes. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;« Je n’ai aucune compassion pour l’homme. Ceux-là en tous cas, et bien d’autres encore. » Solide gaillard d’origine polonaise, le fondateur et directeur du Centre, Edwin Wiek, ne tarit pas de commentaires pour expliquer la situation et ainsi mieux la dénoncer. Grossièrement, des êtres sans vergogne ni vertu pillent la nature – lacs, forêts, marécages, etc. – pour en tirer profit et se garder un ou deux trophées dans la foulée, en guise de pieuvre à conviction. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Leur raisonnement est simple, sombre, sinistre : « Je peux me le procurer, donc: je suis puissant et important. » Pissant! Impotent? Dans cette chasse sans merci, on tire sur tout ce qui bouge. Et quand ça ne bouge plus, on en tire tout ce qu’on peut, y compris tonifiants et aphrodisiaques. Car les couilles de bouc, comme les cornes de rhino, ont aussi leurs vertus magiques (!?) pour certains fanatiques. Des goûts étranges qui rappellent ceux de guerriers sanguinaires, moitié mystiques, moitié cannibales, qui se gavent notamment du sang de leurs victimes pour s’en approprier les pouvoirs! &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les cas moins chroniques de gourmandise se contentent d’un peu moins. L’aine si tendre des tortues nourrira encore les fins gourmets, sa carapace étant récupérée comme pseudo armure de collection suspendue au-dessus du foyer. Même chose pour l’éléphant – qu’on retrouve d’ailleurs en Thaïlande plus nombreux en captivité qu’en liberté – : une corne derrière le bureau, certes, mais un pied vidé comme porte parapluie à l’entrée…et l’épaisse peau ridée en guise de rideaux. Notre guide, méditatif, fait une pause. « Vous n’avez pas idée! »&lt;br /&gt;Oserions-nous? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La visite se poursuit, cents commentaires et autant de pensionnaires à l’appui : un couple éléphantesque jadis cerné par les coupes forestières massives qui sévissent à la frontière birmane; un tigre du Bengale au système moteur défaillant, sous et mal alimenté par le zoo notoire du sud qui l’a récupéré en bas âge; une femelle macaque aveugle et son fils unijambiste – une seule patte, sur quatre! – pour cause d’alimentation infestée aux pesticides; et ainsi de fuite.&lt;br /&gt;« Et ce ne sont là que les survivants », de préciser un Edwin dégoûté. Car pour chaque individu capturé, dix autres meurent. Quand ce n’est pas le jeune fils ou l’amant vieillissant qui vient mourir sur sa bien-aimée agonisante, comme chez certains félins, c’est une balle perdue, deux de retrouvées, trois…Pour se farcir une proie, idéale ou non, le braconnier a souvent recours aux plus vieilles techniques : blesser la femelle pour appâter le mâle. Dans la foulée, c’est toute la portée qui risque d’y passer. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pour relever les défis, énormes et nombreux, de la conservation de la vie animale, le fondateur a dû multiplier ses axes d’intervention. Avec un certain succès. Certes, le Centre offre une clinique mobile – « la seule de la péninsule indochinoise! » – et un refuge sanitaire, salutaire, idéalement temporaire, pour plusieurs centaines de bêtes sauvages handicapées de leur corps ou de leur habitat. Mais, approche tout aussi importante, sinon plus, un programme d’éducation des plus diversifiés a été instauré afin de changer les mœurs, des plus petits aux plus grands. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Des visites guidées fort animées amènent rapidement les groupes d’étudiants comme de touristes à comprendre qu’ils sont loin des zoos et autres parcs d’attractions zoologiques auxquels ils sont plus familiers. Et tout ça, gratuitement! Ou presque. Certes, les dons sont bienvenus, mais la formule a ceci d’original : un examen à la sortie permet d’évaluer l’apprentissage des visiteurs qui, s’ils échouent, doivent recommencer la visite, l’examen, ou payer une « taxe à l’échec » symbolique. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le Centre dispose également de l’infrastructure nécessaire pour accueillir des volontaires – chaque année plus nombreux – en provenance des quatre coins du monde. Pour cents dollars US par semaine, ces apprentis zoologues sont ainsi logés, nourris, instruits, en échange d’un coup de main quotidien dans les soins animaliers : préparation et distribution des rations alimentaires quotidiennes, aménagement des sentiers et autres facilités, compilation de données scientifiques...Une idée originale, efficace, qui permet d’atteindre une partie des objectifs éducatifs et financiers. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Et comme l’éducation des visiteurs ne suffit pas, il faut aller de l’avant : collaborer avec les différentes instances, dont le Département Forestier Royal, dans l’application et, idéalement, l’approfondissement des législations existantes. Par-delà l’ignorance et l’insouciance du commun des mortels, la complaisance, voire la complicité de certains représentants de l’autorité, en amont comme aval de la chaîne hiérarchique, contribuent en effet à aggraver la situation, déjà précaire, de milliers d’espèces animales. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;À cet égard, la Thaïlande est un échantillon du carnage qui se produit à l’échelle planétaire. « Le commerce des bêtes exotiques est plus que florissant, souligne notre guide. Pour l’Asie seulement, ça représente plus de six milliards de dollars US. » Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Partout dans le monde, des légions d’animaux sauvages sont victimes de la folie humaine, délibérée ou non. Pour chaque bête froidement abattues pour ses vertus, des milliers d’autres périront par négligence : les gorilles argentés des Grands Lacs africains qui explosent mine de rien, les nuées d’oiseaux noyés dans les marées noires…Questions de priorités. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La visite tire à sa fin. Devant nous, un crocodile de six mètres roupille sous l’ombre torride du midi. Quelques mois plus tôt, il échappait à la vigilance de son propriétaire, un chef de police locale ayant négligé de fermer la barrière sous clef. Appelé sur les lieux, Edwin Wiek a contacté son ami « The Crocodile Hunter », feu Steve Irwin, qui lui donna ce conseil en guise de conclusion : « Une fois dessus, ne pas lâcher. » &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Comme pour ses passions. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;VOIR LE VIDÉO:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://www.wfft.org/video/wfft_tourism_vdo.mpg"&gt;http://www.wfft.org/video/wfft_tourism_vdo.mpg&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-4071844485317680639?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4071844485317680639'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4071844485317680639'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/02/un-baume-sur-la-plaie-bante_07.html' title='UN BAUME SUR LA PLAIE, BÉANTE'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RiUOND5CAHI/AAAAAAAAACc/hiNNtT4Gv7A/s72-c/Primate.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-8452030546653605356</id><published>2007-02-04T09:42:00.000-08:00</published><updated>2007-03-06T09:46:36.002-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinécure'/><title type='text'>Sin City</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/Re2oVkrhuXI/AAAAAAAAABg/zTEfz8_1_EU/s1600-h/marv.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038868646674413938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/Re2oVkrhuXI/AAAAAAAAABg/zTEfz8_1_EU/s400/marv.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Sin City &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Un film de Robert Rodriguez,&lt;br /&gt;Inspiré de l’œuvre de Frank Miller,&lt;br /&gt;2005.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sin City. La vilaine ville des vils péchés. Imaginaire? Presque autant que Gotham City. Dans ce film riche en contrastes, tourné en noir et blanc comme si c’était chaque jour la nuit, seules les femmes, toutes fatales, transpirent de couleurs : la robe rouge d’une première victime, la chevelure rousse d’une amante, l’œil vif et verdoyant d’une jeune fille de joie… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Au cœur de ce décor envoûtant, sombre comme les personnages qui l’animent, trois histoires qui se croisent tour à tour. Hartigan (Bruce Willis), le policier vieillissant, qui protège la jeune Nancy (Jessica Alba) des lubies d'un pervers notoire. Marv (Mickey Rourke), l’indestructible colosse, marginal et sympathique, qui recherche activement les meurtriers de sa Goldie (Jaime King) bien-aimée. Et Dwight (Clive Owen) qui préserve « les filles » des excès de Jackie Boy (Benicio Del Toro), flic corrompu et alcoolique. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pas de super héros dans ce monde fictif pourtant si réaliste. Que des hommes dotés d’une force de caractère hors du commun, critère indispensable pour survivre dans ce monde de fous, fous, fous…Exemple? Kevin (Elijah Wood), jeune homme troublé converti cannibale par la « grâce » d’un prédicateur illuminé, qui dévore et digère le « mal de l’âme » des filles de joie. Si de tels personnages, plongés dans une lourde atmosphère pluvieuse, font frissonner, on se surprend néanmoins à sourire aux nombreux clins d’œil du réalisateur. Comme le « poulet » Jackie Boy qui ne tarie pas de commentaires malgré sa tête tranchée… &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les saisissants jeux de lumières et de couleurs, de même que les effets spéciaux, sont le fruit d’une fructueuse collaboration avec K.N.B. EFX Group et Troublemaker Studios. Quant à l’enchaînement des scènes, presque enchevêtrées, il porte clairement le sceau de Quentin Tarantino, réalisateur judicieusement invité. Certes, l’œuvre à succès de Frank Miller dont s’inspire le film constituait un solide point de départ. Mais il s’agit-là ultimement, et ce sans l’ombre d’un doute, de la meilleure adaptation d’une B.D. au grand écran. À voir absolument. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-8452030546653605356?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8452030546653605356'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8452030546653605356'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/02/sin-city.html' title='Sin City'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/Re2oVkrhuXI/AAAAAAAAABg/zTEfz8_1_EU/s72-c/marv.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-5339698563009713699</id><published>2007-01-21T03:40:00.000-08:00</published><updated>2007-01-21T03:43:34.855-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='I Mages'/><title type='text'>13 MOIS DEJA</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNRfHCfbcI/AAAAAAAAAA0/zuA-NxcCOzM/s1600-h/Vue+sur+la+Mer.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNRfHCfbcI/AAAAAAAAAA0/zuA-NxcCOzM/s400/Vue+sur+la+Mer.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5022447604355526082" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-5339698563009713699?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5339698563009713699'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5339698563009713699'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/01/13-mois-deja.html' title='13 MOIS DEJA'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNRfHCfbcI/AAAAAAAAAA0/zuA-NxcCOzM/s72-c/Vue+sur+la+Mer.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-6702259478870761442</id><published>2007-01-20T03:50:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.411-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>AU MARCHÉ</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Le week-end. Enfin. Pour moi du moins, car une majorité de Thaïs travaille sans se lasser (?) six, voire sept jours sur sept, du matin au soir – et même au-delà. À titre d’exemple, la petite épicerie familiale à trente-huit pas de chez moi ouvre ses portes dès cinq heures du matin, pour les fermer vingt heures plus tard. Quand aux bouis-bouis de la rue, s’ils surgissent dans le quartier avec le crépuscule, c’est qu’ils préparaient les déjeuners dès six heures, puis les collations de dix heures, les dîners du zénith, les amuse-bouches de 16 heures, à trois kilomètres de là. Ça bosse dur quoi. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;À 528 pas de « chez moi » se dresse chaque jour sur 300 mètres un petit marché, en bordure d’un boulevard secondaire, avec ses étales de fleurs et plantes, de fruits et légumes, de volailles et poissons, tous frais. Un vrai régal pour les sens (à quelques exceptions près : quelle est donc cette odeur furtive et pourtant tenace? Les fleurs fanées? Le poisson, mort? Les égouts gorgés? Mes sueurs froides? Qui sait! Passons!)!!!&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais ce n’est rien comparé au marché de Chatuchak, au sud du parc du même nom, dans le centre-nord de Bangkok. Il y a deux mois, je visitais, déçu, le marché du vendredi, à Chonburi. Ici, c’est une toute autre aventure. On se croirait presque dans les souks de Casablanca (les seuls du genre que j’ai visité, en 2000; il paraît qu’à Beyrouth ou Bagdad, avant les bombardements, c’était encore mieux!) Des kilomètres couverts d’allées bondées de monde et bordées de boutiques. Le bazar, véritable labyrinthe, est si vaste qu’il faut se donner des points de repère pour éviter d’y perdre la boussole – et encore! C’est samedi, et le dimanche, encore pire! Mieux? Selon. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On trouve ici de tout, tout. Tout. Certes, encore la même marchandise seconde main qu’ailleurs, mais en quantité industrielle, littéralement : souliers usés, surplus de jeans, t-shirts « Europa », chemises à carreaux, pantalons trop longs (ils sont courts sur patte les Thaïs), complets vestons défraîchis, matériel militaire (vestons kakis US, vestes utilitaires, gilets pare-balle et masque à gaz inclus!), et même des équipements complets d’hiver, avec moufles, tuques, manteaux, foulards, mitaines, etc. Ne manque plus que les raquettes! Plutôt pratique (sic) à trente degrés Celcius par-dessus zéro. On se croirait dans le « comptoir vestimentaire du Sud. » En prime : d’autres vêtements de contrefaçon, des jouets de guerre, des bouquineries aux pages neuves comme usagées, des tonnes de CD-DVD-VCD piratés, et jean passe. « Ça va? » C’est la Thaïlande moderne, celle de la consommation.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il y a bien sûr tout ce qui faut – ou presque – pour la maison, des meubles aux accessoires de cuisine, en passant par la décoration. Et surtout, des tonnes d’artisanat locaux : étoffes de tous matériaux, vêtements typiques du nord ou du sud, vraies et fausses argenterie, pierres précieuses (vigilance!), bijoux (dont ceux en or, derrière le proprio généralement chinois), toiles parfois superbes, sculpturales sculptures, tapis en tous genres, ombrelles de papier, chapeaux de forme, bibelots futiles, poteries soignées, masques mystiques, poupées de verre ou de laine, armes et amulettes, chandelles et cosmétiques, et ainsi de fuite. Sans bien sûr oublier (impossible!) les masses de kiosques alimentaires, où l’on peut se régaler de tout ce qui se mange : milk-shakes glacés aux fruits et légumes frais, grillades et marinades de viande ou d’insectes, salades chaudes ou froides, pseudo malbouffe à l’occidentale, et du riz, du riz, du riz, à toutes les sauces.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Dans la cohue, on croisera ainsi au passage : des enfants, des infirmes, une mère et son enfant qui joignent – on ne les tend pas ici – les mains en guise de reconnaissance pour les quelques pièces reçues; des musiciens déambulant, de l’orchestre de chambre au jeune saxophoniste solo, en passant par les quatuors classique, country ou trop pop; des agents de la paix en duo uniforme qui trouvent le temps de magasiner; quelques collègues aussi, si, si on les reconnaît à travers la folle, la foule dis-je; et bien sûr, des légions de touristes, immanquables, impayables! Et on retrouvera enfin son chemin vers la, les sorties, pour mieux rentrer chez soi après un brève halte dans le plus grand parc vert de la ville, aujourd’hui noir de monde : amuseurs de fous, vendeurs ambulants, jeunes couples, familles en pique-nique, enfants couraillant, lecteurs distraits, touristes blancs distants, zens bridés méditatifs ou contemplatifs, passants errants égarés, un journaliste et son cameraman. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Et les attentats dans tout ça? « Attentats? » Oui, vous savez, depuis ceux de la veille du jour de l’an. Un tel rassemblement, ça donne des idées! « Ahhh! Not really. It is here these people, so-called terrorists, come to rest, relax, and get fed. Nothing explosive! And what would they blow up here? » C’est vrai que les attentats visent surtout les symboles – idéalement sans victimes humaines. En passant, votre anglais est excellent! « I learned from books. » À l’entrée du métro, un vigile « fouille » sommairement les sacs, un à un. Plutôt symbolique, là encore, question de présence. Trois jeunes sautent les scellées pour s’engouffrer dans le tunnel. Pas le temps de les rattraper; on fait la queue devant l’entrée. Le soleil se couche bientôt, mais la vie, nocturne, ne fait que commencer. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-6702259478870761442?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/6702259478870761442'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/6702259478870761442'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/01/au-march.html' title='AU MARCHÉ'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-441105093010253505</id><published>2007-01-17T03:47:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.412-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>L'enfer de la medaille</title><content type='html'>(Suite de la Tour de Babil, du 13-1-7)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;C’est vrai qu’à première vue, ça semble pas jojo. Mais jetez-y un deuxième coup d’œil : c’est pareil, sinon pire. Ça prend de la patience, de l’aisance, de l’impertinence, ou un je ne sais quoi. (Pas de Marie en vue. Encore moins de marées.)&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Tenez par exemple, le voisin amerloque. Condamné pour moins que ses éclats de joie, de voix dis-je, y compris à deux heures du matin, il est aussitôt presque entièrement pardonné dès que je le vois. Sans rancune. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Petit de taille, le dos légèrement recourbé par les années, il porte l’œil timide en alerte. Toujours à chercher le regard du passant aussitôt salué – contrairement à d’autres qui lèvent la garde et baissent les yeux, faussement distrait (parfois), franchement dégoûté des autres ou d’eux-mêmes (souvent). Équipé de maillot de bain et serviette de plage, il prend toujours l’apéritif sur le toit, écoutant patiemment les bobards des jeunes tatoués à qui il paye grassement la tournée. Et quand il aperçoit les enfants s’arroser dans la barboteuse, son visage s’éclaire discrètement d’une lueur sereine. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Si seulement ça pouvait durer! Si seulement il pouvait baisser le ton et changer de langage avec sa douce un peu trop raillarde! Mais les instants de lucidité sont monnaie rare! Et le taux de change semble élevé. Pire que celui du dollar-bath, aux environs de 33 pour un. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Côté bouffe, pareil. Comme il n’y a pas vraiment de Thaïs ni de Français dans la tour, l’aliénation, l’alimentation dis-je, est à vous couper l’appétit. Sans parler du prix. Même le menu qui porte bien son nom cherche à fuir : entre la page de papier et son préservatif plastifié, l’encre coule et se défile. Je m’enquiers, peu inquiet: « I see you won’t have anymore club sandwich soon? » Pause. « Yeah! Man, we still does! » Pause prolongée. Le premier soir, sur le toit, je me suis fais pendre une fois, mais pas deux. (Ça me rappelle Bush : « Fool me once…Anyway! You can’t get fooled twice! » Sure?) Une crotte de thon croûté, aplatie appauvrie entre deux tranches de pain rassis : 60 bath. Une blague? Non, une insulte – pas tant pour moi que pour le thon; à ce propos, lire le célèbre et feu Jeacques-Yves Cousteau, qu’on n’écouta pas assez tôt. On apprend aussi par ses horreurs. Et quand on tire les leçons qui s’imposent et qu’on se tire ailleurs, ça donne de bons résultats. Dont voici…&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, je sortais vers vingt heures dans la rue, soudainement havre de paix. À l’entrée de l’allée qui mène au temple sur lequel je reviendrai, le trottoir s’anime depuis le crépuscule. Des petits kiosques, sortes de cantines mobiles, offrent tout ce qu’il faut pour nourrir les fringales les plus diverses : fruits de mer frais (une journée!) sur glace, fricassée colorée de légumes marinés, riz frits ou bouillis, brochettes de porc grillé, poulets frits, bœuf mariné, et la combien délicieuse salade Som Tam dont je cherche encore à comprendre la recette – mon Thaï rudimentaire n’aidant. Le tout, avec un doigté et des épices – ail, gingembre, curry, menthe, coriandre, citronnelle, piment, safran blanc, etc. – qui font le secret du goût, bien relevé pour les uns, trop épicé pour les autres. Jamais – ou presque – pour moi. Et tout ça, savoureux, à 25 bath le plat! (Même pas un dollars canadien, encore moins qu’un Euro!) Sans blagues! Négligemment, je laisse 5 bath, pourboire, comme par erreur. Mais non. « Wait, wait! » Le tout pour manger sur place ou pour emporter ailleurs, chez soi par exemple, ou sur le toit de la tour. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Parlant toit de la tour – merci de m’y faire penser –, quelles surprises! Les premiers temps visités, il débordait de pompeux pompés (pas de pompiers en vue) en état avancé d’ébriété. C’était alors le week-end, certes, mais ça donnait un mauvais avant-goût et ça laissait un sale arrière-goût. Eh bien non! Pour des raisons encore mystérieuses, de calendrier lunaire peut-être, la dernière semaine s’est révélée fort agréable. Chaque soir, à l’heure de ma baignade, 6, 8 ou 10 heures : personne. Toit désert. Discrets lampadaires, sans plus. Bar fermé, comme les haut-parleurs. Grâce! Le dauphin, toujours encastré au fond du bassin, m’invitait d’un clin d’œil à le suivre. Rien du « Grand Bleu », certes, mais tout de même. Une bénédiction comparée à la cohue des grandes artères, bouchées, de la ville, austère – « rayonnante, enjouée » aux dires de certains, illuminés. J’avais somme toute pas trop mal choisi mon logis. En étoile dans la piscine, je pouvais contempler les étoiles, distinctes des autres lueurs qui filaient dans le ciel : lointains satellites faussement lambins et, plus près, plus pressés, gros-porteurs pressurisés en descente pour ou en partance de Bangkok et de son nouvel aéroport, situé à vingt kilomètres de là. En un sens, j’avais pas perdu tous les miens (mes sens!).&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais j’allais presque oublier (jamais!). Le temple! La ville en compte trois cents, et j’ai la chance d’en avoir un à moins de cent mètres de « la maison. » Splendide. Comme tous les autres, d’ailleurs, que je n’ai certes pas encore visités.&lt;br /&gt;(Contrairement au Québec ou en France, la Thaïlande bouddhiste n’a vraisemblablement pas été affectée par cette vague nauséabonde de constructions religieuses (mau)dites de renouveau moderne. Ce renouveau qui donna des chapelles obliques-carrées-pointues mode années soixante-soixante-dix, genre église Saint-Philippe. Autant de contrition, de constructions dis-je qui n’ont su contenir le flot de croyants qui défroquent et désaffectent massivement les « temples chrétiens catholiques romains » depuis belle lurette. Et qui donne vingt ans plus tard, années quatre-vingt-quatre-vingt-dix, des nouveaux développements résident-ciel du même genre. Mais c’est une autre histoire à fuir, à suivre dis-je).&lt;br /&gt;Que du propre donc, traditionnel, fier mais humble, et surtout, pieux et fidèle. Solide, comme ces cathédrales qu’on construisait jadis. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai pas encore pu le visiter, faute de temps pris judicieusement. Mais j’ai pu le contempler – d’où l’expression, douce, sans doute. En passant aux environs, une odeur fraîche de ferme et fumier enveloppait tout entier mon système respiratoire. Sorte de retour aux sources fougueux, furtif. J’en vins à douter de mes sens. Mais non. En y regardant, y reniflant de plus près par deux fois, je découvris tout un monde qui habitait et animait l’au-delà – et pourtant immédiat – des murailles. Entre le temple et la rue, outre le stationnement grillagé, des enclos animaux! Je m’approchai, comme un enfant qui découvre pour la première fois un zoo. Entre les poules, trois mulets ruminaient. Presque la campagne, avec des arbres centenaires enrobés de rubans et guirlandes pour en souligner le côté sacré et ainsi éviter qu’ils ne soient sacrifiés. « En l’absence d’amour, rien ne peut être sanctifié » disait Houellebecq dans « Plateforme. » Demain matin, comme tous les autres, les moines sortiront avec l’aube pour faire grâce de leur bénédiction aux pieux passants qui multiplieront les offrandes. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Une brise tiède se lève, bénédiction à ce moment de l’année. Profitons, car dans trois mois, on fondra sur pied. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-441105093010253505?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/441105093010253505'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/441105093010253505'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/01/lenfer-de-la-medaille.html' title='L&apos;enfer de la medaille'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-2496125541057601493</id><published>2007-01-16T03:15:00.000-08:00</published><updated>2007-09-05T11:40:45.637-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>"POUR L'AMOUR DE MASSOUD"</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNLlHCfbaI/AAAAAAAAAAc/8xUp8fML3kM/s1600-h/Massoud5.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5022441110364974498" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNLlHCfbaI/AAAAAAAAAAc/8xUp8fML3kM/s320/Massoud5.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Sediqa MASSOUD, &lt;em&gt;Pour l’amour de Massoud&lt;/em&gt;, XO Éditions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je cherchais à mieux connaître le "Lion du Panjshir", le héro de la résistance afghane du nord contre les Soviétiques, puis les Talibans. Derrière le sourire, c’est l’homme que j’ai rencontré. À travers le témoignage simple, humain, sincère, de sa femme, Sediqa, c’est toute l’histoire d’un peuple, déchiré par quatre guerres en un seul quart de siècle, qu’on découvre à la lecture de ce livre, consacré Prix Vérité 2005, prix spécial du jury.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Architecte de formation, Ahmad Shah Massoud deviendra, pas tant par la force des choses que par la sienne propre et celle des siens, le fin stratège, "le chef rebelle", l’époux fidèle, et le père, fier, amoureux fou de ses six enfants. Lâché par l’Occident, il persistera néanmoins à lutter pour la liberté, l’égalité, la dignité de ses frères et sœurs afghans, sans distinction de classe, de sexe, d’ethnie. Après vingt-six années de résistance courageuse contre l’imposture, Massoud perd la vie le 9 septembre 2001 dans un attentat-suicide perpétré par deux faux journalistes à la solde d’Al-Qaeda. Ce livre rend hommage à un homme, un peuple, une humanité, en quête de paix, d’amour, de vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;"Ce n’est pas la chute des tours, mais la mort d’un homme – et bien avant, le massacre d’un peuple – qui aurait dû sonner la cloche aux oreille des idiots." -&lt;/em&gt; Jean Rage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;"Vous croyez connaître Che Guevara? Ce n’est rien. Découvrez Massoud. Vous comprendrez." -&lt;/em&gt; Samuel Vadeboncoeur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Pour plus de details sur Massoud, consulter notamment :&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Shah_Massoud"&gt;http://en.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Shah_Massoud&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-2496125541057601493?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/2496125541057601493'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/2496125541057601493'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/01/pour-lamour-de-massoud.html' title='&quot;POUR L&apos;AMOUR DE MASSOUD&quot;'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNLlHCfbaI/AAAAAAAAAAc/8xUp8fML3kM/s72-c/Massoud5.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-3853532610659485677</id><published>2007-01-13T03:44:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.412-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>LA TOUR DE BABIL</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Après un mois en terre natale pour saluer le départ de grand-mère, retour au « pays des hommes libres. » Vraiment? Si tel étais le cas, y serais-je seulement revenu? Sans doute. Enfin, me voilà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour à la cage départ donc, au quatrième étage d’une tour de dix. Heureusement, le toit reste accessible (sorry debbie!), un élément-clé de mon sursis, de ma survie urbaine. De là-haut, on peut certes contempler, consterné, la ville qui s’égare en mille et un buildings – autant de tours à bourreaux et loge-ments –, mais surtout se baigner – chaque soir pour ma part – dans la piscine à peine olympique, un dauphin encastré par le fond. L’héliport ne sert pas à grand-chose, comme tant d’autres choses. On pourrait y faire le ménage, puis un jardin. Au boulot!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour au quatrième donc. Mon logis? Trente mètres carrés. Grande fenêtre plancher-plafond avec vue imprenable : certes, deux tours lointaines et anonymes, mais surtout, un temple bouddhiste, splendide, cent mètres devant. En prime : trois grands arbres frémissants à portée de main, et une allée brodée de palmiers. Sans bien sûr oublier un des nombreux canaux de la ville qui passe ici à deux pas de chez moi : pollué et parcouru sans relâche par de longs bateaux-taxis, il n’irrigue rien d’autre que les quartiers ouvriers et commerciaux, véritables fourmilières de verre et de fer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon, toujours dans le même logis : petit balcon, grand lit, minuxcule salle de bain avec cinq sorties d’eau, bureau de travail encombré, armoire vide, frigo débordé, téléphone et prise câblée sans télé, etc. L’air conditionné fait de son mieux : je paie trois fois ce qu’il fournit d’air frais, quand je le fais ronronner – vu que, la fenêtre ouverte, c’est le sauna odorant, dehors comme dedans. L’air con comme on diminutif ici a au moins l’avantage d’étouffer les bruits diurnes de la rue et du couloir : jacassements bilingues, traînement de pantoufles et claquements de talons hauts dans le dernier cas; bagnoles, klaxons, télés, éclats de fer, de voix ou de mégaphone, et je ne sais quoi encore dans le premier. Dire que j’habite un coin « tranquille », à mi-chemin d’un cul-de-sac! J’ose pas imaginer les artères bondées, débordées. Bonté!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand on sort de la tanière, du toit au rez-de-chaussée, en passant par les longs couloirs parsemés de plats salopés négligemment déposés aux seuils des proprets appartements, on trouve notamment : des portes doublement verrouillées équipées de serrures cadenassées, comme si on voulait vraiment chercher à pénétrer le monde de ces internés; des cages d’escaliers aérées encombrées de bouteilles vides – de l’eau-de-vie sans doute, et quelle vie!; deux restos immangeables, détenus par des…c’est ça…détenus; une buanderie, qui doit rentabiliser l’établissement tout entier, au prix de la brassée!; un dépanneur, vide, sinon de bières, chips et tabac; une salle Internet délabrée et un salon de coiffeuses; et une réception, au personnel court/ois et chaleureux (sick). Tout ce qu’il me faut, quoi (sick)! On peut même rencontrer quelques bourgeois chinois – les deux derniers étages sont de prix et qualité dix fois supérieurs aux inférieurs; des petits blancs tatoués et d’autres, plus grands, qui fixent le sol à défaut de toiser les passants; et ainsi de fuite. Passionnant (sic).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de quitter, surtout, ne pas oublier le voisin d’à côté. George l’amerloque (surprise! c’est dans le dico! jeu de mot inclus!), soixante ans, rentier de Boston, librement installé depuis dix ans au pays, six dans la tour. Why? « It’s hot, here! It’s cheap…And the ladies! Men! » Avec bien sûr, donc, sa concubine thaïe, de trente ans son aînée; je le mentionne comme ça, pour situer, parce que j’ai rien contre puisqu’ils restent ensemble et doivent donc sûrement y trouver leur compte. Parlant compte, j’entends railler, dans le trop-plein sens du terne : « Five thousand bath! Today! » Quand c’est pas la télé qui gueule gravement ses si instructives, c’est le couple qui se lance aigrement, allègrement des insultes à tue-tête. « Serenity now! » comme disait Kramer avant de péter les plombs fin 2006.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour votre info, je mets le topo pas trop beau ni jojo, pour éviter les déceptions. L’envers de la médaille, avant la faim de la semaine. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-3853532610659485677?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/3853532610659485677'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/3853532610659485677'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/01/la-tour-de-babil.html' title='LA TOUR DE BABIL'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-6700601839017253216</id><published>2007-01-09T21:59:00.000-08:00</published><updated>2007-04-22T06:46:58.261-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>"COURRIER SUD", DE SAINT-EX</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNQUHCfbbI/AAAAAAAAAAo/Yhoihv23FGU/s1600-h/Courriersud.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5022446315865337266" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNQUHCfbbI/AAAAAAAAAAo/Yhoihv23FGU/s320/Courriersud.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Antoine de SAINT-EXUPÉRY,&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Courrier Sud, &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Éditions Gallimard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jacques Bernis n’est pas rentré. De son poste à Cap Juby, Saint-Exupéry le narrateur veille. Sans relâche, il scrute la nuit, en quête d’une étoile qui en est deux fois une : l’avion et surtout, l’ami fidèle à son bord. « Un moteur grondait quelque part. De Toulouse jusqu’au Sénégal on cherchait à l’entendre. » Dans sa quête, patiente, c’est toute une vie qu’il raconte en l’espace d’une seule nuit; l’aventure d’un homme et, à travers lui, d’une humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien avant les hommes, compressés dans les cabines pressurisées, c’est leurs pensées qu’ont fait voyager, comme des fées, ces oiseaux de fer que pilotaient Bernis. « Courrier précieux, courrier plus précieux que la vie. Oui, De quoi faire vivre trente mille amants…Patience, amants! » Au fil de l’histoire, tricotée serrée, sans fioriture, Saint-Ex révèle ainsi tout ce qui compte vraiment, ce qui unit les choses et les gens, ce qui donne un sens à la vie: le voyage et les sacrifices, le métier, l’amour, l’amitié…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alternant judicieusement les impressions immobiles de l’attente et les souvenirs, immuables, de leur enfance commune, il nous ramène à la hauteur des choses, à la fois grandes et si petites, selon la perspective d’où on contemple. « La terre, de là-haut, paraissait nue et morte; l’avion descend : elle s’habille. » Entrecoupé des bref messages câblés entre les nombreux postes qui parsèment le trajet – Alicante, Agadir, Cisneros, Port-Étienne... –, autant de balises sur la route de ces pionniers des long-courriers transatlantiques, l’histoire dévoile et célèbre l’ordre des choses, même au travers du désordre apparent, et combien déchirant. Une leçon à la fois lourde et légère, qui laisse le lecteur suspendu aux lèvres, aux lignes de l’auteur : « Maintenant tu sais que ces richesses ne sont qu’offertes puis effacées, lavées par les heures comme par la mer. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Ce premier récit de Saint-Exupéry, mon auteur favori je l’avoue, nous invite à lire toute la série de ses écrits qui suivirent celui-ci, non seulement Le petit prince, mais également, notamment, &lt;em&gt;Vol de nuit, Terre des hommes&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Citadelle&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;** « Daigne faire l’unité pour ta gloire, en m’endormant au creux de ces sables déserts où j’ai bien travaillé. » En effet. Antoine de Saint-Exupéry a disparu en vol, en mer, le 31 juillet 1944. Paix à son âme.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-6700601839017253216?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/6700601839017253216'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/6700601839017253216'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2007/01/chroniques-litteraires-2-courrier-sud.html' title='&quot;COURRIER SUD&quot;, DE SAINT-EX'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/RbNQUHCfbbI/AAAAAAAAAAo/Yhoihv23FGU/s72-c/Courriersud.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-8107603531583580137</id><published>2006-12-29T22:06:00.000-08:00</published><updated>2007-04-22T06:47:38.742-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chronique littéraire'/><title type='text'>"Burmese Days", de Orwell</title><content type='html'>George ORWELL,&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Burmese Days,&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Penguins Books.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;À trente-cinq ans, Mister Flory cherche un sens à sa vie. Blasé d’une routine qui se résume au chantier forestier et au Club Privé, aux sueurs chaudes et aux Whiskeys glacés, il n’a qu’une idée en tête : trouver quelqu’un avec qui partager ses journées. Une femme, une vraie. Mais où la trouver? Dans une Birmanie – aujourd’hui Myanmar – sous domination britannique, où trouver la perle rare? Elle surgira sous les traits d’Élizabeth, une jeune et belle orpheline londonienne en visite chez son oncle. Parallèlement aux illusions, aux déceptions de l’amour, les intrigues de l’énorme magistrat local, U Po Kin, se déroulent en trame de fond. À travers les relations – les rivalités! – entre blancs, autochtones et métis, l’auteur dévoile avec vivacité les absurdités, les aberrations de la vie coloniale. Si l’histoire, comme la vie de Flory, n’a rien de passionnante, le style de Orwell, lui, en compense néanmoins la monotonie. Les descriptions colorées rendent fidèlement toute leur splendeur aux paysages, aux personnages; on s’y croirait. Basé sur son expérience en tant que policier dans le pays (1922-1927), l’auteur de &lt;em&gt;1984&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La ferme aux animaux&lt;/em&gt; met ici à nu les mirages et mensonges de la colonisation. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-8107603531583580137?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8107603531583580137'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/8107603531583580137'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/12/chroniques-litteraires-1-burmese-days.html' title='&quot;Burmese Days&quot;, de Orwell'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-3166034136616909826</id><published>2006-12-29T09:07:00.000-08:00</published><updated>2007-03-06T09:27:10.623-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinécure'/><title type='text'>Éloge de l'absurde</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/Re2jdkrhuUI/AAAAAAAAABI/JummrO3WVIg/s1600-h/Elvis+3.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038863286555228482" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/Re2jdkrhuUI/AAAAAAAAABI/JummrO3WVIg/s320/Elvis+3.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Elvis Gratton XXX : Le retour d’Elvis Wong&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;De Pierre Falardeau, avec Julien Poulin&lt;br /&gt;2004&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le pire film de Falardeau » qu’ils disaient. Pour ma part, il s’agit sans doute là de son meilleur en date. À peine plus vulgaire que les aberrations qu’il dénonce, le dernier-né des Grattons combine habilement art contemporain et critique acerbe, absurde délirant et réalisme déroutant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Finie l’époque du garage ou de la scène! Elvis a déposé le micro pour la caméra. « La presse est à vendre!? » Qui d’autre que lui pour diriger « Radio-Cadenas » et « digérer » l’information? Le propriétaire de Télé-Égouts doit bien s’y connaître en la matière. D’entrée de jeu, on touche déjà au cœur du film : « La convergence. C’est comme une pompe à marde : tu pars la pompe, pis une fois que c’est parti, ça pompe tant qu’y en a à pomper.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Du jour au lendemain, la star Elvis Gratton se voit ainsi promu à la « tête » d’un immense empire médiatique, qui inclus non seulement la Station d’État privatisée, mais également: stations secondaires, médias écrits…Tant qu’à être parti, autant réaliser un « film d’auteuse » sur la vie du p’tit gars de Brossard, voire même organiser un show télé-réalité pour lui trouver une femme de taille et de talent, prix de la « Gosse d’Or » en prime. Hilarant. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;La simplicité, voire la banalité des scènes a largement été dénoncée. Mais les déboires d’Elvis, avec sa limousine parlante ou la standardiste automatisée par exemple, ne font que souligner l’absurdité de l’esclavage de l'homme à la machine. Même chose pour les scènes dévoilant successivement un Bob Gratton incapable d’assembler le « casse-tête » du Canada, occupé à jouer les sado-masochistes, ou encore obsédé par le « placement de produit » : le bête, la bête rougit, rugit, ressurgit derrière « l’homme ». &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mieux encore, plusieurs séquences drôlement artistiques surviennent et surprennent ponctuellement. Comme ces extraits du plateau de tournage où les Elvis Wong et Gratton s’affrontent sur des airs de Carmina Burana, ou encore les rêves en noir et blanc d’un Elvis déchu clochard. Autrement dit, ceux, nombreux, qui ont reproché au film de se borner au premier degré n’en n’on fait, justement, qu’une lecture de ce niveau. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ce qui dérange avec Bob « Elvis » Gratton, c’est précisément qu’il dérange. Question de ton, de tons. Les réalités que dépeint le personnage de manière si colorée sont depuis longtemps sous la loupe des patrons et politiciens, des sociologues comme des citoyens. La convergence des grandes entreprises, la complaisance, voire la complicité des autorités, le vedettariat, l’acculturation, sans parler de la qualité de l’information : autant de fantômes qui rôdent discrètement ou qui hurlent désespérément. Si on ne « connais pas », ça se sait, se sent tout de même. Mais « si on n’en parle pas, c’est que ça n’existe pas. »&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Falardeau, à travers Gratton, ne fait pas qu’en parler; il le mime. C’est comme une, deux, dix, mille caricatures de Chapleau. Et si l’on dit qu’une image vaut mille mots, le troisième des Elvis vaut bien quelques dicos. Les personnages, leurs dialogues, de même que la manière, bouffonne, voire grotesque, avec laquelle a été réalisé ce film se révèle fort éloquents. Difficile d’être plus clair. On dirait un film pour sourds, muets et aveugles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les amalgames semblent parfois poussés à l’extrême, notamment entre un défilé nazi et les festivités du 4 Juillet (USA), ou encore entre les cérémonies mortuaires d’Elvis Gratton et de Pierre Elliot Trudeau, on ne peut reprocher au réalisateur d’exprimer, d’assumer jusqu'au bout ses convictions. Au-delà du portrait, sommaire, de la connerie humaine, énorme, le but recherché du film reste bel et bien le…bien-être. Pierre? « Rire pour le simple plaisir de rire, pour rester humain, pour oublier les horreurs du quotidien, pour oublier la mort, pour faire chier les bien-pensants. » &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Couper!&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-3166034136616909826?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/3166034136616909826'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/3166034136616909826'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/12/loge-de-labsurde.html' title='Éloge de l&apos;absurde'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_8nnEcsLQGP4/Re2jdkrhuUI/AAAAAAAAABI/JummrO3WVIg/s72-c/Elvis+3.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-949388886280903823</id><published>2006-12-18T22:43:00.000-08:00</published><updated>2007-01-16T22:45:42.045-08:00</updated><title type='text'>Sol: La fuite</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Hommage à Sol :&lt;br /&gt;La fuite&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’en est passé des choses depuis ton an vol.&lt;br /&gt;Mais tu n’as rien manqué comme je te connais.&lt;br /&gt;Sinon peut-être nos cris d’alarme entre deux éclats de rire.&lt;br /&gt;Car ici et si bas, c’est encore la pagaie.&lt;br /&gt;Faut les voir vomir leurs bulletins de poubelle.&lt;br /&gt;De quoi faire rager, mais on rame toujours, on la ramène,&lt;br /&gt;Sinon le flot va nous empoter – de sang froid.&lt;br /&gt;On n’est pas des cruches. On a toujours dit de ne pas charrier.&lt;br /&gt;Et pourtant, un tel ment, un tel autre meurt.&lt;br /&gt;Ce ne sont jamais les cons qui partent en premier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu sais, depuis ton départ, c’est l’hiver, si froid.&lt;br /&gt;D’ailleurs, j’y pense! Les plats vont refroidir.&lt;br /&gt;Trop peu de neige, mais six degrés, c’est déjà zéro.&lt;br /&gt;Ça gèle. Ça dure, c’est dur.&lt;br /&gt;Sûrement quelque chose qui cloche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tiens parlant cloche.&lt;br /&gt;Le premier sinistre continue de passer la charrue, et nous à pelleter dans la rue.&lt;br /&gt;L’autre étale ses plans démoniques, déballe ses Conseils et remballe le Trésor.&lt;br /&gt;Question de nous remplir pour mieux vider les coffres pourtant bien garnis.&lt;br /&gt;À ce train las, la haute satiété aura fait main basse, sans détour,&lt;br /&gt;Sur la classe moyenne descendante et ce, bien avant ton retour.&lt;br /&gt;Le virage à droite, c’est pas juste aux feux rouges. Chaque priorité à son prix, élevé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais en bons jobards que nous somnolons,&lt;br /&gt;Il devrait se faire reluire sans même friser autre chose que sa perruche.&lt;br /&gt;Immangeable et pourtant, on repassera la même commande.&lt;br /&gt;On navet pourtant été prévenus. Gare au con-mandanté!&lt;br /&gt;C’est si al dente que ça colle aux fesses – et la frousse avec.&lt;br /&gt;Bref, ça ne veut plus décoller du plat fond.&lt;br /&gt;Bon appétit!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Foutre-frontière, ça empire choque-jour.&lt;br /&gt;Les États-Honnis pestent toujours hautains, déments! Ciel!&lt;br /&gt;Le Provident du moins, et tout son cirque derrière lui.&lt;br /&gt;Gorge Débile-You Bouche, ou quelque chaise comme sale.&lt;br /&gt;L’extrême-étroite prend de l’aigreur, elle repart en croisière&lt;br /&gt;Pour propulser sa bonne parabole via missives de croiseurs.&lt;br /&gt;Et ça se prétend con-prositeur. Va pour le con, mais prose?&lt;br /&gt;Les ténors réécrivent la Siphonnie du Nouveau Monde des Barjots.&lt;br /&gt;Ils jouissent du xénophobe, mais interdictionnent le sexophone,&lt;br /&gt;Condamné partouze, sauf qui peut dans les prisons de Bacuba ou d’Abus d’Caïd.&lt;br /&gt;Perdant tout son temps, ils tuent les pôvres Jean, leurs coupent la fête.&lt;br /&gt;Une démentalité à donner froid dans le dos.&lt;br /&gt;Sans doute à cause du canon pointé sur la nuque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tiens par exemple.&lt;br /&gt;C’est pas joyeux d’être gai par l’étau qui couvre sur l’enclume.&lt;br /&gt;Rien à faire des sourires. Il faut souffrir pour être beaux.&lt;br /&gt;« Pas le teint de s’amuser, il fou travailler » de railler les radicaux démagogues.&lt;br /&gt;« Muselons les pédoncules » de se rallier tous en peur les haricots démaGeorges,&lt;br /&gt;La tête enflée, gonflés à froc, le torse bandé à défaut d’autre chose,&lt;br /&gt;Gavards de Genèse et d’OMG depuis laide lurette.&lt;br /&gt;Rien d’aphrodisiaque là-dedans. Que du freudien.&lt;br /&gt;De la pure fraude morale en purée.&lt;br /&gt;C’est pourtant pas compliqué. Pas besoin de sombrer dans le complexe.&lt;br /&gt;Il suffit juste d’apprendre à se connaître, comme dans la Bible.&lt;br /&gt;S’aimer. Faire l’amour, tous les jouirs, au lieu de le fuir.&lt;br /&gt;C’est ça, bien propre et tout, que la recette sécrète. Rien de sorcier.&lt;br /&gt;À croire qu’ils craignent de se retrouver coincés en souricière.&lt;br /&gt;Marrant. Ça ferait sourciller plus d’un marron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon, ils se plaignent des terrorisses et des pirates de l’ère,&lt;br /&gt;À l’heure qu’ils fondent et défont pires en chœur,&lt;br /&gt;Même s’ils n’en n’ont pas l’air, mimes de rien.&lt;br /&gt;Car c’est pas des avions qu’ils détournent, mais toute notre attention.&lt;br /&gt;D’ailleurs pas besoin de détrôner des avortons&lt;br /&gt;Quand on a sa propre flotte et qu’on l’affrète soi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour faire tourner l’économie et ainsi mieux nous rouler,&lt;br /&gt;Ils relancent en bon roublard une nouvieille guerre d’étroits.&lt;br /&gt;Ils veulent l’immondialisation.&lt;br /&gt;Ça c’est l’immonde, sans frontières.&lt;br /&gt;Et pourtant, loin de bâtir des ponts, ils nous font pâtir sous les murs.&lt;br /&gt;C’est le vice et Varsovie.&lt;br /&gt;Mais ça ne suffit pas pour cette bande de suffisants.&lt;br /&gt;Comme ça marche pas au pas comme ils le voudraient,&lt;br /&gt;Alors ils volent de l’avant avant que ça ne recule.&lt;br /&gt;Le démon Dialisation prend un autre visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai pas trop compris parce que je suis pas débilingue.&lt;br /&gt;Quoi qu’il en sue, Débile-You a gloussé sa phrase lapidaire de dilaté&lt;br /&gt;Qui visait notablement les autres fous-furax&lt;br /&gt;Qui lapident les femmes pour cause d’adultère.&lt;br /&gt;« L’axe du mal » qu’il disait.&lt;br /&gt;Sans doute une sorte de laxatif pour les maux d’estomaqués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, je me suis senti rassuré, parce que j’ai moi-même des crampes au ventricule.&lt;br /&gt;De l’hypertension soutient mon docte heur.&lt;br /&gt;C’est pas de chance, parce que ça donne des crisses cardiaques.&lt;br /&gt;Mais je suis pas tout à fait con vaincu pour autant,&lt;br /&gt;Passe que s’ils ont raison, ça fait un bail que le monde en grand complet aurait craqué.&lt;br /&gt;C’est vrai! C’est dur pour le foie, le cœur et le corps entier les orgies nucléaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« L’Arc du Mal » qu’il martelait, masse à l’appuie.&lt;br /&gt;Ne manquait plus que la serpe d’hier.&lt;br /&gt;Bref, ça consternait trois autres états unis dans la perfidie :&lt;br /&gt;L’Hirakiri, l’Ire-Han! et l’Ékœurée du Nord.&lt;br /&gt;Tous Troie avaient au moins un poing en commun :&lt;br /&gt;L’auto-combustion lente. Ils suffoquaient déjà à petit feu de foyer,&lt;br /&gt;Comme dans l’Europe nasillarde d’antan.&lt;br /&gt;C’est vrai que les gentils de ces petits pays en ont Myanmarre,&lt;br /&gt;Comme les cons et colons qui s’adorent de Colombie,&lt;br /&gt;Mais c’est pas une raison pour faire comme naguerre,&lt;br /&gt;Au temps des Vietnamoureux, coincés entre Rustres et Nains de Chine.&lt;br /&gt;On n’a pas idée de sonner le glas quand le triangle dort!&lt;br /&gt;On naît pas de Thaï pour ce genre de corrida.&lt;br /&gt;Et dire que ça pourrait être pourtant si beau Lao!&lt;br /&gt;Mais pas de quoi s’enquiquiner pour autant,&lt;br /&gt;Car pour un Pablo Escrobar assassomé,&lt;br /&gt;C’est mille autres qui reprennent en fleur leur vil et vain trafic de dogmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai écrit une lettre pas trop mal pour leur fer porc qu’on n’était pas cons,&lt;br /&gt;Mais seulement contre.&lt;br /&gt;Ils m’ont maudit d’aller voir là-bas si j’y suis.&lt;br /&gt;Eh! bien c’est la sale fois que je les ai écoeuré.&lt;br /&gt;J’y suis allé!&lt;br /&gt;Et j’en reviens pas encore.&lt;br /&gt;Car c’est pas joli là-bas mon ami!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont lancé l’armada à l’assaut.&lt;br /&gt;Un, deux, trois, mille cheval, de Détroit je crois.&lt;br /&gt;Ça fait des chevaux de trop sur la soupe.&lt;br /&gt;Ils ont démarré au petit trot, mine de rien,&lt;br /&gt;Pour rapidement prendre leur vitesse de croiseurs&lt;br /&gt;Et atterrir bruyamment au grand galop.&lt;br /&gt;À les voir arriver avec leurs gros salauds,&lt;br /&gt;Ça explique pourquoi les autres se font exploser la ciboulette.&lt;br /&gt;Comme quoi c’est plus facile de biaiser l’opposition chez soi&lt;br /&gt;Que de s’attaquer au plat de résistance du voisin.&lt;br /&gt;Sonne tout, ils sont las pour trépasser un sale Qatar d’heurt.&lt;br /&gt;Dommage pour les enfants désillusionnés de l’Amer hic! Profonde.&lt;br /&gt;Désolé, mais, comme distraient les Gaulois, ça me soûle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À bien y regarder, ils me font piété ces sympathétiques.&lt;br /&gt;Comme la poule avant œufs, ou mieux,&lt;br /&gt;Conne l’URSS n’a pas vraiment Russie,&lt;br /&gt;Ils finiront bien un jour par péter et se planter à leur tour.&lt;br /&gt;Car on se fait toujours pendre à son propre enjeu, oh! si sale soit-il.&lt;br /&gt;C’est pas l’enfer ici, ni le paradis. C’est l’asile d’arriérés.&lt;br /&gt;On se croirait détournés en arrière, au moyen-âge, pire, au dernier.&lt;br /&gt;Tous fous, faux, fuyants dans le temps,&lt;br /&gt;En quête d’une immoralité millénaire.&lt;br /&gt;Ils font les pompeux, mais ça va fondre comme Pompéi au soleil.&lt;br /&gt;Et oubliez les pompiers. Nie aura plus que les pompes funestes, radieuses.&lt;br /&gt;Mais le franc sait, lui! Et il ne se tait pas, lui. La vérité ne lui fait pas peur.&lt;br /&gt;Il dit ce qu’il pense : Attention.&lt;br /&gt;Mais on l’a fait traire pour mieux mentir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mensonges. Quelle bonne bague! « C’est de bonne guerre. »&lt;br /&gt;Impossible de le faire parler, même clairement.&lt;br /&gt;Il fait le militaire. Et s’il ouvre la bouche, il ment. C’est clair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça se croit adjudant-maître,&lt;br /&gt;Ça se sert le premier, ça asservit l’univert entier&lt;br /&gt;Tout ça, tout sale, à la baguette, sertie, tout assortie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais faut surtout pas se leurrer.&lt;br /&gt;Il faux encore distinguer les vrais des faucons.&lt;br /&gt;Car il n’est qu’un petit pion, polisson,&lt;br /&gt;Pour ces ogres incomplets-vestons,&lt;br /&gt;Mi-litaires, mi-lliardaires,&lt;br /&gt;Qui ne font pas dans la demi-mesure.&lt;br /&gt;Ils s’agrippent les sacripants!&lt;br /&gt;Ils s’accrochent à la sacoche,&lt;br /&gt;Saccagent tout sur leur pesage.&lt;br /&gt;De vrais bouchers de lions! Pas de quartiers.&lt;br /&gt;Ils sont ravis, tout en liasse, avec des portes-folio&lt;br /&gt;Presque aussi ronds et repus qu’eux-mêmes.&lt;br /&gt;Avec leur cravache autour du cou qui pointe direction le tronc,&lt;br /&gt;Comme pour insignifier qu’ils en ont.&lt;br /&gt;À trop laisser-aller, ils nous perdrons tous,&lt;br /&gt;Et bien avant qu’on ne les prenne,&lt;br /&gt;Se pendront avec.&lt;br /&gt;Maigre consolation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pue aussi se viander d’avoir nos scandales!&lt;br /&gt;Mais quand j’en parle, on fait la soule oreillette.&lt;br /&gt;« Scandales. Comment? Dites! »&lt;br /&gt;Même les gros bonnets de bain impliqués n’ont rien voulu avouer.&lt;br /&gt;Ils ont cherché à nous faire avaler leurs « Je ne me souviens pas. »&lt;br /&gt;Mais comme disait l’Archevêque : « Attendez que je me souvienne. »&lt;br /&gt;Car j’ai la mémoire longue. Éléphantesque. Et des cornes, avec. D’ivoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils cherchent certes à nous beurrer, mais nous ne sommes pas ducs.&lt;br /&gt;Il n’y a pas de bonne guerre.&lt;br /&gt;Il n’y en a qu’une. La sale.&lt;br /&gt;C’est pas des salades. Que des saloperies.&lt;br /&gt;Mais moi je le répète avant que ça pète, repu:&lt;br /&gt;Attend, Sion. Attend. Attention!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-949388886280903823?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/949388886280903823'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/949388886280903823'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/12/sol-la-fuite.html' title='Sol: La fuite'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-4381120564220738766</id><published>2006-12-17T22:20:00.000-08:00</published><updated>2007-09-19T17:43:17.347-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hommage'/><title type='text'>SI SOL, OH! MONDE!</title><content type='html'>Hommage à Sol&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh! Mage. Ah! Sol.&lt;br /&gt;Un an déjà et toujours aussi chalutier, petit cachotier!&lt;br /&gt;On a pris la haute mer pour remonter à la souche?&lt;br /&gt;Je comprends. Prend tout ton temps.&lt;br /&gt;On est toujours patient, on trouve toujours le temps&lt;br /&gt;Pour ceux et celles qu’on aime tant tellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, et pourtant,&lt;br /&gt;La Scène peine à te remplacer,&lt;br /&gt;Et dans les salles, combles de désespoir,&lt;br /&gt;On t’attend toujours. On croirait presque t’entendre,&lt;br /&gt;Bien patients devant la poubelle, impassible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T’inquiète! On a fait le mélange d’automne.&lt;br /&gt;Tout est presque propre, prêt, pour la fuite de choses.&lt;br /&gt;Ce serait, oh! Dieu, rien détonnant comme tu rirais.&lt;br /&gt;Rien pour te faire dresser les chevaux sur la fête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a tout préparé pour tenter de t’honorer.&lt;br /&gt;Jamais trop tard aux dires de l’horloger&lt;br /&gt;Pour célébrer ton passage, ton départ, tes détours, ton retour.&lt;br /&gt;C’est un grand destin, mieux qu’une banquise, qui t’attend, t’espère.&lt;br /&gt;C’est le tout-Québec, bien gratiné, qui se dore, t’adore, t’implore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et avec toi, on n’est presque pas tout Sol pour manger ce soir à ta Stanké!&lt;br /&gt;Un petit casse-gueule? Essayez-moi ces chefs-d’uvre!&lt;br /&gt;Qui sobre le champagne avant que les initiés ne dégrisent?&lt;br /&gt;Un filet de Sol à l’ombre des éperlans? Attendez de voir le désert!&lt;br /&gt;Les plus friands disent pourtant que tu seras en retard.&lt;br /&gt;Moi, je suis sûr que tu seras fidèle,&lt;br /&gt;Sans costard. Juste un pare-dessous. Enfin, patience. Silence.&lt;br /&gt;Voici le plateau de résistance. Bon apéritif!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T’es où, têtu? Tu t’es tu, muet comme carpe diem! Où te terres-tu?&lt;br /&gt;Te serais-tu enfouis loin de la cohue sans prévenir, petit Merlin!&lt;br /&gt;Comme ce trésor sans frousse ni trousseau que tu es.&lt;br /&gt;Poches vides, tête légère, cur plein, tremplin, presque trop plein.&lt;br /&gt;Tu me sembles si lointain, pire que Tintin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T’as suivi ton étoile, mieux, tu as tracé la voix, fier, fidèle et rebelle.&lt;br /&gt;À moins que tu ne te sois fait choper par les sévices secrets?&lt;br /&gt;C’est vrai qu’ils n’entendent pas à rire ces temps-ci non plus.&lt;br /&gt;Et puis d’ailleurs, ils n’aiment pas trop les farces à claques!&lt;br /&gt;Ils ont voulu te faire chanter? J’imagine ta réponse, torse bombé :&lt;br /&gt;"Mais je sais pas!" Ils n’ont pas dû aimer ça.&lt;br /&gt;Car ils mettent les bouchers doubles pour trouer des coupables.&lt;br /&gt;Ils condamnent des innocents pour moins que ça, tu sais,&lt;br /&gt;Sans souci pour les pieuvres à conviction.&lt;br /&gt;C’est vrai que trois curs et huit pattes suffisent à peine&lt;br /&gt;Pour survivre en ce beau-monde – même soûl les eaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j’y panse. C’est peut-être pas si grave.&lt;br /&gt;As-tu seulement posé la plume, levé l’encre pour mieux t’envoler?&lt;br /&gt;Ou bien tu as largué les amarres pour aller narguer autre part?&lt;br /&gt;Ah! Marre, marre à la fin! Il fait noir, faim, froid, et soif.&lt;br /&gt;Soif de toi, de ce devin, divin, ce verbe, cette verve unique,&lt;br /&gt;Onirique, qui rassasiait et réchauffe encore tant nos foies.&lt;br /&gt;C’est la famine ici-bas, le perplexe solaire tout en boule.&lt;br /&gt;On se retrouve sans toit, perdus, sans voix pour nous guinder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On vivait, virevoltait pourtant bien avec toi, vivace, fugace, vivifiant,&lt;br /&gt;Les pieds sous terre, bien au chaud, la tête en l’air, bien au frais.&lt;br /&gt;Tu mettais, agile, volubile, les justes mots sur l’injustice de nos maux.&lt;br /&gt;Et dieu qu’on se payait leurs têtes de trucs!&lt;br /&gt;Ça doit bien faire…Combien, un bail, douze mois? Dis-moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;* (Pour des raisons de circoncision, de contrition, de concision dis-je,&lt;br /&gt;La suite se trouve, s’égare après ce qui suinte, ce qui suit, soûl la rubrique "La fuite.")&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Mais je vois hélas que je m’égare, hagard.&lt;br /&gt;Ya tout de même mieux à faire et à dire.&lt;br /&gt;Et si long parlait de toit.&lt;br /&gt;Car je ne t’écrie pas pour te parader de tout sale.&lt;br /&gt;Tu en as déjà vu diantre!&lt;br /&gt;Et quelque soit l’endroit où tu te trouves,&lt;br /&gt;Tu dois sans doute recevoir de nos nouvieilles.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non je t’écrie pour ça, louer ta mémoire.&lt;br /&gt;Je sais, ça n’a pas de prix, mais je me suis épris à mon propre jeu.&lt;br /&gt;Je sais, je sais aussi. Ça t’es régal.&lt;br /&gt;"Point d’hommage" tu disais.&lt;br /&gt;Dommage, car je me fais un point d’honneur&lt;br /&gt;De sortir pains, fromages, et ce n’est pas sans levain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T’as vu le jour en pleine crise écornomique, à la faim des années fioles.&lt;br /&gt;Mais tu ne t’es pas épargné pour autant. T’as su émerger de tes éprouvettes.&lt;br /&gt;D’abord un court destin publicitaire,&lt;br /&gt;Mais comme tu n’étais pas démagogue à plat vendre plein,&lt;br /&gt;T’as préféré, démocrate du choeur, par et pour le coeur, le long festin.&lt;br /&gt;T’as levé les voiles et du haut de ta vigile, élevé la voix.&lt;br /&gt;Je me rappelle encore – quel coup de théâtre!&lt;br /&gt;"Nouveau Monde en vie!" Premier prix de comédie en prime.&lt;br /&gt;Trois ans plus tard, tu repars, et tu dis "En France!"&lt;br /&gt;Mais tu reviens vite, vif, dès cinquante-sept,&lt;br /&gt;En bon "Survenant", en pleine "Jeunesse dorée."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était pas tes plus drôles, quand soudain, "La Boîte à Surprise!"&lt;br /&gt;Sol! Enfin! Vois! Le jour! "La terre! Terre! Terre!"&lt;br /&gt;T’as toujours su garder le pied bien posé dessus, malgré tes envolées.&lt;br /&gt;Sol. Un drôle de moine aux traits coloriés.&lt;br /&gt;Sol le clown, le clochard, vif et naïf, qui sonne les cloches.&lt;br /&gt;"L’enfance de l’Art, c’est la jeunesse du coeur" tu disais.&lt;br /&gt;C’était, c’est ça Sol : un coeur d’enfant dans un corps d’artiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça commence en duo, avec Bim et Sol, puis Sol et Bouton.&lt;br /&gt;Ah! Sol et Gobelet aussi. "Un fou" dira Luc durant dix-neuf ans.&lt;br /&gt;Les émissions, télé-actives, rien de nocives – bien au contrire –,&lt;br /&gt;Étaient prévues pour les enfants, mais les adultes ont vite compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour tu es parti en solo, comme tant de clodos,&lt;br /&gt;Multipliant les chauds et spectaculaires,&lt;br /&gt;&lt;em&gt;D’Esstradinairement vautre&lt;/em&gt; à &lt;em&gt;Prêtez-moi une oreille attentative&lt;/em&gt;,&lt;br /&gt;En passant par &lt;em&gt;Je mégalomane moi-même &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Le Fier Monde&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Petit à petit, élégant, tu as grandis, éloquent, et combien loquace.&lt;br /&gt;Autant de prestations qui te méritèrent des pas trop fées.&lt;br /&gt;Mais bon, faut ce qui faux.&lt;br /&gt;T’avais tout ce qui faut, que du vrai, imper-manteau et toux,&lt;br /&gt;Mais on n’est pas tous être Raie, Mont, L’évêque!&lt;br /&gt;Pour refuser les horreurs. On peut encore redorer son blason!&lt;br /&gt;Pied-de-nez aux notoriétés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abords le médaillon de l’ordre des francophiles d’Amer-Mixte en 1989.&lt;br /&gt;Puis on te fait Chevalier de l’Ordre national du Québec, en 1995.&lt;br /&gt;J’ignorais que tu montais à cheval, mais ça ne m’étonne guère.&lt;br /&gt;Tu faisais si bien, cavalier Sol.&lt;br /&gt;Ils ont récidivé trois ans plus tard, pour ta renommée,&lt;br /&gt;Chevalier, de l’Or des Pléiades sept fois. Que dis-je!&lt;br /&gt;Ces sept filles, d’Atlas, pourchassées par Orion,&lt;br /&gt;Transformées en étoiles par Zeus lui-même.&lt;br /&gt;Dans le ciel de minuit, seules six sont visibles,&lt;br /&gt;La septième n’étant aperçue que des yeux perçants.&lt;br /&gt;On t’a à l’oeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ignorais que tu as fait aussi l’armée. Enfin, c’était naguère.&lt;br /&gt;Fin finalement gradué Officier de l’Ordre du Cadenas en deux mille trois.&lt;br /&gt;Comme disait le grand Farfadet, lourd de son fardeau :&lt;br /&gt;"Les boeufs sont lents, mais la terre est patiente."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, rien à voir avec La Palme d’Art en mémoire de George Émule,&lt;br /&gt;Pour ta contrition remarquée à l’ameilleuration de la longue franchise au Québec.&lt;br /&gt;Plutôt original quand on sait que tu déformais les mots pour mieux les réformer.&lt;br /&gt;Dans le genre de Vian, mieux même, rien de déviant, tout juste défiant.&lt;br /&gt;Du géant! Que dis-je! Du génie!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il a fait un cirque de lui-même" disait Gilles Vignoble.&lt;br /&gt;Et dieu sait qu’il s’y connaît en la matière.&lt;br /&gt;Car c’est beau les cirques, les fêtes folles et foraines.&lt;br /&gt;C’est plein de frais, de vérifié, nu, souple.&lt;br /&gt;Le faîte des célébrations avec ses bêtes, humaines et animales,&lt;br /&gt;Enfin rassemblées, qui s’animent et s’illuminent,&lt;br /&gt;Qui amusent la foudre, amenuisent la folie.&lt;br /&gt;Et la galle rie, guérie à te voir danser sur tes guéridons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Un cirque de lui", bourrée d’effet spéciaux, presque explosifs.&lt;br /&gt;Capable de jouer tous les drôles à la fois,&lt;br /&gt;Plus agile qu’un éléphant sur son ballon.&lt;br /&gt;Plus fluide qu’un caméléon sur l’arc-en-ciel.&lt;br /&gt;Cracheur de feu, de foi, de fables.&lt;br /&gt;Avaleur de sable, jongleur de mots.&lt;br /&gt;Équilibriste, contorsionniste, trapéziste du verbe.&lt;br /&gt;Druide, alchimiste, mage et magicien de la langue, heureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un orchestre en peluche, capable de jouir de tous les instruments.&lt;br /&gt;Tu savais aussi bien chatouiller le harpon que l’harmonieuse,&lt;br /&gt;Essouffler fiévreusement autant les bas sons que les hauts bois.&lt;br /&gt;Une mélodie en soie quoi, une symphonie, en un seul âne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quel sportif! Olympique, épique.&lt;br /&gt;Escrimeur qui vise juste tout en esquivant.&lt;br /&gt;Plongeur qui n’a pas peur de se mouiller.&lt;br /&gt;Sprinter, coureur de fond ou à obstacles&lt;br /&gt;Qui s’affranchit sans sourciller des distances,&lt;br /&gt;Des fonciers, des frondeurs et des frontières&lt;br /&gt;Pour mieux faire sursauter les barrières,&lt;br /&gt;En hauteur comme en longueurs et autant de largesses.&lt;br /&gt;Fier lanceur de pois, de javelot et de marteau.&lt;br /&gt;Un talentueux à couper le sifflet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À bien m’y pencher, pensuif,&lt;br /&gt;Je me rappelle maintenant la première foi.&lt;br /&gt;J’avais huit ans, mon père quarante.&lt;br /&gt;Ça, ah! Ça été le coup de foudre.&lt;br /&gt;Je suis tout de suite tombé en humour,&lt;br /&gt;Du premier au dernier numéro.&lt;br /&gt;Mieux qu’à la loto; je gagnais coup sur coup.&lt;br /&gt;Je suis resté sidéral devant toi,&lt;br /&gt;Comique cosmique. Rien de cosmétique.&lt;br /&gt;Pour moi, tu étais hier et reste encore aujourd’hui&lt;br /&gt;Un père noël, une prière nouvelle,&lt;br /&gt;Avec son sac bourré d’histoires,&lt;br /&gt;Enivrantes, émouvantes, époustouflantes. Essoufflant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était le déluge, d’un sublime plein de subtilités, précises.&lt;br /&gt;L’économie pouvait s’engourdir, s’engloutir,&lt;br /&gt;Et dehors, l’air se refroidir, se glacer, se mettre à neiger.&lt;br /&gt;Nous, à tes côtés, on était encore tout réchauffé.&lt;br /&gt;Mieux qu’un feu de foyer, de camp, de forêt, de joie.&lt;br /&gt;Quelle fumisterie!&lt;br /&gt;Et quelle énergie! "Un paquet de nerfs", disait encore l’hôte,&lt;br /&gt;"Bien ficelé", mieux que les broderies de Bruges.&lt;br /&gt;Doigté d’une finesse d’araignée,&lt;br /&gt;Tu recréais, revigorais les mots, la langoureuse.&lt;br /&gt;Tu mets tout en lumière, hors du joug, sous son jour vérifable.&lt;br /&gt;Un univers en soie, solide comme du rock, agile comme un orque.&lt;br /&gt;Un massage universel! Ça délire les langues, les tensions.&lt;br /&gt;Et ce don de me faire pleurire!&lt;br /&gt;C’est si bon pour la santé. C’est vrai!&lt;br /&gt;Rabelais comme Rubenstein le disait :&lt;br /&gt;C’est tétrapeutique : bon pour le cur, le corps, l’âme, l’esprit.&lt;br /&gt;Tu es ce que le franc, sait, a connu de plus beau. De plus frais. Vrai!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant tellement qu’on ne voulait, on ne pouvait plus sortir à la faim.&lt;br /&gt;Mais, pas le choix. Tu devais bien retourner à la ruse.&lt;br /&gt;Nous, on ressortait Gandhi de ces soirées passées en ton humble compagnie.&lt;br /&gt;Finies la phobie des grandeurs : la vie est trop courte pour être petite.&lt;br /&gt;Ton départ, comme celui de grand-mère, partie au ซ diable vert ป, le confirment.&lt;br /&gt;C’est comme en haute merde :&lt;br /&gt;Faut être bon matelot pour suivre tel capitaine.&lt;br /&gt;Un récif n’entendait pas l’autre.&lt;br /&gt;"Mirage à tribord, rivage à bobards!"&lt;br /&gt;Même devant le naufrage, il faut garder le cap, maintenir l’équilibre.&lt;br /&gt;La seule solution reste encore de continuer.&lt;br /&gt;Et s’il t’arrivait un pépin?&lt;br /&gt;Je veux bien reprendre le flamboyant, mais c’est pas faucille.&lt;br /&gt;Faudra encore aiguiser les larmes, aiguiller les railleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je les entends déjà qui la ramène.&lt;br /&gt;Des francs pharaons qui se la jouent sur notre Do.&lt;br /&gt;Ils se Ré-unissent à Huit-clos, nous Mi à part.&lt;br /&gt;Mais ça ne se passera pas comme Fa.&lt;br /&gt;N’est-ce pas Sol? Sol, tu es La?&lt;br /&gt;Sol? Si seulement tu étais La.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Las?&lt;br /&gt;"La cigarrête!" disait la pub.&lt;br /&gt;Du coup, je me suis dit, en m’allumant : ça va faire un tabac!&lt;br /&gt;Rien à faire. Mon médecin de fourmille y a succombé.&lt;br /&gt;Je te sais bien coriace; t’as jamais flanché.&lt;br /&gt;Et nous, jamais on se lassera, jamais on ne te lâchera.&lt;br /&gt;Mais si ça continue, c’est ta santé qui va flancher,&lt;br /&gt;Un peu froissée, fanée, à peine fâchée.&lt;br /&gt;Certes, de mon côté de cheminée, je fulmine toujours au temps.&lt;br /&gt;Mais j’ai à peine trente ans, toutes mes dentelées.&lt;br /&gt;Et puis comme je te l’ai d’or et déjà dit:&lt;br /&gt;Ne nous quittes ou double jamais!&lt;br /&gt;Car on ne veut surtout pas te pendre, te perdre.&lt;br /&gt;Vas-tu te rendre à soixante-dix-sept ans?&lt;br /&gt;Mais tu n’as pari. Tu Es quand même pardi!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Petit bisou" de ta douce mousseline qui sommeille auprès du feu,&lt;br /&gt;Apprivoisé du bois que tu coupais encore sept semaines avant ton départ.&lt;br /&gt;Nous, on te fait la brise aux quatre vents, en t’attendant.&lt;br /&gt;C’est certes pas la tienne au soir de la Saint-Jean,&lt;br /&gt;Mais c’est la nôtre, à toi, notre hôte, toi qui nous a appris&lt;br /&gt;À dire merde et merci quand il le faut.&lt;br /&gt;Toi, notre hôte, qui sais si bien y faire, défier, déferler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens de recevoir un coup de Phil d’outre-mer.&lt;br /&gt;Tu ne pourras pas te joindre à nous ce soir :&lt;br /&gt;Retenue au-delà des porches de Saint-Pierre,&lt;br /&gt;Apparemment, petit garnement.&lt;br /&gt;Je dirais comme chantait Chant-Prière Fervent,&lt;br /&gt;Eh! beau bonhomme, serais-tu devenu un ange?&lt;br /&gt;T’inquiète, ce n’est que patrie remise,&lt;br /&gt;Car comme tu le disais si bien :&lt;br /&gt;"On a beau faire le saut toute sa vie,&lt;br /&gt;Ce qui compte c’est toujours le dernier moribond."&lt;br /&gt;Vrai!&lt;br /&gt;Prend grade où tu mets les pieds,&lt;br /&gt;Car j’ai eu vent qu’en posant ton pied, nu, sûr, le Sol lunaire s’est éclaté :&lt;br /&gt;"Un petit pas pour l’âme, et un pas de géant pour l’humilité."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ceci est mon pommier, mais non le denier, hommage à Sol.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-4381120564220738766?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4381120564220738766'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4381120564220738766'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/12/si-sol-oh-monde.html' title='SI SOL, OH! MONDE!'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-7518676199857189347</id><published>2006-12-14T05:51:00.000-08:00</published><updated>2007-06-18T17:22:34.706-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hommage'/><title type='text'>Oh! REVOIR GRAND-MERE.</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;En mémoire de Mme Yvette Faucher Jutras&lt;br /&gt;29 juin 1922 – 11 décembre 2006&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Ne me pleurez pas.&lt;br /&gt;Enviez-moi pour l’intensité&lt;br /&gt;avec laquelle j’ai su vivre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- À une femme fière et fidèle,&lt;br /&gt;au cœur grand comme le mystère de la foi.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T’es où, belle grand-maman? T’as levé l’ancre, largué les amarres? T’as hissé les voiles, repris la grande mer? Pour aller où? « Au pa-ra…guay »? comme ironisait si bien Richard Desjardins. « Au diable vert? » comme tu me le reprochais si souvent, si justement. C’est d’ailleurs là que je me trouvais – « au diable vert » – quand j’ai appris ton départ, précipité – prémédité?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après trois jours passés à visiter autant de projets dans le grand nord thaïlandais – c’est vrai qu’il y fait frisquet; l’air se refroidit à l’approche de la frontière birmane –, je rentrais peinard – penaud? – à Bangkok, « la cité des anges » (sic). Dans la wagonnette qui ronronnait doucement sur la route morne et monotone, tout le monde dormait, sauf moi – et, par bonheur, le chauffeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je revoyais en rafale les visages récemment rencontrés – le guide vantant les vertus de la pisciculture initiée par la princesse, la jeune professeure vendue à sa nouvelle bibliothèque portative, la grand-mère vautrée dans sa « warm blanket » fraîchement confectionnée – quand la cloche sonna la fin de la récréation. Mon portable s’animait et pour une fois, je répondis – plus par souci de discrétion que de curiosité. « Maman? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai écouté, religieusement. Que pouvais-je ajouter? « Je te rappelle dès qu’on se pose. » Je me suis effondré, littéralement, revoyant cette fois en rafale tout ce que j’avais fait – ou n’avais pas fait – pour toi, avec toi, mais surtout, tout ce que toi tu avais fait – pour moi, certes, surtout, mais aussi pour celles que j’aime et tous les autres que je ne connais pas encore. Tellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie est drôlement faite – « drôle dans le sens de bizarre, pas de comique » comme le précisait si judicieusement Yvon Deschamps. Je pense chaque jour à toi, mais là, c’était du concentré. Une heure plus tôt, je déballais, amusé, ma collation. Comme tout ce qui se vend ici au coin de la rue, mes petits biscuits étaient emballés deux fois plutôt qu’une dans autant de sacs de plastiques, le premier broché, le second scellé au moyen d’un élastique. Pareil comme toi : sacs sur sacs, tous de plastiques, brochés, élastiques en prime. « Faudrait que j’appelle Yvette. Ça doit bien faire, quoi, deux semaines. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme disait Kundera, l’auteur de &lt;em&gt;L’insoutenable légèreté de l’être&lt;/em&gt;, « on ne peut reprocher à la vie d’être si fascinée par la mystérieuse rencontre des hasards, mais on peut avec raison reprocher à l’homme d’être aveugle à ces hasards et de priver ainsi la vie de sa dimension de beauté. » Du joli! Au-delà de la fenêtre, la lune s’élève, sublime. « T’es donc remontée là-haut! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était une autre de tes histoires, quand nous étions plus jeunes enfants. « Chemin faisant, l’homme en boisson croise la lune dans une marre d’eau. ‘Qu’est-ce que tu fais là en bas!’ balbutie-t-il à l’astre impassible. ‘Attend voir que je te remonte à ta place!’ D’un coup de pied raté il se retrouve dans son élan étendu sur le dos, le cul dans l’eau. ‘Ah ah! Je t’ai ben eu!’ de lancer le soûlon à la lune toujours suspendue dans la nuit. » Et par cette douce nuit d’été, le cul bien assis sur ton balcon, nous éclations tous de rire. Vingt ans plus tard et vingt mille kilomètres plus loin, dans la wagonnette assoupie qui file tranquille direction sud, je souris devant la même lune, toujours sublime, suspendue, impassible, dans la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre deux larmes – une de peine, l’autre de joie –, un autocar nous double. La vue trouble, je distingue néanmoins sur son flanc un drôle de petit bonhomme format B.D. colorée qui impose le silence, l’index pointé-croisé sur les lèvres. Avec ses cheveux jaunes-or, on dirait grand-maman aux Jardins de la Cité. « Chut! » – ou encore « Ta gueule! » (sic), selon l’intensité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était nouveau chez toi, ce souci du silence. Comme si quelqu’un pouvait entendre, ou tout simplement, écouter. Signe que tu sentais, sinon redoutais, l’approche de la faim, la fin – la mort quoi. Tu te faisais plus discrète, comme si tu ne voulais pas être repérée. Et puis d’ailleurs, le verbe t’épuisait désormais. Seule la présence, humaine, t’importait. Pour cause : Que faire des mots quand le silence d’une simple présence est plus volubile, éloquent?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et de la présence humaine, tu en avais. Depuis près d’une année, tu te réadaptais à la vie en communauté auprès des quatre cents congénères que logeait ton nouveau centre d’hébergement longue durée pour aînés. Des gens, de partout, des femmes surtout, des hommes aussi – et des uniformes. Une sorte de grande commune, avec chapelle, cuisines, salle de jeux, et tout ce qui faut pour maintenir artificiellement le corps en vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Sans doute pour cette raison qu’on y trouve trois fois plus de femmes que d’hommes. Les rares d’entre eux que j’ai rencontré étaient nostalgiques de leurs terres et boisés qu’ils parcouraient jadis, il n’y a pas si longtemps. « Autant crever plutôt que d’aller s’enfermer! » Je me rappelle d’un autre qui était revenu effondré d’une visite sur ses terres d’antan, vendues trois ans plus tôt : le nouveau proprio avait converti ses cents âcres en autant de propriété privées individualisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mon mari a peur de s’adapter » me disaient les épouses, « mais moi j’aime bien cet endroit. » Une étude scientifique – du M.I.T. – rapportait récemment que le cerveau des hommes dispose d’une région qui dépérit plus rapidement que celle des femmes, ce qui les rend plus grincheux plus jeune et contribue conséquemment à réduire leur espérance de vie. Car c’est le moral – et la foi – qui fait toute la différence. Les femmes, voyez-vous, s’adapteraient mieux. Faut voir. Entre-temps pourtant, « adaptez-vous à la vie! comme disait Henri – Miller, pas Massé. Devenez un adepte! Il n’existe pas de plus haut ajustement – faire de soi un adepte. »)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Des vieux! » tu disais. Mais toi, tu avais quel âge? Certes, un cœur et « une pression de jeune fille », mais à quatre-vingt-quatre ans, faut bien l’avouer, on n’a plus vingt ans. Albert Jacquard suggérait d’ailleurs fort originalement de calculer notre âge non pas en fonction du nombre d’années vécues, mais du nombre d’années à vivre selon l’espérance de vie moyenne prévue, question de prendre conscience du temps qui file, certes, mais qui nous reste aussi pour répondre corps et âme à cette question lourde d’implications : Que faire de ce merveilleux cadeau d’une vie? Original en effet, car tu avais dépassé de six ans les prédictions statistiques. Sans doute pour cette raison que, toujours active, tu mettais – enfin – la pédale douce. Enfin parce que c’est pas de tout repos de savoir ceux et celles qu’on aime en voiture dans la tempête à moins vingt degrés sous zéro et à quatre-vingts ans passés. Aux Jardins de la Cité, nul besoin de sortir dans ces conditions; ton bolide sommeillait patiemment devant ton patio – quand je ne l’empruntais pas pour une virée. C’est sûr que c’est pas comme chez soi, mais le chez-soi, n’est-ce pas avant tout en soi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’adhère pourtant à la conception traditionnelle de la famille, rencontrée en Afrique, perdue au Québec. Trois générations, parfois quatre, réunies sous un même toit. Mais c’est révolu ce temps là, progrès aidant – merci du coup de main! « Un adulte parisien sur deux vit d’ailleurs seul. » Vraiment? Quelle référence! Ça existe pourtant encore la solidité, la solidarité familiale intergénérationnelle : Marco, Hélène et sa mère par exemple, que je salue au passage. C’est pas donné à tout le monde. Accueillerai-je chez moi mes parents vieillissants? J’aime croire que oui. Faudra voir. Et agir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie fait quand même bien les choses : à défaut d’emménager chez toi pour accompagner tes jours, l’annulation de la mission d’observation électorale en Haïti à laquelle je devais participer début janvier 2006 m’a permis de t’épauler dans ton déménagement fatidique. Pas facile de quitter la maison où l’on a vu grandir ses enfants, mourir ses amants. Le choix n’était pas aisé, à commencer pour toi : rester dans le connu et la solitude, ou plonger dans l’inconnu, bien entourée. (Quoique il est vrai qu’on peut – et qu’on est généralement, question de dispositions d’esprit – se trouver seul au milieu de la foule.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu répétais parfois que c’est pas de ta faute si t’as eu juste une fille – à cause du « boucher de médecin qui t’as charcuté pour des raisons de santé » –, mais tu l’as tout de même choyée comme si tu en avais eu douze. Et puis d’ailleurs, des enfants, t’en a eu des légions. Deux autres en pension, certes, mais trois petits enfants aussi, presque autant d’arrières petits-enfants, sans parler des deux (?) amoureux et des quelques milliers d’élèves que tu as su aiguiller vers la vie. T’avais de quoi être fière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et fière tu étais. Certains s’en moquaient, comme s’il fallait avoir honte de ses succès. Même le mur d’entrée ne suffisait pas à soutenir tous tes diplômes – autant de preuves futiles de citoyenneté, d’humanité, car je préférais de loin t’entendre me parler du Secrétariat aux Aînés ou te voir reconnue en public (« Madame Jutras! ») que d’essayer de lire les proverbes sur le sceau universitaire. Fière de tes faits et gestes donc, mais fière allure aussi. Surtout. Même si je préfère de loin la féminité dépouillée de ses faux appâts, j’avoue que c’était à la fois amusant, émouvant de te voir soigner cette allure de jeune retraitée active.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si « la vie est mouvement » comme tu le disais si bien, que dire des vivants. De toi. Après trois décennies dans le domaine de l’enseignement, retour aux bancs d’école, de l’université au Parlement – de vrais écoliers ces députés; ils devraient refaire leurs classes. Sans parler de la bagnole, les comités, et les virées…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais depuis janvier dernier, le mouvement se faisait plus pénible, peiné, presque pénitent. Déjà au mitan de la vie, ce n’est plus le même élan. J’imagine comme ça peut être long, lent, lancinant à soixante, quatre-vingt, voire cent ans. Un jour à la fois, certes, mais le temps file. Il file, « un mauvais coton », parfois, mais « une bonne soie », souvent, par foi. Ça donne de jolis morceaux. C’est de Sol, le clown clodo décédé le 17 décembre de l’année précédente, dont je rédigeais un hommage à l’heure où tu cherchais ton souffle avant de le rendre. Dans le "crepuscule des vieux", il disait ainsi:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ils sont bien les vieux.&lt;br /&gt;Et puis comme ils ont fini de grandir&lt;br /&gt;Ils n’ont pas besoin de manger tant tellement beaucoup.&lt;br /&gt;Alors de temps en temps, ils se recroquevillent un petit biscuit…&lt;br /&gt;Ils sont bien les vieux.&lt;br /&gt;Ils sont jamais pressés non plus.&lt;br /&gt;Ils ont tout leur bon vieux temps pour eux.&lt;br /&gt;On est bon pour eux.&lt;br /&gt;On ne les laisse même plus marcher…&lt;br /&gt;On les roule…&lt;br /&gt;Et l’hiver, on leur donne un foyer….&lt;br /&gt;Ils ont personne qui les dérangent.&lt;br /&gt;Ils ont personne pour les empêcher de bercer leur ennuitoufflé…&lt;br /&gt;Tranquillement, ils effeuillettent et revisionnent leur jeunesse rétroactive,&lt;br /&gt;Qu’ils oublient à mesure sur leur malcommode.&lt;br /&gt;Ils sont bien les vieux.&lt;br /&gt;Ils ont même pas besoin d’horloge pour entendre les aiguilles tricoter des secondes…&lt;br /&gt;Ils ont personne qui les empêche d’avoir l’oreillette en dedans&lt;br /&gt;Pour écouter leur coeur qui greline et qui frilotte…"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le temps file, il file, et il file. Inutile de le défier, encore moins de se défiler. Il défile, déferle et se défile. Du délire! Mais il délivre. Un message. Un message important, qui devient un grand massage quand on le lit attentivement et le suit à la lettre. Ça dit, comme le film : « Vas, vis et deviens. » Pas de temps à perdre à ruminer les peines d’hier et la crainte de demain. C’est très zen, mais encore plus vrai. N’est-ce pas Davy?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux bien, mais tu es partie sans que j’aie pu te dire au revoir et, surtout, merci. Une autre fois. Une vraie. La totale. « Je te rappelle dès qu’on se pose. » J’ai cru un instant que la wagonnette prenait une voie de sortie vers la lune, question de te rejoindre à mi-chemin, avant qu’il ne soit trop tard. Mais non. C’est aujourd’hui, maintenant, chagrin ou non. Miller disait encore : «De même que les navires, l’homme sombre maintes et maintes fois. Seule, la mémoire le sauve de la disparition complète.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu sait que j’ai bonne mémoire, gage de survie pour encore quelques lunes. Je me rappelle ton pas léger, chancelant, presque dansant, comme ce soir d’été – le dernier, enfin, le précédent, celui de 2006 – où tu t’es abandonnée à deux, trois pas agiles sur les airs d’Anne-Marie au piano. Je me rappelle aussi de ton bras accroché au mien. En me présentant fièrement comme ton « chum », je me plaisais à pousser la boutade jusqu’à nous imaginer marchant en direction de l’hôtel – celui de l’Église, par la maison de chambre – pour consacrer notre union. Je me rappelle encore de tes remarques hilarantes à l’emporte-pièce – encore meilleures que tes blagues du genre « Que se racontent deux somnambules qui se rencontrent? Des histoires à dormir debout » – que tu glissais entre deux confidences avant de rire de ce rire étouffé de jeune fille qui ne veut pas se faire prendre. Je me rappelle…« Attendez que je me rappelle. » Attends que je te retrouve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était clairement écrit sur son front comme sur le fronton de ta maison : « J’aimerais que ma famille se réunisse plus souvent. » Nous y voilà, enfin, nous y étions. Pour une dernière fois. « Merci d’être venu. » Maintenant que c’est finit – ou plutôt que ça commence – pour toi, t’a enfin ce que tu demandais si simplement, si subtilement, ce que tu méritais notamment : «La Pa(ix)!»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce, je me tais car je ne saurais plus où m’arrêter et puis comme le dit une dernière fois Henri, « la sagesse se tait; le moyen le plus efficace de propager la vérité, c’est à force d’exemples personnels. » Et un exemple, tu en étais, en es tout un. J’ai du pain sur la planche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En espérant, confiant, que tu es belle et bien arrivée à bon port, rappelle-toi que je t’aime et te suis tout autant reconnaissant, éternellement, pour tout ce que tu as fait hier, pour tout ce que tu es, pour moi, maintenant. Que la terre te soit douce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ton son si petit-fils&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-7518676199857189347?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7518676199857189347'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/7518676199857189347'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/12/oh-revoir-grand-mre.html' title='Oh! REVOIR GRAND-MERE.'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-3481212016889847595</id><published>2006-11-19T23:07:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.413-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Mort &amp; Moines: benediction</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Le père de notre Professeure est décédé à l’âge de 85 ans. ("A relief, for him first. Gone for a better place." A better place? Vraiment? Avec la réincarnation, ça veut dire qu’il va revenir ici, à Bangkok? Pauvre lui. Pas forcément. "He might go back to his home-town as a, I dont know, a bee." Heureusement pour lui!) Jeudi, la nuit même de son départ, je me suis réveillé, immobilisé par une crampe côté coeur. La chaleur et le tabac, sans doute. Ou peut-être une étrange communion des hommes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À son retour – celui de sa fille, pas du père, le processus de réincarnation n’étant guère si rapide et visible – de la cérémonie préliminaire (il ne sera incinéré que dans cent jours, selon les vux et disponibilités de la famille), direction le wat, le temple, pour la prière et les offrandes. Dans le marché adjacent, les Thaïs matinaux se pressent déjà dans les rues. Des masses de fruits, de fleurs (dont les noms, aussi légion que splendides, évoquent autant de dieux mythiques), légumes et poissons qui transpirent tous de fraîcheur. Des fruits de mer, de toutes sortes : vivants dans de grands bacs oxygénés, complètement immobiles sur les tables – belles pièces! –, en purée dans les bocaux – j’hésite…–, séchés en sacs – mieux que des chips! Sans parler des collations : boules de pain (beignet?) sucré, riz à la vapeur enveloppé dans une feuille de bananier, etc. Sans non plus oublier les étales de poulets en pièces détachées. (D’ailleurs, s’il y a autant de porcs que de citoyens au Québec, il doit bien y avoir ici trois fois plus de poulets que d’habitants.) De tout, pour rassasier tous les goûts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et au travers de tout ce cirque savoureux, des bonzes, moines bouddhistes jeunes et moins jeunes, pieds nus, crâne rasé, drapés de soleil. Les passants achètent des colis soigneusement préparés à leur intention, pour ensuite les offrir ensuite aux pieux religieux. Ils retirent leurs chaussures, waï – salut humble et respectueux, mains jointes, tête baissée –, déposent l’offrande dans un bol en fer blanc, avant de se courber, voire s’accroupir pour recevoir la bénédiction du moine. Cet émouvant, impressionnant rituel quotidien rappelle qu’on n’a pas à attendre vendredi, samedi ou dimanche – selon…C’est tous les jours ainsi. Et celui qui rend grâce et dit merci, ce n’est guère le moine qui reçoit l’offrande – laquelle sera d’ailleurs partagée (il reçoit plus qu’il ne pourra jamais manger au cours des deux seuls repas prévus dans sa journée, tous avant midi) avec les siens, les enfants et les pauvres une fois de retour au temple – mais bien celui qui reçoit sa bénédiction… &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-3481212016889847595?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/3481212016889847595'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/3481212016889847595'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/11/mort-moines-benediction.html' title='Mort &amp; Moines: benediction'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-1077112658074324036</id><published>2006-11-14T23:04:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.414-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Nausée? Ah! Bon.</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Nieme dimanche au "pays des fourmis", des "fous rires" dis-je. Sans blague! S’il y a bien quelque chose qui me manque, c’est bien ça : le fou rire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nieme dimanche donc, et première matinée à contempler (?) l’aube se lever; je dois et vais récidiver, certain. Igor fait aussi de l’insomnie. Les autres dorment sans doute tous à poings fermés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une sortie de groupe? Dac. Somme toute, plutôt lourde. Claudia parle des massages de pied, Phil l’Écossais de ses derniers achats, et Igor le nuageux jette coup sur coup un il inquiet à son cellulaire – qu’il traîne partout –, comme s’il espérait un appel tant attendu de Dieu ou d’on ne sait trop quel chef religieux – du genre "Votre mission, si vous l’acceptez…" J’ai pas osé parler poétique, encore politique; ça aurait assommé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le repas terminé, ça traîne, ça traîne et ça tourne en rond. Je me rappelle soudainement le plaisir des sorties en duo, sinon en solo. Je m’esquive aussitôt par la plage, presque paisible hormis les moustiques et les jeunes à mobylette. Au large, le ciel se confond à la mer, et la lueur des étoiles à celles de bateaux…Des lampes genre chinois-papier-de-riz s’enflamment et s’envolent, comme une boule de feu à la dérive…Ça fait du bien par où ça passe, même si la nausée revient vite au galop – et moi, du même coup, en Thaïlande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Thaïlande! J’ignore si je serai de taille. Car les Thaïs sont peut-être courts sur patte, mais ce n’est pas une raison. Ils ont tout de même survécu à des siècles de colonisation périphérique tout en préservant leur "indépendance". Certains malins se plaisent même à répéter qu’on a ici inventé la capote (en teck probablement), bien avant Truman (si George Washington avait un dentier en bois, Harry devait bien user de condoms en acier; je déraille). Et ils sont fiers de ce passé trafiqué, pourtant passablement ignoré. De grands historiens, vrai? Ment! Presque autant que partout ailleurs, d’ailleurs. Oubliez du même coup les sujets "chauds" de la politique ou de la monarchie – trop sérieux! &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-1077112658074324036?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1077112658074324036'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1077112658074324036'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/11/nause-ah-bon.html' title='Nausée? Ah! Bon.'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-1302539383768817883</id><published>2006-11-09T23:02:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.414-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Evasions</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Côté bière, parce qu’il faut bien parfois se désaltérer à autre chose que de l’eau fraîche et de la barbotine – d’ailleurs délicieuse, avec glace et fruits frais mixés au blinder! –, on dégustera primo la marque locale Chang (éléphant) en format de quille pour 35 bath (le double au resto, servie sur glace). Côté légal, les autorités thaïes se révèlent pionnières en la matière, surtout pour un pays à l’économie dite émergeante (à l’exemple de sa politique sur le tabac, notamment : pub généralement interdite, images 10X plus horribles que sur nos paquets canadiens, etc.) : pas de vente d’alcool le matin ou l’après-midi, études sur la disponibilité actuelle des points de vente à proximité des universités, projets de loi visant à interdire toute publicité d’alcool ou encore à augmenter l’âge minimal de consommation à 20, voire 25 ans! Voilà. Les arguments économiques sont invoqués pour contrer ces politiques dites populistes (!?), mais on verra la suite, le gouvernement de transition en étant encore à ses premiers essais-et-erreurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, les « évasions » maigres consolations, sont encore possibles. À commencer par le crépuscule, le plus beau moment de la journée. À l’arrivée, un mois plus tôt, d’intenses orages électriques éclairaient le ciel, comme les derniers élans de lointains feux d’artifices; la fin de la saison des pluies approchait en effet. Maintenant, on peut clairement distinguer le soleil qui plonge en vitesse sur l’horizon océan (pas étonnant que cette presse, avec la chaleur qu’il fait, à savoir 25 degrés Celcius minimum, sans compter l’humidité, presque assommante – et on n’est pas encore en avril…). Le quartier de lune, croissante si je ne m’abuse (j’ai fini par la repérer! Elle se cachait plutôt bien, et je la comprends…), prend aussitôt la relève. Le ciel s’enflamme, la plage se vide, les oiseaux sortent de leurs nids et entonnent tous ensemble un même chant joyeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis il y a aussi l’université Burapha (le ‘H’ est muet by the way, ce qui fait Burapa, comme dans « (H)Arvey sur l’île de P(h)uket »), repaire paisible à deux pas de la maison. À l’ombre d’un palmier qui trempe mollement ses palmes dans l’eau saumâtre des canaux artificiels, on peut ici lire, écrire, méditer en paix. Il y a les oiseaux – et l’alarme lointaine d’une Mercedes qui cherche vainement de l’attention – et les fourmis rouges, chacun pour rappeler le bonheur et la douleur de cette vie sur terre. L’araignée aussi, qui tisse sa toile élastique devant mon écran. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-1302539383768817883?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1302539383768817883'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/1302539383768817883'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/11/evasions.html' title='Evasions'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-2187697431495713209</id><published>2006-11-05T23:01:00.000-08:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.415-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Con Sommation</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Un petit mot sur les tout-aussi « petits commerces » qui font vivre une large part de la population urbaine. Si la consommation s’inscrivait à l’ordre – au désordre! – du jour depuis plus d’un quart de siècle – notamment soul, sous dis-je, la pression de la présence étatsunienne en sol thaïlandais, guerre du Vietnam aidant –, le richissime PM déchu Thaskin tablait largement sur ce vecteur pour relancer l’économie. Outre le nombre impressionnant de véhicules flambant neufs qui encombrent et empestent les rues et ruelles de la ville (comme en Accident, en Occident dis-je, le niveau de ventes d’automobiles constitue un indicateur, débile, de la santé économique de la société thaïe), une simple ballade, au marché par exemple, s’avère fort révélatrice à ce sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À mon deuxième vendredi thaïlandais, une petite virée culinaire côté plage. Assis « en indien » sur les nattes délicates posées à même le sol, on partage une bière locale en fût – la Leo – devant une table basse en discutant de la criminalité locale. Un aveugle qu’oriente maladroitement son guide, complètement bourré, vient faire la quête, ce qui nous relance : la mendicité des uns (aveugles, amputés, enfants, etc.) profite ici aux autres, à commencer par les nombreux réseaux criminels, petits et grands, qui puent et pullulent par-ci par-là, presque partout quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour changer le mal de place, Yin l’assistante nous lance : « Faut voir le marché du vendredi, derrière. Impressionnant. » Elle devait s’y connaître, car la frénésie transpirait au-delà des murailles. Du coup, je me lève pour plonger dans la masse opaque, question de m’imprégner de la culture locale, le marché de NongMôn à deux pas de notre pied-à-terre de BangSaen regorgeant essentiellement de produits alimentaires locaux – à commencer par les fruits de la mer, frais ou séchés, presque tous salés mais savoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déception profonde donc : des masses d’étalages débordant de lunettes soleil (faut dire que l’astre du jour est plutôt vivace), de CD-DVD piratés, de parfums et vêtements cotés de contrefaçon (comme partout hors-occident), des surplus de jeans bleus et d’uniformes kakis (from USA…), des chaussures affreuses usagées, des t-shirts aux logos de mauvais goût (dont celui où un éléphant monte un âne par-derrière, signé « Politicians are dirty »), ou ainsi de fuite. Et comme pour les piétons dans la rue, pas de place pour les clients dans les allées étroites bondées et débordées de kiosques : c’est la marchandise qui mène. Que l’homme fasse la queue! Il en a d’ailleurs l’habitude. Ça consomme donc à la mode occidentale; pas un habit ou tapis local en vue. Maigre consolation : des légions de bambins souriants, et presque autant de cantines mobiles, brochettes de porc en vedette. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-2187697431495713209?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/2187697431495713209'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/2187697431495713209'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/11/con-sommation.html' title='Con Sommation'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-59732239893397946</id><published>2006-10-28T22:58:00.000-07:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.416-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Blanc &amp; Jaune</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;En gros et très grossièrement, la Thaïlande, c’est le Mexique, avec des bridés blanchis – forte pénétration chinoise aidant – en place et lieu des métis au teint basané. En effet (comme dirait le charismatique (sick) ministre français des affaires – comme quoi c’est avant tout des affaires, du commerce! – étrangères, Douste-Blasé) les Thaïs ne sont guère fervents du « bronzage », d’où une certaine discrimination à l’égard – que d’égards! – des minorités périphériques, plus foncées; oubliez ici les négros, ce serait d’une incongruité! Rassurez-vous toutefois : rien de raciste, la société thaïe se distinguant notamment par une remarquable tolérance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, vive la blancheur! Ça rappelle donc le Mexique de Mexico et ses énormes bourgeoises maquillées (certes plus maigres ici, et moins maquillées) comme si c’était chaque jour le mardi gras. Ou pire encore, une incertaine Afrique noire dite moderne, carrément affreuse d’ailleurs : à preuve, sur un panneau publicitaire égaré en plein désert nord-kenyan, de jeunes noirs pâlots rigolaient gorge déployée en se gavant d’un breuvage gazeux vraisemblablement désaltérant, la réclame suggérant aux passants de « Suivre leur soif » (patience et persévérance!); sur un autre panneau, retrouvé en plein cœur de la capitale Nairobi cette fois, une plantureuse (!?) mannequin (!) jadis noire, aujourd’hui plus blanche que Michael Jackson, soigne sa peau avec une sorte de tarte à la crème fouettée, question de « Rester jeune », et blanche (!).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour en Thaïlande, donc, où l’on fait ici aussi l’éloge de la pâleur sur les nombreuses pubs qui tapissent les murs (étrangement, « ça donne soudainement envie de pisser » d’ironiser mon double…). À croire qu’ils ont rencontré un fantôme – l’ex-PM Thaskin peut-être, toujours en exil londonien (j’y reviendrai aussi). À ce propos (les fantômes), notons que les Thaïs disposent pourtant tous de Chao Thi devant leurs maisons, sorte de temples miniatures – fort jolis, avec dorures, encens et bougies – sensés chasser les mauvais esprits et accueillir les bons pour la nuit. Proportionnelles à la demeure qu’ils protègent, certaines de ces « reproduction à l’échelle » peuvent atteindre des dimensions gigantesques, comme celui de l’université Burapha de Chonburi, de la taille d’une maison « normale ». Ça fait partie de l’adaptation thaïe populaire du bouddhisme, imprégné ici de superstitions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour rester dans le côté symbolique, il est intéressant de noter qu’à chaque jour de la semaine est associé une couleur. C’est ainsi que, tous les lundis, trois Thaïs sur quatre s’habillent en jaune (une blouse, une chemise, ou encore l’un de ces polos dorés estampé de l’empreinte royal côté cœur; les fanatiques, plus rares, disposent mêmes de complets assortis). La raison : le roi Bhumipol, qui fête cette année ses soixante ans de règnes et ses quatre-vingts ans de vie, est né un lundi. Dans leurs nombreuses sorties publiques, les officiels du régime de transition exhibent toujours un brin de jaune – généralement la cravate –, question d’afficher leur allégeance au monarque dit Rama IX. À deux pas de chez moi, une famille survit d’ailleurs grâce à sa petite boutique de portraits royaux; il est en effet de bon ton d’avoir chez soi une image du roi, qui apparaît souvent un appareil photo à la main – car le roi est non seulement photogénique, mais un photographe génial de surcroît. C’est donc tout un pan complet de l’économie qui dépend du roi et, incidemment, de cette seule couleur jaune-or. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-59732239893397946?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/59732239893397946'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/59732239893397946'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/10/blanc-jaune.html' title='Blanc &amp; Jaune'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-505133825752087329</id><published>2006-10-21T22:56:00.000-07:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.417-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Un sourire en coin-coin</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Thaïlande, « le pays du sourire. » Réputation surfaite, sans doute, et de loin. Certes, je n’ai que deux semaines à mon actif ici, et l’urbanisme peut bien avoir raison des plus grandes traditions. Je garde espoir donc, car je n’ai encore rien vu, sinon trop peu. D’ailleurs, les « tribus montagnardes du Nord » (le terme est à connotation péjorative, car il s’agit en fait de minorités ethniques…la discrimination est un phénomène planétaire, y compris à l’intérieur d’un pays comme la Thaïlande) apparaissent toutes souriantes (comme les Bambaras du Mali ou les Samburus du Kenya), ruralité, famille et pavot (j’exagère, car la production et la consommation restent minimes; il faut toutefois reconnaître que c’est au Nord que la fameuse plante est traditionnellement cultivée et localement employée comme médecine) aidant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon que dire (parce qu’il ne s’agit que d’un micro-condensé; le macro arrivera plus tard…). Ils ne soignent pas que leur apparence, mais les apparences aussi, surtout; c’est ainsi qu’on mentira à demi pour préserver à la fois la dignité de l’autre et sa propre liberté. Heureuse surprise : des oiseaux à ma fenêtre, des singes sur le chemin de la colline et…des chiens errants, partout, (attention pour ne pas trébucher); faut les entendre hurler tous en chœur une fois la nuit tombée (c’est Bernard qui s’amuserait).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas de recyclage officiel ici (quoiqu’au moins, on peut faire le plein, un bath le litre, dans les nombreuses distributrices d’eau potable qui bordent les rues). Tous les soirs, des duos à tricycles parcourent les artères et les ruelles, fouillent les poubelles pour y récupérer ce qui se recycle: papier, carton, plastique, etc. (on fait le pré-tri pour eux à la maison). Il leur faut en ramasser des masses pour tirer un maigre revenu de la vente des « récoltes » aux entreprises « vertes » et privées du coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont pavé le bord de mer, les rares plages étant garnies de plantations linéaires de palmiers, de parasols et de chaises longues – pour lesquelles il faut d’ailleurs payer; peu avant le crépuscule toutefois, tout le monde se barre, ce qui fait de la place pour un coucher de soleil paisible. Le campus de l’université est mieux toutefois, avec de la verdure, des lacs et canaux artificiels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Côté coup d’État, déjà un mois, ça se dessine au jour le jour. Marrant de suivre l’actualité (pour votre info, voir le célèbre quotidien The Bangkok Post sur le net, vraiment très bien, du local à l’international). Le roi appuyait (encore aujourd’hui…pas trop le choix…) après coup les militaires (il n’appréciait guère le PM déchu, un riche des télécoms), tout comme quatre Thaïs sur cinq d’ailleurs. Ils ont l’habitude… La loi martiale est toujours en vigueur, mais ça ne se voit ni se sent pas vraiment. Aucun militaire en vue dans les rues. Tout juste un policier, sans doute égaré. Enfin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour plus de détails en ce qui concerne le roi, moi, les inondations, la corruption, la transition, la campagne, les réfugiés, le Thaï, le boulot, et bien plus encore, la suite donc, au risque de vous ennuyer,plus tard. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-505133825752087329?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/505133825752087329'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/505133825752087329'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/10/un-sourire-en-coin-coin.html' title='Un sourire en coin-coin'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-4545294983117446000</id><published>2006-10-14T22:53:00.000-07:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.417-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Premier topo du coin-coin</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Le quartier (Bang Saen) est ok (propre mais bruyant) surtout pour une ville secondaire, industrielle, étudiante et touristique. Maison louée à quatre étages style jumelés, à deux pas de l’université, trois du marché et quatre de la plage. Un éléphant déambule de soir dans les ruelles : son maître, un paysan du nord, l’enfourche ainsi à chaque saison des pluies, direction le sud, pour faire la quête (20 bath pour le nourrir avec du bambou) de porte en porte, question d’arrondir les fins d’années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon, partout, des petits commerces. Dans l’ordre numérique :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Des shop d’abords, petites boutiques où l’on vend de tout – ou presque : breuvages, tabac, nouilles, etc. À croire que chaque thaï est épicier. Dommage. Avant, on créait quelque chose. Maintenant, on attend pour vendre aux clients.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Des cantines mobiles aussi, pour honorer une gastronomie locale qui, loin d’être avariée comme certains pourraient le craindre – les étrangers ont généralement peur des bouis-bouis –, se révèle fort variée, à commencer par le riz et les fruits de mer. On y mange donc très bien, pas autant qu’à la table de Maman, Marie, Marc et surtout Moona, mais bon…Délicieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Des cafés Internet, à 0,50$ l’heure, où trois clients sur quatre, adolescents, s’abandonnent à de violents jeux vidéo de guerre fictive et pourtant, presque réelle. Une manière d’évacuer la tension dit-on, dans un pays reconnu comme pacifiste et pacifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Des salons de massage, à 5$ de l’heure. Ça se comprend, car il faut bien se relaxer à travers l’assourdissant train-train quotidien. Lire train-train, comme dans l’expression « mener du train », au carré (X2), le bruit étant ici assourdissant, à commencer par celui des véhicules automobiles : énormes 4X4, vieux pick-up truck convertis en minibus ou auto-promo (mégaphone inclus pour vendre je ne sais quels produits, probablement de première nécessité), légions de mobylettes lourdes de deux, trois, quatre passagers non casqués, etc. Mais les Thaïs, sourds d’oreille ou nerfs solides, ne semblent pas en faire cas. Notons que le piéton est ici le dernier (ou le premier, je sais plus…perte d’identité…) des cons : « Pas de véhicule? Dégage le passage! » Pire qu’à Montréal…Parlant bruit, ajoutons les éclats de voix, aigue, nasillarde, presque raillarde; les constructions continues derrière la maison; et les téléviseurs dans le tapis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Sans compter les buanderies, service compris (le prix est fixé au poids!), et les barbiers, à tous les coins de rue. Les Thaïs n’ont pourtant pas la tignasse fournie, encore moins la barbe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est que les Thaïs sont « fiers. » Ils apportent un soin presque maladif à leur apparence. Sur ce point, pas de différence visible avec, par exemple, l’Haïtien moyen qui, vêtu de son plus beau – son seul? – costard frais repassé, s’infiltre chaque jour dans un tap-tap – mini-bus – bondé sous quarante degrés Celsius, en direction du travail. Devant la maison, un adolescent de seize ans attend on ne sait trop qui ni quoi, affaissé – affairé (sic) – sur sa mobylette. Une heure durant, il scrute – contemple – son faciès dans le rétroviseur, replaçant ça et là les boucles de sa chevelure mince et plate de nouveau-né.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bouddhisme (9 Thaïs sur 10 « en sont »), sans doute, car on renaît ici tous les jours. Ce qui à la longue, peut devenir épuisant, compte tenu de l’espérance de vie moyenne. D’où la quête du Nirvana qui mettra un terme au cycle infernal des souffrances inhérentes à la vie (aux vies, réincarnation aidant) sur terre. Je m’égare, mais j’y reviendrai – sur le sujet, car j’ai encore les pieds sur terre. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-4545294983117446000?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4545294983117446000'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4545294983117446000'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/10/premier-topo-du-coin-coin.html' title='Premier topo du coin-coin'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-5609179891205809683</id><published>2006-10-08T22:50:00.000-07:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.418-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Jour 2</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Douze heures de repos plus tard, direction Chonburi, 90 minutes de route au Sud-Est de la capitale. Je n’ai fait que passer dans le monstre urbain de six (dix?) millions d’habitants (un petit Mexico, en plus moderne…), ce qui ne fait rien puisque j’y reviendrai – sur le sujet comme dans la capitale, d’ici deux mois…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chonburi donc, pour les deux prochains mois, ou presque. Apprentissage linguistique sous l’égide d’Ajarn (Professeure) Waraya, une Thaïe fort sympa de 50 ans (tout l’inverse d’Anna-Maria : c’est moi l’étudiant avec une prof deux mois mon âge), en compagnie de 3 volontaires européens : une Londonienne de 31 ans, un Français d’origine (lointaine) ukrainienne de 33 ans (Jésus? Non. Igor! Végétarien converti à l’Islam), et un Écossais (sans kilt, mais avec l’accent) de 59 ans qui en est à sa nième carrière (dont 20 ans à la BBC…moult récits délirants). Enfin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La langue est fascinante. Duel : pas facile parce que rien à voir avec l’Anglais ou le Français, sans parler de l’écriture (une quarantaine de consonnes et presque autant de voyelles) au style artistique; mais facile, compte tenu de la structure dépouillée (ex. : pas d’articles du genre ซ une, une, le, les, etc. ป, pas de conjugaison de genre et de nombre, etc.) et des termes fort imagés (ex. : avion=véhicule volant; train=véhicule de feu). Tout un défi. C’est comme redevenir enfant…encore…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-5609179891205809683?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5609179891205809683'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5609179891205809683'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/10/jour-2.html' title='Jour 2'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-2715653132769035164</id><published>2006-10-07T22:47:00.000-07:00</published><updated>2007-06-19T08:32:57.419-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Journal Thaï'/><title type='text'>Arrivee</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;7 octobre 2006, 10hPM, heure locale. Après 24 heures de vol et 12 de décalage, atterrissage en douceur au nouvel aéroport international Suvarnabhumi qui remplace l’autre, désuet (?), vieux de 92 (?) ans. Construction mégalo, du plancher marbré aux plafonds éclairés, en passant par les 200 000 mètres carrés de baie vitrées laminées. Coût total : 125 milliards de Bath; divisez par 33 pour les dollars canadiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bienvenue au "pays des hommes libres." Libres de quoi? Faudra voir, car en ce qui me concerne, je suis encore enchaîné (à qui, quoi? on verra, verra!) et pourtant, déchaîné. Accueil courtois du Country Representative (CR), un Allemand aux cheveux longs, riche de quinze années d’expérience dans le pays. En route vers KT Guest House, le gîte pour la nuit. Confortable et pratique.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-2715653132769035164?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/2715653132769035164'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/2715653132769035164'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/10/arrivee.html' title='Arrivee'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-4539932182610208334</id><published>2006-08-03T05:44:00.000-07:00</published><updated>2007-08-21T06:23:53.921-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Feux croisés'/><title type='text'>CANA SÛTRA</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Suite au "communiqué" publié sur ce site le 30 juillet dernier, en mémoire des 28 victimes civiles du bombardement de Cana (Sud Liban), l'année précédente, un lecteur s'indigne. Quelques précisions s'imposent donc. Il va de soi qu'elles ne suffiront guère à épuiser un sujet, d'ores et déjà épuisant.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;1. Le titre les "Nonces de Cana", jeu de mot "faible, facile et vicieux" aux dires de l'affable lecteur, s'inspire d'un extrait de l'Évangile selon Saint-Jean - "Les noces de Cana". Le terme "Nonces" provient de l'Italien, &lt;em&gt;nunzio&lt;/em&gt;, du Latin &lt;em&gt;nuntius&lt;/em&gt;, qui signifie "Envoyé". &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;2. Si elle pourrait "porter à confusion", la photo ne représente pas des enfants qui "font la sieste." &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;3. Le bombardement a eu lieu dans le cadre de la nième guerre israélo-libanaise de l'été 2006, déclenchée officiellement le 12 juillet de la même année. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;4. Plusieurs affirment, d'une part que Tsahal avait prévenu les civils de quitter la ville et, d'autre part, que le Hezbollah se servaient des civils comme "bouclier." &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;5. Quant au titre d'aujourd'hui, le terme "Sûtra" provient du Sanscrit, signifie "fil", et s'applique "à des écrits spéculatifs ou philosophiques rédigés sous forme d'aphorismes. L'expression est soit "métaphorique" (les "fils de la pensée), soit "métonymique" ("les fils qui servent à coudre les pages ensemble").&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;AU NON DE DIEU&lt;br /&gt;De part et d'autre, on invoque les dieux - de part et d'autre, si proches, sinon parents - pour mieux se taper dessus. Pourtant, c'est une question "d'homme, à homme" (et dans la foulée, leurs enfants se font écraser). Or, comme le disait si justement Romain Gary en 1974 dans &lt;em&gt;La nuit sera calme&lt;/em&gt;, "je commence à me méfier singulièrement. Dieu, on connaît ses limites, ça ne va jamais très loin, mais avec les hommes, c'est illimité; ils sont capables de tout." &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;D'un même souffle, il suggérait qu'il "faudrait aller plus loin que la haine...là où se trouve le rire." &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;J'avoue...m'y appliquerai. Même s'il n'y a pas toujours de quoi rire. C'est d'ailleurs l'humour juif qui leur a permis de survivre à des siècle d'errance, comme le remarquait si justement Gengis Cohn, le "terroriste de l'humour." Faut croire que plusieurs l'ont perdu, depuis leur sédentarisation, en 1948...&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mais ça reviendra.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;D'ici là, consulter le très pertinent &lt;a href="http://www.btselem.org/"&gt;http://www.btselem.org/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-4539932182610208334?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4539932182610208334'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4539932182610208334'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/08/cana-stra.html' title='CANA SÛTRA'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-5458644780490195591</id><published>2006-07-31T16:07:00.000-07:00</published><updated>2007-08-21T06:21:18.456-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Feux croisés'/><title type='text'>LES NONCES DE CANA</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_8nnEcsLQGP4/RqPnnhWgNbI/AAAAAAAAADc/CM5GOO9URCs/s1600-h/Cana.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5090166670012462514" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_8nnEcsLQGP4/RqPnnhWgNbI/AAAAAAAAADc/CM5GOO9URCs/s320/Cana.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;« Le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples. Le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit « Ils n'ont pas de vin ». Jésus lui dit « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore venue ». Sa mère dit aux serviteurs : « Faites ce qu'il vous dira ».&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Le trentième jour (de juillet, 2006), il y eut une atroce à Cana, au Sud Liban. Olmert et Nasrallah n'étaient pas loin, Jihad - Tsahal ou Hezbollah, selon les couleuvres du temple - n'étaient pas encore las. (Pourtant: Hommes, femmes et enfants de l'horreur, Si! Marre! Raz-la-jarre. Ils étaient tous initiés, à l'atroce, de gré comme de force, par les disciplinés. Qu'importe : c'est 'Dieu qui décide', comme dirait un funeste pompeux mortuaire.) Le vent venant à tourner, Olmert dit: 'Ils ne sont pas fins.' Les Jihad, tous deux proches des G.I.s, dirent: 'Que veux-tu, fou? Mon heure n'est pas encore venue.' Olmert dit à Tsahal : 'Faites ce que bon vous plaira.'&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;« Or il y avait là six jarres de pierre, pour les purifications des Juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d'eau ces jarres ». Ils les remplirent jusqu'au bord. Il leur dit : « Puisez maintenant et portez-en au maître d'hôtel ». Ils lui en portèrent. Quand le maître d'hôtel eut goûté l'eau devenue du vin - il en ignorait la provenance, mais les serveurs la savaient, eux qui avait puisé l'eau - il appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, alors le moins bon ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent ». &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Or il y avait là-haut six jets - dits 'avions de combat' - de guerre, pour la punition des rétifs, contenant chacun deux ou trois missiles, sinon plus. Tsahal dit aux aviateurs : 'Videz-moi ces agitateurs!' À leur tout, ils firent déborder le vase. Il leur dit : 'Puissiez-vous maintenant en porter autant au maître d'hôtel, Hassan Nasrallah.' Ils lui portèrent seulement la missive - sans missile. Quand le maître d'hôtel eut goûté l'auge devenue vinaigrée - il n'en n'ignorait guère la provenance, même les serviles la savaient, eux qui avaient pansés les plaies - il appelle les médias, puis apostrophe Olmert: '&lt;/em&gt;&lt;em&gt;Tout le monde se sert d'abord, fait main basse et, quand les gens sont ivres, alors le bonbon ; toi, tu as graté le bidonvilles jusqu'à néant.'&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;« Tel fut le commencement des signes de Jésus ; c'était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui ». (&lt;a title="Évangile selon Jean" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ãvangile_selon_Jean" target="_blank"&gt; Évangile selon Jean&lt;/a&gt;, 2,1-11).&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Tel fut la continuation des signes du Jihad; c'était à Cana, de Galilée en feux. Se manifesta alors le dégoût, et les disciples accoururent néanmoins vers eux. &lt;/em&gt;(Évan Gilles Solon Jules, 30, 7-06) &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Bilan: plus de cent festifs rassasiés.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Bilan: 28 morts, dont 16 enfants. Ahmad Mahmud Shalhub, 55 ans; Ibrahim Hashim, 65 ans; Hasna' Hashim, 75 ans; `Ali Ahmad Hashim, 3 ans; `Abbas Ahmad Hashim, 9 mois; Hura' Muhammad Qassim Shalhub, 12 ans; Mahdi Mahmud Hashim, 68 ans; Zahra Muhammad Qassim Shalhub, 2 ans; Ibrahim Ahmad Hashim, 7 ans; Ja`far Mahmud Hashim, 10 ans; Lina Muhammad Mahmud Shalhub, 30 ans; Nabila `Ali Amin Shalhub, 40 ans; `Ula Ahmad Mahmud Shalhub, 25 ans; Khadija `Ali Yusif, 31 ans; Taysir `Ali Shalhub, 39 ans; Zaynab Muhammad `Ali Amin Shalhub, 6 ans; Fatima Muhammad Hashim, 4 ans; `Ali Ahmad Mahmud Shalhub, 17 ans; Maryam Hassan Muhsin, 30 ans; Afaf al-Zabad, 45 ans; Yahya Muhammad Qassim Shalhub, 9 ans; `Ali Muhammad Kassim Shalhub, 10 ans; Yusif Ahmad Mahmud Shalhub, 6 ans; Qassim Samih Shalhub, 9 ans; Hussain Ahmad Hashim, 12 ans; Qassim Muhammad Shalhub, 7 ans; Raqiyya Mahmud Shalhub, 7 ans; Raqiyya Muhammad Hashim…&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-5458644780490195591?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5458644780490195591'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/5458644780490195591'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/07/les-nonces-de-cana.html' title='LES NONCES DE CANA'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_8nnEcsLQGP4/RqPnnhWgNbI/AAAAAAAAADc/CM5GOO9URCs/s72-c/Cana.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-37084362473786487</id><published>2006-04-28T08:20:00.000-07:00</published><updated>2007-08-29T19:49:38.381-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mission: Haïti'/><title type='text'>MISSION: ACCOMPLIE?</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 102, 0);"&gt;&lt;em&gt;Le 7 février dernier, le peuple haïtien se choisissait un Président, introduit dans ses fonctions le 14 mai suivant. Après deux années, voire deux décennies d’instabilité et d’insécurité chronique, il s’agissait d’un premier, d’un autre pas en direction de l’avenir, riche d’espoir. Suivent rapidement les défis d’élire, de former et de maintenir un gouvernement responsable, apte à orienter les destinées de neuf millions d’hommes, de femmes et d’enfants.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Dans la petite salle de classe convertie en bureau de vote, une bougie éclaire délicatement huit visages attentifs. Près de la porte, le premier secrétaire accueille une aînée, jeune d’une cinquantaine d’années, qui lui tend fièrement sa carte d’identité. Attablé, un deuxième secrétaire recueille l’objet précieux, qu’il valide méticuleusement auprès d’une longue liste. À sa gauche, le président, rassuré, remet deux grands bulletins de vote à la dame, qui signe et se dirige tout aussi lentement vers l’isoloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ombre de sa main danse discrètement sur le mur. Elle coche ses sénateurs et députés de choix, avant de plier plusieurs fois ses deux bulletins, soigneusement déposés dans autant d’urnes scellées, sous le regard vigilant du vice-président qui marque son pouce droit à l’encre indélébile. À mes côtés, deux représentants de partis observent la scène en silence. Je souris au regard croisé de la dame qui sort, satisfaite, rejoindre l’aube naissante de ce vendredi, 21 avril 2006. Le deuxième tour des élections législatives débute en beauté pour Haïti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ESPOIR&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;René Préval, le nouveau président haïtien, a bien choisi le nom de son tout aussi nouveau parti : Lespwa. Car Haïti, peut-être plus encore que les autres pays de l’hémisphère, a bel et bien besoin d’espoir. Trop d’Haïtiens, en terre natale comme d’accueil, désespèrent, désillusionnés. Après les tempêtes politiques et tropicales de 2004 qui ont déchiré et dévasté le pays, combien de chauffeurs de taxi, à Montréal ou Port-au-Prince, ne se résignent-ils pas : « Le pays est en faillite. Il faudrait évacuer le navire avant qu’il coule. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, depuis la chute de la dictature Duvalier en 1986, le pays ne coule pas. Il dérive, sans capitaine aguerri, sans matelots avertis. Élu en 1990, réélu dix ans plus tard, Jean-Bertrand Aristide, « le petit père des pauvres », devait soulager tous les maux du pays. Exilé par deux fois, d’abord en 1991 suite à un coup d’état, et de nouveau en 2004 suite à un coup d’intrigue, il ne pourra relever le défi. Faute pour certains, fraude pour d’autres : dans tous les cas, Aristide, comme Duvalier, ne reviendra pas de sitôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière son bar, Monsieur Laurens louange certes le processus électoral en cours, mais s’avoue nostalgique de l’ère Duvalier. « À l’époque au moins, on pouvait manger en sécurité. Aujourd’hui, on ne respecte plus rien. » Il est vrai que, depuis 1986, la situation ne cesse de se détériorer, l’élite, haïtienne comme internationale, délestant le pays de tous ses biens. À lui seul, Aristide aurait emporté 700 millions de dollars dans son exil, volontaire pour les uns, forcé pour les autres. « Quel exemple pour les siens, pour les nôtres » d’interroger le vieil homme. « Comme si la partie était perdue d’avance », poursuit-il en indiquant un match Haïti-Brésil qui s’achève derrière lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est bien là que réside une large part du problème, car comme l’affirmait si justement Hubert Reeves, « je crois que nous devons être volontairement optimiste, parce que si on est pessimiste, tout est foutu d’avance. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;QUEL DÉVELOPPEMENT?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1804, Haïti devenait la première république nègre indépendante, sous l’égide de son héros national, Toussaint Louverture. Une indépendance au prix élevé, la France réclamant alors 150 millions de francs-or…l’équivalent de son budget annuel de l’époque ou, selon Aristide, de 20 milliards en dollars de 2004. Complètement payée en 1910, cette « dette de l’indépendance » est aujourd’hui remplacée par la « dette du développement », largement contractée auprès des institutions internationales (FMI, Banque mondiale) sous le règne des Duvalier (1957-1986) père et fils. À l’heure de son départ forcé, Baby Duck s’enfuit avec 900 millions de dollars, l’équivalent de la dette extérieure d’alors, qui dépasse aujourd’hui 1,250 milliards de dollars. Nombreux sont les analystes qui voient dans cet endettement les raisons du mal-développement chronique, critique, d’Haïti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, la capitale Port-au-Prince, comme l’ensemble du pays d’ailleurs, repose en des lieux sublimes. À perte de vue, bordées, bercées par la mer, des milliers de collines verdoient en cette saison des pluies. Le saccage est cependant visible à l’œil nu : déforestation galopante (10% du couvert forestier, ou 11 000 hectares, rasés entre 1990 et 2005), érosion conséquente; égouts à ciel ouvert submergés de déchets résidentiels, pestilentiels; carcasses automobiles en bordures de routes délabrées; et des murs, partout, pour trop peu de ponts. Comment un si beau coin de paradis peut-il se retrouver au 153e rang sur l’échelle du développement humain? « Question de couleur, de répondre le peintre Ronal. C’est parce que nous sommes noirs. Comme au Rwanda, on abandonne les petits nègues à leur sort. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour plusieurs observateurs étrangers, l’état du pays tiendrait au fait que les Haïtiens « ne veulent pas s’en sortir. » Pourtant, combien d’entre eux ont fuit et fuient encore le pays, justement pour trouver, pour bâtir une vie meilleure et ainsi, de l’extérieur, aider ceux des leurs restés en terre natale. Ils seraient plus d’un million dispersés dans le monde, dans la République Dominicaine voisine, l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale. Autant d’ouvriers, d’ingénieurs ou de médecins dont l’expertise ne bénéficie pas directement au développement du pays qui les a vus naître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais surtout, combien d’Haïtiens, confinés, condamnés à rester au bercail, s’efforcent chaque matin de surpasser la misère. Dans une économie à quatre-vingt pour cent informelle, où quatre Haïtiens sur cinq survivent sous le seuil de la pauvreté, on ne peut parler que d’un peuple de la « débrouille. » Sur la route de Cayes, dans le sud du pays, une trentaine d’hommes s’activent à restaurer, de leur propre initiative, une route jadis pavée, aujourd’hui défoncée. À une heure de là, puisqu’on calcule ici en temps et non distance, l’esthéticien qui voit loin se fera aussi embaumeur. Et tout à côté, un vieil homme à peine fataliste est à la fois propriétaire d’une morgue privée et du salon funéraire « Dieu qui décide. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JAMAIS SEULS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui toutefois, c’est le peuple qui décidera. À l’extérieur du bureau de vote, la dame qui la première fit le choix de ses candidats, censés la représenter, discutent avec ses compatriotes. Elle a marché trois kilomètres pour voter sous trente degrés. Pourquoi donc? Sa réponse rappelle celle de Mère Thérésa à un journaliste perplexe : « C’est une goutte dans l’océan, mais c’est ma goutte. » En effet. Sans elle, ni celle des autres, il n’y aurait pas de rivières, ni fleuves, ni océans. Ses inquiétudes? Aucune. Au premier tour des élections, la tension était comble, surtout à Port-au-Prince. Si les gens ont alors craint les débordements de violence, le taux de participation dépassait néanmoins les soixante pour cent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous l’œil vigilant de quatre casques bleus d’origine cingalaise, la dame poursuit ses confidences, rassurée. Partout dans le pays, près de dix mille militaires, agents de police et employés civils en provenance d’une cinquantaine de pays assurent, aux côtés de leurs confrères de la Police nationale haïtienne (PNH), la sécurité du processus électoral, y compris la garde du matériel sensible tels que les bulletins de vote. Depuis 2004, la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti), établie par la résolution 1542 du Conseil de Sécurité de l’ONU, accompagne ainsi le gouvernement de transition en ce qui a trait aux questions sécuritaires, humanitaires et démocratiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vous avez voté pour qui? » demande la dame, ironique, intriguée par la présence d’un blanc au centre de vote, le jour même des élections haïtiennes. Réponse laconique : Pour Haïti. À la demande du Conseil Électoral Provisoire haïtien (CEP), la Mission internationale d’Évaluation des Élections en Haïti, la MIEEH, à laquelle participent huit pays – Brésil, Canada, Chili. République dominicaine, Jamaïque, Mexique, Panama, États-Unis –, a été mise sur pied afin d’assurer l’intégrité et la crédibilité du processus électoral. Hormis quelques ratées, marginales, et d’un faible taux de participation, la centaine d’observateurs internationaux, essentiellement canadiens, ont pu constater de visu un second tour d’élections réussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;UNE OCCASION EN OR&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces élections s’avèrent certes l’occasion d’élire un gouvernement responsable, mais aussi de créer des emplois – plus de 50 000. Outre les quatre membres électoraux prévus pour chacun de 9 000 bureaux de vote, il a fallut embaucher plus de 8 000 observateurs nationaux, un manager par centre de vote, des superviseurs, sans compter les gardes électoraux qui assurent la sécurité des lieux et des personnes. Autant d’employés temporaires animés d’un professionnalisme exemplaire. À voir le soin qu’ils investissent dans l’exercice de leurs fonctions, on ne peut que croire, avec eux, dans l’avenir du pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’élection d’un gouvernement démocratique, si elle constitue un indéniable progrès, ne pourra toutefois à elle seule résoudre les nombreux défis du développement d’Haïti. Côté électoral, le gouvernement doit encore assurer la transition du Conseil électoral (CEP), de provisoire à permanent, et réformer un vieux, lourd et complexe système électoral, d’inspiration napoléonienne. Au-delà, les besoins sont nombreux. Besoin d’institutions effectives d’abords, afin d’assurer la gestion des maigres fonds de l’État, l’éducation des enfants, la justice et l’ordre public. Besoin d’investissements productifs aussi, notamment dans les secteurs agricole, manufacturier, voire même touristique. Et surtout, besoin d’inspiration nationale. Quel pays veulent en effet les Haïtiens?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un pays coloré, sans doute, comme ces milliers d’autocars qui parcourent les rues encombrées de la capitale et des villes régionales. Sous la chaleur torride du midi, un homme en complet soigné hèle un de ces tap-tap bondés qui se dirige vers un centre de vote, à Petit Goave, dans l’ouest du pays. Sur le pare-brise du véhicule rayonne la devise d’Haïti : « L’union fait la force. » On ne le répètera jamais assez. Union des Haïtiens entre eux, d’abords, mais union de la communauté internationale, aussi, avec Haïti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le mentionnait si justement un observateur international, « il n’y a pas de plus belle manière de visiter un pays que d’y vivre et y travailler. C’est ainsi qu’on peut saisir le sens du peuple, du pays, et ainsi, mieux partager ce qu’on y a vu, appris, et compris. » Car c’est l’oubli qui tue. À l’avant du véhicule, le chauffeur évoque son mentor, son grand-père, récemment décédé, qui survit pourtant avec lui. Sur notre gauche, un nième tap-tap nous dépasse à vive allure. Son mot d’ordre : « Rien ne meurt tant qu’il vit dans notre esprit. » Ça donne espoir, puisque encore aujourd’hui, Haïti habite, anime chacun de ses ressortissants.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-37084362473786487?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/37084362473786487'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/37084362473786487'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/04/ici-hati.html' title='MISSION: ACCOMPLIE?'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-24646243290064129.post-4767522157349468433</id><published>2006-04-15T08:24:00.000-07:00</published><updated>2007-06-19T08:47:12.544-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Mission: Haïti'/><title type='text'>HAÏTI: ENFER &amp; PARADIS</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#006600;"&gt;D’île en îles. Départ de l’Île Verte, dans le si beau et Bas Saint-Laurent. Destination : Haïti, pour le second tour des élections législatives, sous haute surveillance internationale. Avant le grand saut, halte aux Bahamas. Question de faire le plein. Marrant, cynique même : moins de mille kilomètres séparent les capitales du paradis fiscal et du paradis perdu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;HIER&lt;br /&gt;En approche finale, l’avion tangue légèrement pour dévoiler une mer calme bordée de collines où nous poserons bientôt le pied. Cinq cents ans plus tôt, Christophe Colomb foulait aussi le sol d’Hispaniola qu’il qualifiera d’Eden – le jardin originel de la Genèse. Le « pionnier du nouveau monde » dira aussi que « la vie a plus d’imagination que l’homme. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes. L’homme, qui n’est pas en reste, s’est pourtant surpassé pour saccager ce coin de paradis et en faire, en moins de cinq siècles, « l’enfant pauvre » DES Amériques. Car – au risque d’arraisonner plus d’un immigrant bercé d’illusions – il n’y en a pas qu’une – Amérique. Trente-quatre, au bas mot, sans compter les autres dont on ne parle pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parlons de celle-là. L’Amérique haïtienne. Premier pied-à-terre des colons européens, dès 1492. Première « république nègre » du continent – voire du monde entier – dès 1804. Depuis, en moins de deux – siècles –, l’indépendance qui devait assurer la souveraineté – politique, sociale, économique… – du pays n’a fait que s’effriter au point de frôler l’indécence. En bons élèves, les caciques locaux et américains – étatsuniens – ont vite et bien appris, de leurs maîtres de jadis, à piller et surtout, prier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avril 2006. Le pays est au bord du gouffre. Va-t-il seulement plonger? C’est un peu le suicidaire qui hésite : se pendre, ou se prendre en main. Pas facile quand on vous tend précisément les deux, la corde et la main…de l’autre côté du ravin. Il voudrait bien vivre, le pauvre, mais rien ne va plus. On lui coupe l’herbe sous le pied, et la tête sur les épaules. Reste…le reste : deux jambes, autant de bras, et un cœur qui bat et se débat à tout rompre. Y compris ses chaînes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l’homme est dur de la feuille. Alors l’histoire se répète. Après le départ de Bébé Duvalier et la chute d’une dynastie dictatoriale, familiale et vieillissante (1957-1986), survient la pénible transition. Pas facile de trouver une figure de proue quand le capitaine de toujours se noie. Soudainement : trop de chefs, pas assez d’indiens. Chacun tire sur la couverture, tout le monde à froid. Jusqu’à ce que le jeu pernicieux de la chaise tournante prenne le pas sur la politique. Alors…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand le navire se trouve enfin (1990) un capitaine à sa hauteur et sa couleur, en la personne de Jean-Bertrand Aristide, « le Petit Père des Pauvres », il est aussitôt (1992) renversé. Quand la communauté internationale se mobilise enfin (1994) pour le ramener au pouvoir, il est déjà temps de quitter (1996). Quand le prêtre devenu Président revient avec le millénaire (2000), il semble avoir perdu ses points de repères et à travers, ses priorités : lui, le peuple, ou le(s) bailleur(s) de fonds? Indécis (?), il doit s’exiler, bon gré, mal gré, en Jamaïque puis, outre-atlantique. Et ce n’est pas sans maugréer. Aussitôt muselé. Tout est à recommencer. Mais avec qui cette fois?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les candidats sont légion, mais peu font le poids devant le nombre et l’ampleur des défis à relever, à commencer par la paix sociale. Laquelle va de pair avec un minimum de justice, tout aussi sociale, à savoir une répartition équitable des ressources et du pouvoir. Sans oublier l’indispensable viabilité économique requise pour transiger sur les marchés internationaux, d’autant plus dans un pays et un contexte qui semble interdire tout repli sur soi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais alors qui prendra les commandes? Le choix va de soi : René Préval. Fidèle de son prédécesseur duquel il tente de se dissocier, l’ancien Premier ministre et chef du nouveau parti Lespwa (L’espoir) apparaît seul et unique capable de mobiliser tant les nombreux indécis et opposants que les partisans déçus d’Aristide, déchu. Grossièrement, c’est le portrait qui se dessine à l’heure où se pose l’avion sur le tarmac brûlant de l’aéroport de Port-au-Prince.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AUJOURD’HUI&lt;br /&gt;La nuit tombe. Interdiction de sortir, question de sécurité. Au bar de l’hôtel, Monsieur Laurent assure fier et fidèlement le service. Il est beau, propre, impeccable, tiré à quatre épingles comme chacun de ses concitoyens. Une veste couleurs menthe et bourgogne rehausse l’éclat de sa blouse blanche immaculée. Je devine sous le comptoir des godasses cirées aussi brillantes que les traits clairs et lumineux de son visage, radieux. Je salue, humblement. Il sourit, sobrement, en astiquant soigneusement un verre aussi transparent que son verbe. « Qu’est-ce qu’on vous sert? » La vérité, S.V.P. (Et un Barbancourt, Réserve du Domaine, vieilli de quinze ans en fût de chêne.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire de Monsieur Laurent est celle de tout un pays. Né à Jacmel, il quitte le littoral de sa ville natale à vingt-cinq ans pour aller gagner son pain quotidien sur les routes et, surtout, sur les plantations. « C’était ‘maintenant ou jamais’. » À quarante ans, il atterrit à Port-au-Prince, se marie deux ans plus tard, et conçoit dès lors sept beaux enfants. « J’ai toujours travaillé, pour nourrir d’abords mes frères, ensuite mes fils. » À ce rythme, ça fera bientôt vingt ans qu’il tient à la fois le fort et le bar de l’hôtel. Impressionné, je sors une cigarette, qui s’allume comme par miracle. « Moi, j’ai arrêté le mardi 23 septembre 1977. Je me suis dis ‘jamais, plus jamais’. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur Laurent, c’est aussi la mémoire vivante d’Haïti. Sous Duvalier, père et fils, c’était dur, très dur. Mais c’était plus sûr, plus calme, plus stable. « Maintenant, plus personne ne respecte personne. » La semaine précédente, une foule déchaînée envahissait l’hôtel. Comme toujours, les médias ont bien délayé la nouvelle : « Des émeutiers en colère et à l’assaut... » En fait, ils avaient seulement faim. Ils ont tout raflé aux cuisines, avant de se disperser sans demander leurs restes. « Ce qu’il faut, c’est un chef, fort, et ferme. » Un chef qui – comme lui? – saura dire oui, à la bonne heure, non, aux bonnes personnes, et assumer en conséquence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le départ d’Aristide? Une bonne chose, sinon qu’elle ne vient pas de l’intérieur. L’élection de Préval? C’est un homme bon…comme son mentor avant conversion. C’est vrai que le pouvoir corrompt. « Non, ce sont les hommes qui le corrompent. » De son précédent exil (1993) à Washington, Aristide est revenu…changé. « Il n’était plus le même homme. » Imaginez à son retour en 2000! Cette fois cependant, il ne reviendra pas. « On ne refait pas deux fois la même erreur. » Il a pourtant été réélu... Et la campagne électorale? « Les gens préfèrent regarder le foot. Si seulement il y avait l’infrastructure pour y jouer, les jeunes seraient plus motivés. Ils sortiraient un peu plus. » Lui non plus ne sortira pas, de la nuit en tout cas. Ses trois quarts de travail tirent à leur fin, mais il dormira à l’hôtel. « Avant, je rentrais à pied. Sans problèmes. Mais maintenant… » Sans doute son patron veut-il ainsi s’assurer de le revoir, vivant, fidèle à son poste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DEMAIN&lt;br /&gt;Minuit passé. La nuit sera courte. Moi aussi je dois bosser demain. À l’horaire, briefing de sécurité, puis déploiement sur le terrain. Six jours durant, il faudra inspecter les centres de vote, avant et pendant les élections, faire rapport au Président de Mission (internationale d’évaluation des élections en Haïti), avant de rentrer au berceau. Entre-temps, au lit. Je m’assoupis légèrement, porté comme huit millions d’Haïtiens par l’espoir de jours meilleurs. Sans doute l’effet Préval, avec le vent et Lespwa dans les voiles. Peut-on seulement parler de conversion?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une de ses nouvelles croustillantes, l’auteur cubain Guillermo Cabrera Infante dépeint une scène désolée où le chef de village autochtone, enchaîné à la potence, écoute sobrement le discours du grand prêtre. « Alors mon fils, vas-tu enfin te convertir aux vertus de la foi chrétienne et te confier aux bons soins de Notre seul et unique Seigneur-Tout-Puissant afin d’éviter de sombrer en enfer et enfin entrer éternellement au Paradis? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impassible, le chef considère gravement les siens réunis autour de lui, réduits au silence sous la menace des baïonnettes. Il sent l’acier glacé des chaînes mordre sa chair, détourne son regard des armures aveuglantes, et interroge tout bonnement son &lt;em&gt;bon&lt;/em&gt; bourreau : « Est-ce qu’il y a beaucoup des tiens au Paradis? » Surpris par une telle manifestation d’intérêt, le grand prêtre se radis. « Bien sûr. Beaucoup. Surtout les bons, comme nous. Prends moi, par exemple... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef coupe court : « Merci, mais je préfère encore brûler en enfer. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amusant, mais je préfère encore les dernières paroles de Monsieur Laurent, évoquant sa femme et ses sept enfants : « Je me sens bien. Je sais que je peux partir en paix. » &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/24646243290064129-4767522157349468433?l=quebecworld.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4767522157349468433'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/24646243290064129/posts/default/4767522157349468433'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://quebecworld.blogspot.com/2006/04/hati-enfer-paradis.html' title='HAÏTI: ENFER &amp; PARADIS'/><author><name>Philippe</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07188706570021621842</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry></feed>
